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Les mensonges du
Code Da Vinci
Par Claude Houde
Le
moment
où ce livre a commencé
« Qui les hommes disent-ils que je
suis ? » Question de Jésus à ses disciples,
Évangile de Matthieu, chapitre 16 versets 13 à 15.
J
e me
souviens précisément de la première fois où j’ai
entendu parler du livre «Le Code Da
Vinci». C’était en 2004, alors que j’étais le conférencier invité
d’un immense rassemblement de jeunesse chrétien où étaient
réunis plus de 3 500 jeunes. La musique était formidable,
contemporaine, teintée de rock moderne et progressif, de gospel,
de jazz, le tout mené par des musiciens, chanteurs et artistes
chrétiens aux talents à couper le souffle, tous animés d’une passion
indéniable, tellement belle à voir et à vivre.
Ces jeunes venaient de France, des
quatre coins de l’Europe, de l’Afrique et des îles francophones. Ils étaient Français, Québécois, Africains, Haïtiens,
Suisses, Belges, Guadeloupéens, vivant à Paris même ou à Papeete
en Polynésie française au beau milieu du Pacifique. Les soirées
auxquelles je participais étaient retransmises sur Internet et des
milliers de jeunes à travers le monde ont vécu ces moments avec
nous. Ils étaient tous très différents : des étudiants, des
sportifs, des « intellos », des «skaters», des «écolos», des «bloggeurs»,
aux cheveux longs, courts, rasés, blonds, bruns,
noirs, rouges ou bleus ! J’ai participé à de tels rassemblements chrétiens
partout au Québec et dans le monde entier. Ces adolescents et
jeunes adultes sont débordants
d’énergie mais souvent fragiles,
meurtris, révoltés ou blessés, vivant leur jeunesse avec toutes
les peurs, les angoisses, les combats, les insécurités et les
questions que soulève le monde moderne. Ils veulent réussir, être
heureux, trouver un travail, être aimés, écoutés et respectés,
poursuivre leurs études, faire carrière, rencontrer quelqu’un,
connaître l’amour, fonder une famille, avoir des enfants. Cette
jeunesse chrétienne est tellement belle à mes yeux, tellement pleine
de potentiel, tellement «normale». Ces jeunes ont trouvé
dans les évangiles et le message de Christ un espoir véritable, un
souffle de vie et de force. Leur foi est vraie, lucide,
intelligente, pleine de questionnements, remarquablement directe, franche
et elle exige l’authenticité.
Un soir, durant ce grand
rassemblement qui était à lui seul un véritable festival chrétien de
musique, d’art dramatique, de danse, de chansons, avec des
moments intenses de prière, de réflexion et d’appels à
l’implication humanitaire, à la justice sociale, au pardon et à une foi
active et passionnée, j’ai rencontré un jeune homme
extraordinaire. Son nom est José Edmilson. C'est une vedette de
football professionnel européen (soccer) sur un continent où les
joueurs de football sont des idoles sportives comme les Wayne
Gretzky ou Sydney Crosby le sont ici en Amérique du Nord.
Edmilson est grand, fort, talentueux. C’est un athlète avec
une carrière incroyable qui a réussi à gagner la Coupe de France
et la Coupe du Monde dans la même année ! Quand son équipe a
remporté la victoire pour son pays, le Brésil, ce joueur
étoile a couru au milieu du terrain devant des centaines de millions
de téléspectateurs et a enlevé son maillot pour dévoiler un
T-shirt qui déclarait « Jésus est Seigneur. » Ce soir-là, à mes
côtés, à Paris, il a raconté un témoignage de vie, d’espoir, de
foi, rempli d’humour, de simplicité et d’humanité. Il a
parlé de la douleur des foyers brisés, du suicide, de la laideur
du racisme sous toutes ses formes; il a parlé d’un Dieu
proche de ceux qui souffrent ou de ceux qui se tournent vers lui avec
un coeur ouvert et des mots simples et sincères.
C’est alors que se terminait une
de ces soirées magnifiques où j’avais défié les milliers de
jeunes présents à une foi en action, une foi qui se donne pour
les autres, que l’idée d’écrire ce livre Les
mensonges du Code Da Vinci a
commencé à naître en Les mensonges du Code Da Vinci
moi. J’avais appelé les jeunes à
prendre un engagement de générosité, à agir concrètement
envers les plus défavorisés de leur quartier ou à se joindre à
nous dans un voyage humanitaire dans des pays comme Haïti ou le
Mexique. Je leur ai présenté le rêve et la possibilité de vivre,
au XXIe
siècle, le message radical de Christ qui nous appelle à avoir
une compassion telle, que nous sommes « touchés au point de
faire quelque chose. »
J’ai entendu les mots « Le Code Da
Vinci » pour la première fois alors que j’accordais une entrevue
à un journaliste français qui, interloqué devant cette marée
humaine si jeune et pourtant si fervente dans sa foi chrétienne,
me posa comme première question : «À notre époque de
Code Da Vinci,
de cynisme et de mépris pour l’Église démasquée,
comment expliquez-vous un tel rassemblement de jeunesse
chrétien ? »
N’ayant jamais entendu parler du
livre de Dan Brown, j’ai demandé au journaliste de
m’expliquer en quelques mots de quoi il s’agissait. «C’est un
roman historique qui va faire des remous partout dans le monde parce
qu’il dévoile la vérité que les chrétiens ont essayé de cacher
depuis des siècles sur Christ et l’Église ». Depuis, j’ai lu le
Code Da Vinci et je
ne suis pas le seul. Le livre s’est, à ce jour,
vendu à plus de trente millions d’exemplaires et a été traduit en
quarante langues. Le film,
Le Code Da Vinci,
inspiré de ce roman et réalisé par Ron Howard, mettant en vedette Tom Hanks,
Audrey Tautou et Jean Reno, a été choisi comme film d’ouverture
pour le prestigieux festival de Cannes et connaîtra sans doute
un succès planétaire retentissant qui multipliera les
ventes du livre. Appelé le «Harry Potter » des adultes, il a des
centaines de sites Internet qui lui sont consacrés. Des dizaines de
milliers de personnes font de ce livre leur sujet de clavardage et
de conversation et discutent le
Code Da Vinci.
C’est un roman bien écrit au rythme frénétique et excitant, au récit nerveux et
palpitant. Il y a des méchants et des héros, une histoire d’amour,
du mystère, des théories de complots, des meurtres, de
l’action, un suspense et un rebondissement hallucinant à la
fin de presque chaque chapitre. En bref, c’est un polar
habilement ficelé qui nous accroche vraiment. Cependant, si
j’ai intitulé mon livre « Les mensonges du
Code Da Vinci»,
c’est parce que sous des allures de « roman historique », ce
best-seller est absolument truffé de faussetés.
Le livre commence par cette
déclaration : «
Les faits : Toutes les descriptions de monuments,
d’oeuvres d’art, de documents et de rituels secrets évoqués sont
avérées (véritables, authentiques).
»
J’ai décidé de prendre la plume
afin de prouver et de démontrer par les faits, de manière logique,
vérifiable et historique, que cette affirmation, tout comme
plusieurs autres «affirmations chocs » du
Code Da Vinci sont
également sans fondement, ridicules, erronées et très
souvent sans aucun appui factuel. Contrairement à ce que prétend ce
livre, j’aimerais établir, illustrer et confirmer grâce à
l’Histoire et par des faits documentés, vérifiables et très
clairs, que Jésus n’a jamais été marié à Marie-Madeleine, que les
Évangiles sont dignes de confiance, que Christ et l’Église
ne sont pas contre la femme, que la Science et la foi ne sont
pas ennemies, et que l’Église n’est
pas ce monstre meurtrier entièrement
fondé sur une fumisterie cachée depuis des
siècles.
Déjà des dizaines de livres, de
thèses et d’articles ont été écrits par des scientifiques, des historiens, des
docteurs en théologie et des experts dans
des domaines aussi variés que
l’archéologie, l’ethnologie, l’étude des
civilisations et des religions mondiales pour dénoncer
les fabulations du
Code Da Vinci.
Des centaines de sites Internet ont mis en ligne
des dizaines de milliers de pages répertoriant et soulignant
méticuleusement les innombrables erreurs, faussetés et
exagérations de ce pseudo «roman historique. »
Le problème c’est qu’une grande
majorité des gens, qui vont lire le livre ou voir le film «Le
Code Da Vinci», n’a pas les outils pour comprendre sa malhonnêteté
intellectuelle et historique, le ridicule des affirmations qui y
sont faites et pour en saisir l’arrière-pensée ou l’intention
profonde. J’ai été surpris et interpellé de découvrir qu’il y a
des centaines de sites de discussion sur Internet où des
milliers de personnes de tous les âges expriment leurs commentaires
et opinions sur les «révélations» du
Code Da Vinci.
Des milliers d’entre eux, pensant lire un roman avec une trame
historique sérieuse, sont «secoués dans leur foi» ou, malheureusement, encore plus désabusés,
Les mensonges du Code Da Vinci sous des allures de « roman historique », ce best-seller est truffé de faussetés. amers ou méfiants envers Christ,
la foi ou l’Église. Les chrétiens ne savent pas trop quoi répondre
et, ce qui paraît comme quelque chose de spéculatif et de
risible aux yeux de milliers d’érudits, d’historiens et
d’experts reconnus, devient «une perspective fascinante» ou une
«conspiration dévoilée» pour des millions de lecteurs du
Code Da Vinci.
Réécrire l’Histoire est une
pratique dangereuse. Si quelqu’un écrivait un « roman
historique » sur la dernière guerre mondiale, en parsemant ses
pages d’évènements historiques connus et de
personnages ayant réellement existé, tout en intercalant dans son récit
des évènements fictifs, se baladant entre réalité et fiction,
et qui finalement en viendrait à la conclusion que l’Holocauste
n’a jamais eu lieu, cela ferait scandale. Le
Code Da Vinci attaque
la véracité du témoignage historique de la venue, du message
et de la vie de Christ sur terre. La question de Christ à ses
disciples, «Qui les hommes disent-ils que je suis ? » est
donc brûlante d’actualité. Ce livre est pour le Québec et la
Francophonie. Dans un article paru en décembre 2004
intitulé «Des nouvelles de Dieu», le quotidien montréalais La
Presse divulguait les résultats d’un sondage qui indiquaient qu’une
grande majorité de Québécois et de Québécoises croyaient en Dieu
et à la résurrection du Christ comme un fait historique et
souhaitaient donner une dimension spirituelle à leur vie. C’est pour
eux que j’écris. Pour les milliers de jeunes qui lisent le
Code Da Vinci comme
livre de texte dans leur cours de français ou de
sciences morales. Pour tous les croyants, catholiques,
protestants, évangéliques, charismatiques et de toutes les confessions qui
forment la grande mosaïque chrétienne. Ce livre est pour mes
enfants et les vôtres. Le christianisme n’a pas à avoir peur
de la vérité, des faits et du témoignage de l’Histoire. Christ
est le Fils de Dieu et il est véritablement ressuscité. La foi
chrétienne, la perspective biblique et la Science marchent
ensemble depuis des siècles et les découvertes scientifiques les plus
récentes ne font que confirmer et fortifier cette harmonie. Il y a un peuple chrétien, intègre
et droit, présent dans l’Histoire et actif dans notre
monde moderne. Forte de centaines de millions de personnes, cette
Église combat pour les droits de la femme, proclame son égalité et sa
valeur en lui donnant
entièrement accès au leadership
dans toutes les sphères et les ministères de l’Église, luttant
farouchement pour sa reconnaissance et son épanouissement. Il y a une
Église chrétienne vivante et dynamique au Québec et sur
toute la terre qui, loin d’être la machine cupide, sanguinaire,
despotique et meurtrière du
Code Da Vinci,
est dans les faits, belle, généreuse et
protectrice de ceux qui souffrent, qui sont oubliés ou
maltraités. L’Église actuelle au Québec et dans le monde, celle que
je désire vous faire découvrir, est éprise de justice et porteuse
de respect, de dignité et d’espoir au nom de Christ. Cette Église est
présente dans les pires endroits du monde comme elle l’est aussi
tout près de chez vous. « Qui les hommes disent-ils que je
suis ? », demanda Jésus il y a 2000 ans… «À notre époque du
Code Da Vinci,
comment expliquez-vous la foi chrétienne à notre monde
moderne? », me demanda le journaliste français… Voici ma réponse. Les mensonges du Code Da Vinci
«C’est l’ignorance aveugle qui
nous permet d’être trompé ! Mentir est tellement vil que cela
nous enlève un peu de la grâce de Dieu. La vérité est
à ce point excellente que même lorsqu’elle se manifeste
dans les plus petites choses, elle les rend nobles. La
vérité est la nourriture des vrais grands penseurs, bien
que les charlatans et les idiots ne la connaissent
pas ! » Léonard De Vinci 1
« Ce que je veux dire », répliqua
Teabing, « c’est que la presque totalité de tout ce que
nos pères nous ont enseigné concernant le
Christ est faux. » Dan Brown, Le Code Da Vinci2
L e
Code Da Vinci commence avec un meurtre sanglant au Musée du Louvre à Paris. Les
policiers appellent à la rescousse Robert Langdon, un
professeur de symbolique religieuse de Harvard en visite
dans la Ville lumière, afin de les aider à résoudre l’énigme des
mystérieux indices et symboles écrits avec du sang sur et autour
du cadavre. La résolution de cette énigme par Langdon (joué
dans le film par Tom Hanks, un des acteurs les plus célèbres
et respectés d’Hollywood) et la séduisante cryptographe de la
police, Sophie Neveu, les conduira à d’autres indices cachés
à la vue de tous dans les oeuvres d’art de Léonard de Vinci.
Langdon apprend que le
conservateur en chef du Louvre qui vient d’être assassiné, Jacques
Saunière, était non seulement le grand-père de Sophie Neveu, la
policière qui fait enquête avec lui, mais aussi le Grand Maître
d’une société secrète millénaire, «le Prieuré de Sion». Selon le
Code Da Vinci,
cette organisation compte parmi ses membres à travers
l’Histoire, des personnages illustres tels qu’Isaac Newton,
Sandro Botticelli et Léonard de Vinci. L’homme assassiné dans les
premières pages du livre est en fait le détenteur et gardien
d’un terrible secret qui, s’il était révélé, menacerait l’existence et
la survie de l’Église chrétienne. Jacques Saunière meurt en essayant
de protéger le site où se trouve la preuve de l’existence et
de la signification du Saint-Graal. Alors qu’il agonise, son
meurtrier lui dit : «Après votre disparition, je serai le seul à
connaître la vérité.» 3
L’histoire complexe du
Code Da Vinci est
truffée de suspense, de complots, d’intrigues et de
conspirations. L’enquête de Langdon et de Sophie Neveu devient
une course haletante et effrénée dans les rues de Paris et
de Londres avec, à leurs trousses, la police française, un
meurtrier albinos et un homme mystérieux qui orchestre cette
poursuite mortelle. Des symboles et des énigmes de plus en plus
complexes, une intrigue riche en rebondissements et un suspense à
couper le souffle les conduisent jusqu’à l’hallucinante
conclusion de cette affaire et la découverte du Saint-Graal (et
le héros en plus « gagne le coeur de la fille ! ») Tout au long du roman, Robert
Langdon enseigne à Sophie Neveu le code et le moyen de
trouver le seul « vrai » Saint-Graal. Nous découvrons que le Graal n’est
pas ce que nous pensions ou ce dont nous avions entendu
parler dans les légendes du début de la nuit des temps. (Vous
souvenez-vous d’Indiana Jones, joué par Harrison Ford, à
la recherche du Saint-Graal ?) Le Graal, selon Langdon, est un si
grand secret que, s’il était dévoilé, le christianisme moderne
disparaîtrait. Ce n’est pas un objet que l’auteur, Dan Brown,
veut nous faire découvrir à travers son protagoniste. Ce n’est
pas non plus l’emplacement secret de cette icône religieuse
où tant de personnes, selon
Le Code Da Vinci,
sont mortes afin de protéger ce secret. Les légendes passées suggèrent que le
Saint-Graal, s’il existe, serait la coupe dans laquelle Christ but
lors de son dernier repas avec ses disciples et qu’elle fut
utilisée par la suite par Joseph d’Arimathée pour recueillir le
sang du Christ crucifié4.
Mais selon les personnages de Dan Brown
– l’enquêteur Langdon et le professeur Teabing – le vrai
Graal n’est pas un objet, mais bel et bien une personne.
« Le Saint-Graal est
Marie-Madeleine… La mère de la lignée royale de Jésus-Christ. » 5
Brown avance que Marie-Madeleine
et Jésus étaient mariés et qu’ils eurent un enfant
ensemble. Selon le
Code Da Vinci,
à la mort de Jésus, Marie fuit les
autres disciples qui étaient jaloux de la relation qu’elle avait avec
lui et elle vécut dans une communauté juive, en France, avec
son enfant. Les personnages de Dan Brown soutiennent tout au
long du livre qu’il y a des preuves de cette affirmation
qui ont été gardées et protégées depuis l’époque des
Croisades par une organisation secrète millénaire connue sous le
nom de « Prieuré de Sion ». Ils annoncent triomphalement que les
évangiles connus sont sans valeur et que des évangiles
manquants, désespérément cachés par l’Église, témoignent de
révélations au sujet de Marie-Madeleine. Elle aurait été en
réalité la véritable mère de l’Église et Christ, lui-même, et ses
disciples n’auraient jamais pensé qu’il était le Fils de Dieu.
Ces théories bizarres, ésotériques
et mystiques ne sont pas nouvelles. En fait, Brown fait
librement référence à d’autres ouvrages dans le
Code Da Vinci.
Ces ouvrages explorent et exploitent depuis des siècles les
théories de la soi-disant relation entre Jésus et Marie-Madeleine.
Une des sources les plus citées par Dan Brown est un livre intitulé
Holy Blood, Holy Grail (l’Énigme sacrée), paru en 1982 dont les
auteurs sont Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln 6.
Le nom de Leigh Teabing, personnage fictif qui dévoile un
grand nombre des «mystères et complots» du livre de Brown est en
fait un amalgame des noms Baigent et Leigh. L’hypothèse
farfelue concernant la relation entre Marie-Madeleine et Jésus
existe marginalement depuis des siècles ; ce n’est qu’un vieux
plat réchauffé, servi avec une sauce moderne. Des millions de personnes
ébranlées, secouées et intriguées...
Pourquoi est-ce que je crois
nécessaire de répondre maintenant à une telle aberration
? Pourquoi confronter ce que nous présente Le
Code Da Vinci ?
Plusieurs millions de lecteurs l’ont lu et perçu comme un simple
roman à mystère. Par contre, des millions d’autres, croyant
lire un roman basé sur des faits historiques, sur une recherche
sérieuse et donc digne de confiance, semblent maintenant
confus au sujet de qui Jésus est véritablement. Un nombre
surprenant de gens se détournent de ce qu’ils croyaient vrai pour
s’enivrer de cette bizarre mixture de déclarations
fracassantes, présentée comme une oeuvre historique à l’intérieur
d’une oeuvre de fiction. David Klinghoffer, auteur et
écrivain, bloggeur lu par des centaines de milliers d’internautes, résume
la pensée de centaines d’analystes et observateurs
lorsqu’il exprime, dans le
National Review,
ce
qu'il croit être le grand danger de l’histoire de
Brown.
«Ce qui est en jeu dans Le Code Da
Vinci n’est rien de moins que le christianisme
traditionnel lui-même… Le fondateur et personnage central du
christianisme aurait eu une fille, Sarah, de
Marie-Madeleine. Si c’était vrai, cette théorie, pourtant taillée en
charpie par les historiens les plus sérieux et cités du monde attaque
les croyances fondamentales des chrétiens». 7
«Si c’était vrai.» Des mots
extrêmement importants. Si Dan Brown disait simplement inventer
une oeuvre de pure fiction qui mêle des évènements et personnages
historiques à des intrigues, histoires et récits fantastiques
et fantaisistes, alors notre livre ne serait absolument pas nécessaire.
La folie, c’est que Brown prétend maintenant devant des
millions de lecteurs qui n’ont pas étudié la Bible, l’Histoire,
la théologie ou la naissance des grandes religions du monde, que
ses écrits sont vrais ! Alors qu’il était interviewé sur le réseau
américain NBC, lors de l’émission très populaire du matin The
Today Show,
Brown a essayé, avec arrogance et malhonnêteté, sous la
pluie d’attaques de professeurs d’université,
d’experts et d’historiens, de défendre la prémisse et la véracité des
faits et informations trouvés dans son livre. Comprenez bien que
plusieurs dizaines de millions d’Américains regardent chaque jour The
Today Show.
Aussi, Brown avait une bonne opportunité
de laisser son bouquin être reconnu et considéré pour ce qu’il
est, un roman de fiction.
L’intervieweur, Matt Lauer
:
Quelle
proportion de votre livre est basée sur la réalité, sur des
évènements qui se sont réellement produits ?
Dan Brown:
Absolument tout le livre dans ses moindres
détails. Le personnage de Robert Langdon est
bien sûr fictif, mais toutes les informations sur l’art,
l’architecture et les rituels secrets sont de
vrais faits historiques
8.
Il faut noter que les entrevues
accordées par Dan Brown sont extrêmement rares. Il refuse
systématiquement toutes les propositions de débat ou de
discussion qui lui sont offertes par des historiens, des théologiens ou
des professeurs de séminaires ou d’universités spécialisés en
histoire, théologie ou archéologie. Il y a une raison pour laquelle
Brown insiste sur le fait que son oeuvre est factuelle, bien que
fictive, et que les informations qu’on y lit sont véridiques. Il
veut que vous puissiez «découvrir» et accepter une nouvelle
perspective, une nouvelle vision de l'Histoire chrétienne, la sienne.
Dans une de ses rares interviews, cette fois avec le réputé magazine
littéraire
Bookpage,
Brown déclare :
« Un des aspects sur lequel je
travaille le plus est d’insérer et de communiquer énormément
d’information dans mes livres. Je veux que les lecteurs
apprennent et découvrent beaucoup de faits qui leur étaient
inconnus. Lorsque vous terminerez ce livre, que vous le
vouliez ou non, que vous le réalisiez ou non, vous aurez
appris et découvert une tonne de choses. » 9
Comprenez donc que Brown se donne
le mandat et la mission d’enseigner, de changer
vos idées et perceptions. Comme bien des professeurs
modernes, il commence la première leçon en remettant en
question ce que vous avez toujours considéré comme étant
incontestable. Et pour y parvenir, il utilise des
déclarations incendiaires, gratuites et fracassantes :
1. Jésus a eu des relations
sexuelles avec Marie-Madeleine.
2. Les disciples, apôtres et
chrétiens qui ont fondé le christianisme étaient tous au
courant de l'histoire de Jésus et Marie-Madeleine et ont «
conspiré» pour cacher ce terrible secret.
3. Notre Bible est en fait
l’oeuvre d’un politicien, Constantin, qui l’a altérée et
manipulée à son avantage pour un gain sordide.
4. L’Église chrétienne est en
guerre contre la femme.
5. C’est par le vote du concile de
Nicée, comité mandaté par l’Église 325 ans après la
venue de Jésus, que l’on déclara que Jésus était « Fils de
Dieu ». Avant cela, il était simplement considéré comme un
grand homme.
Il y a tout un bataillon
d’universitaires sérieux qui s’écrient aussitôt : « Nous ne pouvons pas
accepter ces théories farfelues et indéfendables honnêtement et
intelligemment. » 10
Après tout, nous avons les faits
historiques pour prouver hors de tout doute que ce que Brown prétend par
la bouche de ses personnages est faux. Toutefois,
Brown a ses propres idées concernant l’Histoire et la façon
dont nous pouvons en faire varier les interprétations. Il dit
:
« Il est intéressant de noter que
depuis le commencement des temps, selon moi, l’Histoire a
été écrite par "les gagnants" ou les "conquérants" (winners
en
anglais). Je veux que vous compreniez que ce
sont les sociétés et systèmes de croyances qui ont conquis et
survécu, qui écrivent vraiment l’Histoire. Plusieurs
penseurs modernes croient maintenant, comme je le crois
aussi, que lorsque nous jaugeons la véracité historique
d’un concept ou d’un autre, nous devrions premièrement
nous poser une question beaucoup plus profonde :
jusqu’à quel point l’Histoire elle-même est
historiquement véridique ? »11
Avec cette seule question, Brown
nous révèle énormément de choses sur lui-même et met au
rancart toute la tradition et l’accumulation de faits
historiques acceptés, toute la jurisprudence factuelle que la
race humaine a bâtie à travers les siècles. Cette pensée est le sable
mouvant sur lequel repose et s’enfonce la fondation même de la
méthode de recherche exhibée par Dan Brown dans le
Code Da Vinci 12.
Cette pensée philosophique de plus
en plus envahissante de l'extrémisme postmoderniste dilue,
attaque, limite et rend même impossible la rigueur
nécessaire à une interprétation historique
sérieuse.
Ce questionnement perpétuel et
cette mise en doute existentielle et
historique constituent une approche
intellectuelle dangereuse et bien présente dans
notre société moderne. C’est aussi un
écho de l’attitude de déresponsabilisation
et de la neutralité amorale trouvées
dans la célèbre question de Pilate :
«Qu’est-ce que la vérité ? » 13
Alors que ce procurateur est appelé à évaluer «l’histoire » de Jésus et qu’il se
trouve face à un homme que les faits prouvent entièrement innocent, il le
condamnera quand même à mort. Comme nous
pouvons le constater, se « laver les mains » des faits
historiques n’a pas commencé avec Dan Brown.
L’Histoire en question
En mettant de côté l’obligation
que nous avons de respecter la notion de vérité historique et
objective selon des barèmes vérifiables et reconnus, nous
n’avons plus rien de solide à quoi nous accrocher. Nous nous
retrouvons à la dérive sur un océan de confusion et de spéculation !
La philosophie et la méthodologie « Brownesque » ou «
Code Davincienne » d’interprétation et de réécriture
de l’Histoire consistent à systématiquement ignorer, sur des
siècles, les centaines de manuscrits et un grand nombre de
découvertes confirmant, par des fouilles archéologiques
minutieuses, la véracité et l’authenticité des Évangiles. Dan
Brown choisit de mépriser systématiquement la manne
d’informations crédibles et reconnues par l’Histoire qui
oppose de quelque façon ses théories, pour ensuite monter en
épingle quelques documents isolés et baroques qui n’étaient
même pas considérés viables par leurs contemporains au moment où
ils ont été écrits. Il rejette du revers de la main la
quasi-totalité des écrits historiques reconnus
Il rejette du revers de la main la quasi-totalité des écrits historiques reconnus par le monde scientifique dans les domaines de l’archéologie et de l’histoire…
par le monde scientifique dans les
domaines de l’archéologie et de l’histoire, parce que des
portions de cette histoire ont été écrites et rapportées par des
historiens chrétiens et que selon lui «ce sont les gagnants et les
conquérants qui en influencent l’interprétation et le sens».
Comme vous allez le découvrir dans
les prochains chapitres, l’auteur à succès a le chic pour
faire des déclarations fracassantes qui ne tiennent absolument pas la
route dans «une galaxie près de chez nous» appelée réalité! Un
regard lucide et honnête sur l’œuvre des historiens à travers
les siècles permet effectivement de constater que les conquérants
tentent parfois de cacher, de couvrir, de réprimer ou
d’influencer les faits et les évènements à leur avantage 14. Toutefois, l’incontournable et
triomphante réalité des écrits historiques modernes brille par le
témoignage irréprochable des protagonistes - ceux qui ont vécu
les drames et les tragédies - des survivants et des exploités. Des
atrocités du Goulag à Auschwitz, Dachau, et les six millions de
Juifs exterminés pendant l’holocauste nazi, les faibles,
les abusés, les victimes et les survivants parlent puissamment.
Des massacres de purification ethnique de la Bosnie Herzégovine
aux 800 000 victimes du génocide tribal au Rwanda, les
despotes, les tyrans et les meurtriers de l’Histoire
n’arrivent pas à effacer ou à faire taire la voix des victimes. L'empreinte de
ce qui est vraiment arrivé ne peut pas, en bout de ligne, être
effacée par les forts. Les évènements et les faits peuvent
être bâillonnés pour un temps, mais ce qui est jeté au fond du
lac de la corruption, de la méchanceté, du camouflage et de la
fourberie historique remonte toujours inexorablement à
la surface de la connaissance humaine. Le plus ironique concernant la
logique tordue de Brown c’est que, lorsque vous réalisez
les faits de l’histoire chrétienne, vous comprenez que ce ne sont pas
des «gagnants» ou des «conquérants », mais plutôt des
faibles, des minorités, des persécutés et des martyrs
chrétiens qui ont majoritairement écrit les récits de la vie de Christ, de
sa mort, de sa résurrection15
et de l’Église16.
La tradition historique et les écrits d’historiens
non chrétiens juifs, grecs, romains et
autres, nous permettent de réaliser que la plupart des
disciples, apôtres et pères de l’Église ont proclamé leur témoignage de
Christ souvent au prix de leur vie. Ils ont été torturés, brûlés
vifs, affamés, fouettés à mort, sciés en deux, noyés ou jetés aux lions
à cause de leur foi en Christ17. Et ce que Brown suggère dans son
livre c’est qu’ils sont morts en martyrs pour ce qu’ils savaient
être une supercherie !
Il prétend ainsi que les disciples
et fondateurs de l’Église chrétienne sont allés jusqu’à la
mort les uns après les autres en proclamant que Christ était le
Dieu parfait, le Christ ressuscité et le rédempteur de l’humanité,
entièrement homme et entièrement Dieu, sans péché,
l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde; cela tout en
sachant qu’il était marié à Marie- Madeleine ! Ces mêmes disciples
n’auraient en fait considéré Jésus que comme un grand homme
porteur d’un bon message, vivant la routine de sa petite vie
domestique ! En réalité, ce qui est arrivé
après la résurrection de Christ est sans précédent dans l’histoire de
l’humanité. En l’espace de quelques années, un petit groupe
de croyants qui semblait sans éducation, sans ressources, sans
ascendant et sans possibilité de survie, réussit à influencer et
bouleverser les empires de son époque. Le docteur Paul L.
Maier,
professeur d’Histoire antique de l’université Western au
Michigan, fait cette remarque :
« Bien qu’il soit saisissant,
émouvant, mais concevable qu’ils aient enduré et subi le
mépris, la persécution, le rejet, la perte des membres de leurs
familles, la torture et même la mort par les martyres les plus
violents et cruels pour ce qu’ils croyaient fermement être la
vérité, c’est absolument inconcevable qu’ils puissent avoir
été prêts à mourir pour ce qu’ils auraient su être un
mensonge. » 18
Comme le docteur Simon Greenleaf,
célèbre professeur de droit et docteur d’histoire à
l’université Harvard le dit si éloquemment:
« Si cela avait été moralement
possible pour eux d’avoir été trompés dès le début au sujet la
perfection du message et du témoignage christologique, chaque
motif humain opérait pour les conduire avec une
rapidité fulgurante à découvrir leur erreur, car si leur
témoignage ne s’était pas avéré au fil des années, il n’y avait
absolument aucune motivation possible pour le sacrifice de tout
ce qui leur était précieux, jusqu’à la mort même au nom de ce
qui aurait été une fabulation. » 19
Tel que cet expert l’explique, les
disciples de Jésus furent profondément et miraculeusement
transformés par la résurrection. Pierre, qui à une
époque avait été tellement apeuré d’être reconnu comme un
disciple du Christ qu’il l’avait alors lâchement et sinistrement
renié, blasphème à l’appui, fut transformé en un véritable lion de
la foi. Selon la tradition historique, il fut crucifié en 64
après Jésus-Christ, sous la persécution de Néron, la tête en
bas, parce qu’il ne se considérait pas digne d’être
crucifié comme son Seigneur 20. Jacques, le frère de Jésus, qui
avait détesté et méprisé tout ce que son frère représentait, se
nommera lui-même après la résurrection de Christ, « le
serviteur de Jésus-Christ. »21
Il devint non seulement pasteur et leader de
l’église chrétienne de Jérusalem, mais il mourut en
martyr pour sa foi. Eusèbe de Césarée, un historien
juif irréprochable de l’époque, décrit comment Jacques
fut jeté en bas du pinacle (le toit) du temple et fut par la
suite lapidé à mort22.
Presque chaque disciple subit un sort
similaire. L’apôtre Paul fut radicalement transformé. Alors
qu’il avait été un persécuteur assoiffé de sang de l’Église
chrétienne, il devint l’apôtre, le prédicateur et le messager le plus
influent de l’histoire du christianisme23.
Ses écrits sont considérés, tant par les
historiens chrétiens que séculiers parmi les
plus rigoureux, comme étant les plus anciens, les plus solides
et les plus crédibles. Paul souffrit de manière atroce et fut
décapité sous la persécution de Néron. Pierre, Jacques et Paul ne
furent pas les seuls à vivre une transformation radicale par la
puissance du témoignage de la résurrection de Christ.
Comme l’écrit l’historien et
philosophe le docteur J. P. Moreland:
« Quelques semaines et mois à
peine après la résurrection de Christ, des centaines de
communautés et des dizaines de milliers de Juifs étaient prêts à
abandonner toutes les traditions sociales, religieuses,
économiques, théologiques et familiales qui avaient tissé
leur identité nationale pendant des siècles pour suivre et
vivre le message du Christ ressuscité. Ils ont changé
le monde. » 24
La logique de l’auteur exprimée au
travers des protagonistes du
Code Da Vinci est
inacceptable moralement et intellectuellement. Brown rejette
la plus grande partie de l’Histoire acceptée et reconnue
parce qu’elle a été écrite par l’Église, et parce que ce sont,
selon lui, les « gagnants » qui écrivent l’Histoire. Pourtant, il
dit que tout ce qu’il présente dans le
Code Da Vinci est «
un fait historique ». Alors, qui sont les nouveaux « gagnants » de qui Brown
dépend pour sa version de l’Histoire ? Il est évident que
les « gagnants » sont ceux qui sont d’accord avec son interprétation,
sa version de Jésus, de Marie-Madeleine et des enseignements de
la Bible. Son penchant pour tout ce qui est contre
l’Église chrétienne et ses positions et préjugés anti-Évangile sont
évidents, sans fondement ni discernement ni rigueur
intellectuelle.
Écoutez les héros du
Code Da Vinci :
«Le Nouveau Testament est
entièrement basé sur des légendes, des mensonges et des
fabulations…»
« La plus grande histoire jamais
racontée est en fait la plus grande histoire jamais vendue…»
« L’église a plus de 2000 ans
d’expérience à faire disparaître ceux qui menacent de
dévoiler ses mensonges [...] La Bible, ma
chère, est l’oeuvre des hommes et n’a rien à voir avec Dieu [...]
Ma chère, lui répond Teabing, Jésus était perçu et
connu par ses disciples comme un simple mortel [...] Rien dans
le christianisme n’est original. Tout a été copié ou
emprunté aux religions et mythologies de l’époque. » 25
Les allégations de Dan Brown sont
basées sur des symboles, des messages secrets enfouis dans
des oeuvres d’art et des tableaux ou dans des documents
anciens qui étaient ridiculisés ou considérés inacceptables
historiquement à l’époque même où ils ont été écrits. Comme vous
allez le lire dans les chapitres suivants, un très grand nombre de
soi-disant «faits» sur lesquels Brown appuie ses théories sont
aisément réfutables. Bien que l’objectif principal de ce livre
ne soit pas de souligner toutes les erreurs factuelles dans le
Code Da Vinci (et
elles sont extrêmement nombreuses!), il me
semble important de dévoiler et de confronter ses plus grands
mensonges.
En terminant ce chapitre,
laissez-moi vous expliquer pourquoi je souhaite faire cela.
Quelqu’un pourrait me dire :
« Relaxe, vieux ! C’est seulement
un roman ! » La gravité et la tragédie du roman de Brown c’est
que, chapitre après chapitre, il tisse cruellement et
malhonnêtement une toile mensongère dans laquelle des millions de
lecteurs sont pris. Le portrait qu’il fait de Christ, de la foi
chrétienne et de l’Église est non seulement faux mais il est, de
surcroît, en contradiction absolue avec l’intention de Dieu
manifestée dans l’incarnation de Christ et représentée par l’Église sur la
terre.
Il y a quelques mois de cela, j’ai
lu sur Internet un discours qui a fait beaucoup de bruit dans
le Canada anglais, aux États-Unis et à travers le monde. Il a
été prononcé le 12 mai 2004 par Brian Stewart au 160 e
anniversaire d’une des universités les plus anciennes et célèbres du Canada,
le
Knox College.
Brian Stewart est un journaliste canadien
d’expérience, très respecté dans sa profession. Animateur de
l’émission d’affaires publiques et étrangères CBC
News Worldview,
il est en plus correspondant principal pour The
National, le
journal télévisé renommé de la CBC (Canadian
Broadcasting Corporation).
Depuis des années, des millions de
Canadiens regardent ces émissions très sérieuses. Stewart
a reçu le
Gemini Award du « Meilleur journaliste
d’information télévisée toutes catégories», ainsi que de nombreux autres
prix et récompenses journalistiques. En tant que
correspondant international, il a couvert plusieurs des pires
catastrophes et conflits des trente dernières années et a réalisé des
reportages en direct de neuf régions où la guerre sévissait !
Avant de plonger ensemble dans le
Code Da Vinci,
j’aimerais tellement que vous puissiez considérer ce que Brian Stewart a
découvert. Au fil des années, au gré de ses voyages autour du
monde, de ses enquêtes et de ses aventures, il a constaté de
visu que l'Église chrétienne sur la terre est bien différente de celle
du
Code Da Vinci.
Ce qui est fascinant, c’est que
Brian Stewart n’est pas un théologien, ni un prêtre ou un
pasteur. Il évolue depuis quatre décennies dans le monde des
médias. En raison du métier qu’il exerce, l’approche cartésienne et
l’esprit critique sont devenus une deuxième nature chez lui. Il
pourrait être cynique.
Pourtant, il peint un portrait des
chrétiens du monde qu’il est très important de considérer. Ce
qu’il a vu, partout sur notre planète, ne me surprend pas. Je ne
suis pas un idéaliste, un rêveur qui fait l’autruche et qui
prétend ne pas voir les faiblesses de l’Église chrétienne
tout au long de son histoire ainsi qu'à notre époque. Malgré
mon amour pour elle je demeure aussi un de ses plus
sévères critiques. Ses taches et tragédies dans l’Histoire sont
nombreuses, horribles ; chaque chrétien lucide et honnête devrait
le reconnaître.
Le
Code Da Vinci qualifie l'Église de fumiste, menteuse, meurtrière, frauduleuse, cruelle,
despotique, inutile et complètement indifférente à la
souffrance humaine. Ce n’est tout simplement pas vrai. Je
n’arrive pas à la cheville d’un homme de la trempe de Brian
Stewart, mais je sais de quoi il parle. J’ai vu le peuple chrétien,
ceux qui suivent le Christ et constituent l’Église de par le
monde. Et cette Église est souvent magnifique. Je l’ai vue et j’ai
nourri des enfants avec elle dans les dépotoirs de Mexico. Je me
souviens de ces chrétiens passionnés qui, depuis plus de
vingt ans, servaient de la nourriture, donnaient des soins
dentaires et médicaux à des milliers d’enfants vivant dans les
égouts de Mexico. J’ai vu et côtoyé l’Église en Afrique, celle
qui aide des détenus et des malades dans des prisons et des
colonies de lépreux. J’ai vu l’Église en Haïti aimer et
soigner, avec respect et dignité, des milliers de sidatiques. Chez nous, à l’Église Nouvelle Vie
au Québec, c’était la chose la plus naturelle du monde
d’ouvrir nos portes à plus de cinq cents personnes pour que
notre bâtiment devienne un centre d’accueil et d’hébergement
lors de la crise du verglas de janvier 1998 26.
Pendant deux semaines, nous avons nourri et logé ces centaines de familles de
la ville de Longueuil. Nous nous sommes préoccupés des
vieillards, des enfants, des bébés, des musulmans, des catholiques
pratiquants et non pratiquants, des athées, des policiers et des
pompiers épuisés, des techniciens d’Hydro Québec27,
des francophones, des anglophones, des Haïtiens, des
Africains, des allophones et des hispanophones. Nous mangions
ensemble, jouions avec les enfants, soignions les malades.
L’Église chrétienne, c’est ça.
Les policiers et les autorités
municipales nous appellent régulièrement lorsqu’il y a un
incendie dans la ville et que des familles se retrouvent à la rue en
ayant tout perdu. Nous leur trouvons des vêtements, des
meubles, un nouveau logement. Les chrétiens de notre église
visitent des hôpitaux pour enfants ou des maisons de personnes âgées
et préparent à Noël des milliers de paniers de nourriture
et de jouets qui sont distribués dans une grande fête de joie,
d’éclats de rire et d’espoir.
Lorsque Ray Kroc le fondateur de
la chaîne des restaurants McDonald’s est décédé, il a fait
un don d’un milliard et demi de dollars américains à l’Armée du
Salut. Cette organisation fondée par William et Catherine
Booth, en Angleterre, pour venir en aide aux enfants victimes
d’esclavage au XIX e
siècle, est à la fois profondément chrétienne
et passionnément consacrée à la défense de ceux qui souffrent
à travers le monde depuis des siècles. Lorsque l’on demanda à la
veuve de Ray Kroc pourquoi, alors qu’il n’était pas un homme
particulièrement religieux, il avait choisi cet organisme
chrétien parmi des centaines d’autres, sa réponse fut : «
Partout où nous sommes allés dans le monde, nous avons vu les chrétiens
se battre contre la pauvreté et l’injustice. Nous avons voulu
les aider à continuer. »28
Un ami proche qui travaille avec
l’ONU me disait récemment que plus de 70 % de tous les
organismes humanitaires au monde sont de souche chrétienne.
En parcourant le monde, le journaliste Brian Stewart a vu
l’Église toucher notre société chaque jour. Écoutez son discours
aux diplômés du
Knox College. Son message est important pour
nous tous, génération du
Code Da Vinci.
Je vous invite à prendre les quelques minutes nécessaires à la lecture de ce
texte magnifique qui apporte une perspective qui est absolument
inconnue au lecteur moyen du
Code Da Vinci.
« Sur la ligne de front », par
Brian Stewart
Je vous remercie sincèrement pour
votre présentation si sympathique. C'est un grand
honneur pour moi d'être l’orateur de cette assemblée
commémorant le cent soixantième anniversaire du
Collège Knox. Il y a de cela exactement quarante ans, ce matin,
je passais mon dernier examen avant d’être diplômé de
Ryerson, en 1964. Je peux
même me souvenir de l'heure exacte
– j'avais inscrit à mon agenda que je déposerais ma plume
à 11h41. Remarquez bien à quel point, il y
a quarante ans, nous avions, nous, jeunes journalistes,
vraiment du toupet (pouvez-vous vous imaginer !).
Nous nous pensions si compétents que nous croyions
pouvoir deviner ce que le futur nous réservait. Par exemple,
nous étions certains que la guerre froide durerait toute
notre existence ; que les Beatles, que nous venions juste de
voir à l'émission d'Ed Sullivan, tomberaient
probablement dans l’oubli Noël venu ; pour ce qui est
d'Hollywood, eh bien, ils venaient sûrement de produire leur
dernier film biblique – à l’avenir, il n’y aurait
certainement pas de demande sur le marché pour un tel produit.
Quant aux institutions bien établies : la monarchie
s'éteindrait bien avant la fin du siècle, comme une grande partie
de l'Église d’ailleurs. Pas si mal comme prévisions,
n'est-ce pas ? En réalité, peu de prévisions sérieuses se sont
avérées au fil des ans, que celles-ci émanent de journalistes,
de futurologues, de sociologues ou, devrais-je le
dire, d'organismes de renseignements. Cela devrait nous
convaincre de toujours nous souvenir de cet avertissement
: méfiez-vous des prédictions audacieuses au sujet
de telle ou telle « tendance qui semble irréversible » et que
les médias aiment tant. Je ne suis pas théologien –
pardonnez mes maladresses sur ce point –, mais ce qui m'a
vraiment surpris pendant ces années n'est pas le triomphe des
tendances, qui vacillent et s'effacent comme les ombres d'un
crépuscule d'été, mais bien la survie de la soif
spirituelle. Cette soif spirituelle (et la force d'action religieuse qui
en résulte) pousse l'homme à servir et aider les autres.
Cette surprise, je crois bien, était ma propre surprise, car cette «
force » était présente, après tout, dès le début du
christianisme. Mystérieusement, elle n'a jamais semblé s'affaiblir ou
s'atténuer. Je désire vous partager quelque chose que j'ai
retenu de mes observations de journaliste, quelque chose que
je suis finalement venu à croire très profondément.
Pendant plusieurs années je me
suis fait à l'idée que le christianisme dominant et organisé
n'était devenu qu'un faible courant de la société
moderne. Eh bien, je suis ici pour vous assurer que, de ce que
j'ai pu observer au cours des dernières décennies en tant
que journaliste, rien n'est plus loin de la vérité. Cette
pensée est une sérieuse déformation de la réalité. J’ai
réalisé qu’il n’y a aucune mobilisation, aucune force, plus
proche de la dure réalité de la guerre, et de la difficile
condition humaine, que le christianisme d'action organisé.
Et il n'y aucune alliance plus déterminée et enracinée dans
l'action que celle d'ouvriers d’églises, de pasteurs
et de membres laïcs, lorsque ceux-ci sont mobilisés pour un
intérêt commun. Ce sont ces chrétiens qui se
tiennent aujourd'hui sur la «ligne de front» de
l'engagement humain. Ce front s'occupe autant de
couvrir les régions les plus pauvres du monde que de
livrer une dure bataille pour préserver les
valeurs de solidarité dans nos grandes villes. Chaque
fois que je me rendais sur ces lignes de front,
j'y trouvais toujours des bénévoles chrétiens
déjà en action, mobilisant des groupes de gens
intéressés à aider et témoignant fidèlement de la
vérité. Ces bonnes actions sont rarement
reconnues par les médias ou les responsables
gouvernementaux, car la religion en rend plusieurs
perplexes. Ainsi donc, le christianisme qui oeuvre
sur la ligne de front ne fait pas toujours les manchettes ;
cette réalité entretient malheureusement le mythe que
l’Église ne fait que suivre le courant. Permettez-moi d’insister
: je n'ai jamais connu une région en guerre ou été témoin
d'un groupe en proie à la famine ou à une crise sans qu'une
organisation d'église n'y soit déjà établie bien longtemps
avant que j'arrive. Je ne veux pas minimiser le dur labeur
accompli par les autres religions ou par ces O.N.G.
séculières et efficaces. Ces gens collaborent grandement aux efforts
de l’Église. Mais le fait demeure que très souvent, dans les
régions désespérées, ce sont les groupes de chrétiens qui
arrivent les premiers, travaillent de façon héroïque
pendant la crise. J’en suis venu à ce constat
d'admiration non sans réticences. Au début de ma
carrière, l'Église était pour moi inutile et ennuyeuse. Ce qui,
finalement, m'a convaincu
Mais le fait demeure que très souvent, dans les régions désespérées, ce sont les groupes de chrétiens qui arrivent les premiers… du contraire – et il en fallait
beaucoup pour me persuader– a été la réalité de la mission
du christianisme qui se déroulait sous mes yeux. Ce
n'était pas l'attrait de grands moments de splendeur, bien que je
doive admettre que la couverture de six des premiers
voyages du Pape à travers le monde, a certainement ébranlé mes
idées préconçues d'un christianisme faiblissant. Les
rassemblements de millions de personnes m'impressionnaient,
moins cependant que ces moments intrinsèquement
personnels, qui semblent profondément ancrés dans le
christianisme. J'ai le souvenir de cette cage
d'escalier mal éclairée à Gdansk, en Pologne. Comme
plusieurs d'entre vous se souviennent, la première brèche
importante à se produire dans le puissant empire communiste
— est survenue en Pologne au début des années 80.
Appuyé par l’Église, ce mouvement, sous l'autorité de Lech
Walesa, s'est levé pour contester la tyrannie. M. Walesa
mérita plus tard le prix Nobel et devint président de la
Pologne. Lorsque je rencontrai Walesa il revenait de
prison et vivait dans l'isolement. Sa vie était si
souvent menacée qu'il ressemblait à un condamné à mort
le jour de son exécution. Certains d'entre nous
l’ont rencontré sur cet escalier. Un de nous lui demanda :
«Avez-vous peur ? » Il s'arrêta, surpris par cette
pensée, puis répondit avec une voix d'acier : « Non, je n'ai peur
de personne, ni de rien, sauf de Dieu. ». Ce fut un moment
transcendant. Je réalisais que sur cet escalier
miteux se tenait l'exemple le plus pur de courage et de
conscience empreints de foi chrétienne. Quelques années plus
tard, toujours en Pologne de même qu'en Allemagne de
l'Est, en Tchécoslovaquie et en Roumanie
j'observais cet empire s'écrouler devant les
organisations de protection des droits civils. Ces mouvements émergeaient
eux aussi de sous-sols d'églises et de petits
rassemblements. De bien grandes choses commencent tranquillement, dans de
modestes salles d'églises, n’est-ce pas ? J’ai été témoin d'actions
humanitaires de la part de nombreuses autres églises : des
sauvetages d'enfants vivant dans les dépotoirs du Mozambique ;
de l'enseignement donné aux ouvriers vétérans
illettrés vivant dans des taudis du Brésil ; de la
compassion paisible pour les fugueurs et toxicomanes vivant
dans les méandres asphaltées des grandes villes.
Plusieurs groupes d’églises ont travaillé dans des camps de
famine procurant nourriture et soins et permettant
de maintenir le moral de chacun durant les pires tragédies.
Ces mots résonnaient sans cesse dans ma tête, comme une
cloche : «Même ici. » Les églises semblaient dire «même
ici », peu importe la distance, la misère ou le danger.
Un autre souvenir : la guerre
civile et meurtrière au Salvador au début des années 80,
une guerre qui ne comptait plus les massacres
d’innocentes victimes, une guerre qui nous faisait trembler
devant ces mots «l'aile radicale des escouades de la
mort». Quant aux journalistes qui croisaient leur chemin, ils ne
pouvaient être épargnés également. Ainsi, la règle pour
nous était d’être de retour dans la capitale avant la
noirceur. Un après-midi, alors qu’on interviewait un petit groupe
de réfugiés vagabonds dans le nord du pays, nous avions
mal évalué le temps. La lumière du jour commença à
faiblir et les bruits de la jungle s'intensifièrent avec
menace. Pendant que nous rangions notre équipement, une
délégation de réfugiés nous suppliait de passer la nuit
avec eux parce que, disaient-ils, les escouades de la
mort se tenaient dans les environs. C'était un de ces
moments où je maudissais le jour où j'étais devenu
correspondant à l’étranger. Nous étions nous aussi des cibles. Nous
débattions et essayions de nous justifier comme des gens
effrayés pouvaient le faire : « Nous devons rentrer, une
communication satellite nous attend, nos emplois en
dépendent, à quoi cela servirait-il que nous soyons tués
également et que notre reportage ne soit jamais rendu
public…» Du même coup, pensions-nous, comment
pouvons-nous les abandonner ? Nous étions toujours en train de
débattre lorsqu’une vieille camionnette arriva en trombe dans
le camp. Trois ouvriers chrétiens en sortirent arborant un
drapeau de la Croix-Rouge. Ils écoutèrent la
discussion pour finalement nous dire avec insistance : « Non, les
journalistes doivent partir. Il est primordial qu’ils diffusent
la nouvelle que vous êtes en grand péril ici. Nous resterons
pour la nuit et serons en mesure de vous protéger. » Partout
où sévissait cette guerre atroce, il y avait ces petits
groupes de chrétiens qui tentaient d'éviter ces
assassinats. Nous partîmes alors soulagés d'une façon inexprimable.
Plus tard, nous apprenions que grâce à la
protection de ces bons samaritains, la vie de ces
personnes âgées avait été épargnée. Il n'y eut point
d'assassinats. Mais je me suis souvent demandé ce que j'aurais
fait si cette vieille voiture ne s'était pas présentée ce
soir-là. Je réalise que lorsque les droits
de la personne sont bafoués, l'Église est bien souvent la
première en action – après tout, quelle autre organisation dispose
de meilleures ressources sur le terrain ? Bien souvent, les
premiers rapports émanant des groupes religieux
aident à galvaniser une intervention efficace des
organismes connus tels qu’Amnistie Internationale, Human
Rights Watch et l’Organisation des Nations Unies. J'aimerais vous entretenir ce soir
de ce qui se passe avant que le grand public soit informé
des famines ou des traitements cruels infligés à de
larges groupes de population.
En 1984, un de mes collègues de la
chaîne renommée de télévision BBC et moi-même, étions
les premiers à informer le public de la grande famine qui
sévissait en Éthiopie. Le monde avait alors réagi comme on
le sait, et la télévision reçut tout le crédit pour avoir
épargné la vie de millions de personnes. Mais nous n'étions pas
là les premiers. Nous y étions allés parce que pendant des
mois, l’Église et les groupes d'aide sur le terrain,
avaient anticipé cette famine et imploré le monde de passer à
l’action. Quand nous avons pu finalement nous rendre
sur les lieux, en dépit de l'opposition du gouvernement
éthiopien, ce fut ces groupes chrétiens qui nous guidèrent vers
les régions en péril, nous transportèrent avec leurs avions
de brousse dans les endroits montagneux et nous
proposèrent un plan d'action pour savoir où et comment
intervenir. Je trouve déplorable que le terme
« christianisme musclé» ne soit plus usité parce que pour
une grande part, le christianisme que j'ai observé
exige un travail musclé où sueur et mains sales sont la
norme. L'esprit de Dietrich Bonhoeffer est toujours vivant.
Je crois qu'une forme de bonheur
humain émerge d'une vie florissante où l'esprit et
l'intellect sont mis à contribution au maximum dans le but d'apporter
du bien à l'humanité. Oui, ces chrétiens
semblent « florissants ». C.S. Lewis racontait que le
christianisme produisait une « saine infection ». Les ouvriers
chrétiens qui travaillent sur la ligne de front infectent
ceux qui les entourent, même ceux qui ne sont pas chrétiens,
par le sens profond du mystère de Christ et de sa
puissance. Je l'ai vécu. Cet esprit change le monde, encore et encore. Maintenant je comprends que le
seul fait d'être témoin de bonnes actions, aussi salutaires
soient-elles, n'est pas suffisant. Bien souvent, je me
sentais perdu sur la ligne de front sans connaissance poussée du
christianisme, cette religion d’une si grande
profondeur. J'avais besoin des principes théologiques que vous,
qui obtenez votre diplôme ce soir, devrez inculquer aux
autres. Pendant les pires mois de la
guerre civile meurtrière du Liban au cours des années 80,
j’étais à Beyrouth et célébrais secrètement Noël avec
cinq ou six collègues. En décembre de cette année-là, une
milice extrémiste menaça de faire feu sur toute célébration
chrétienne qu’elle verrait. Notre groupe de correspondants
étrangers n'était pas différent des autres groupes de
reporters ; nous étions cyniques et aimions faire la fête.
Nous décidâmes alors que nous fêterions Noël quelles que
soient les menaces. Nous avions installé des draps à toutes
les fenêtres pour ne pas attirer l'attention de la milice,
nous avions acheté des cadeaux (limite de 4 $) pour les
échanger et nous avions fabriqué un mini arbre de Noël
amusant avec de vraies chandelles allumées. Des moments
mêlés de plaisir, de nostalgie de notre coin de pays et
de réflexions sereines. Des moments que je n'oublierai jamais. Pourtant, quelque chose manquait ;
nous ne pouvions saisir la dimension religieuse de
ces moments. Nous avions besoin d'être guidés vers la
Bible, ne fut-ce qu'un court message, pour comprendre
réellement l'inexprimable émotion qui nous étreignait la
gorge. Nous aurions eu besoin que l’un de vous soit
présent avec nous. En résumé, ma propre expérience |