:: Accueil
Accueil
Nos objectifs
Critères
Adventiste
Swedenborg
Église universelle
Branhamistes
Mormons
Témoins de Jéhovah
Moonistes
Scientologie
Rose-Croix
Raël
Groupes sectaires

Christianisme
Islam
Orient

Animisme
Délivrance
Astrologie
Divination
Médecines
  alternatives


Connaître Dieu
Apologétique
Églises
Credos
Besoin d'aide ?
Bible on-line

Nous contacter

Sites recommandés
Ajouter aux favoris




Les Adventistes du septième jour

ont-ils raison?

Il faut faire une différence entre les sectes et les mouvements sectaires. Il arrive que des mouvements peuvent avoir une doctrine orthodoxe tout en ayant un comportement sectaire (de secare coupé de). Ces mouvements s'isolent et prônent des points secondaires comme étant primordiaux. Toutefois il est parfois difficile de cataloguer un mouvement comme celui-ci car certains font parti de la famille évangélique tandis que d'autres conservent un comportement extrémiste. C'est du cas par cas.

 

Il arrive fréquemment qu'un mouvement religieux marque à ses débuts des progrès très rapides. Puis, peu à peu, l'enthousiasme baisse, le mouvement s'assagit, se stabilise et perd son caractère expansif.

Ce n'est en aucune manière ce schéma que nous trouvons dans l'histoire de l'Église adventiste du septième jour. Née il y a plus d'un siècle, dans des circonstances modestes et difficiles, privée depuis longtemps de celle qui fut au commencement son inspiratrice, cette église atteste une vitalité non diminuée, puisque dans les années 1948 à 1958 elle a vu doubler le nombre de ses membres qui approche aujourd'hui de 2 millions. Sa littérature, bien imprimée, bien présentée, et souvent d'une valeur documentaire incontestable, s'accroît de jour en jour. Son activité sur le champ missionnaire prend des proportions inquiétantes pour les missions voisines. Ses émissions radiophoniques, ses cours par correspondance, ses hôpitaux et ses maisons de santé constituent des instruments de propagande efficaces. De plus, après avoir initialement manifesté une étroitesse exclusive, les Adventistes aujourd'hui tendent la main aux autres églises, et les éléments considérables de vérité qu'ils ont retenus dans leur doctrine les rendent recommandables à plusieurs.

Bref, il est important qu'à l'heure actuelle les croyants sachent ce qu'il en est de ce mouvement. C'est à cette information que les lignes qui suivent sont destinées.

C'est par étapes que l'Église adventiste a pris la forme qu'elle a de nos jours. A l'origine, nous trouvons un baptiste américain, William Miller (1782-1849) qui, en étudiant la prophétie, parvint à la conclusion que le Christ reviendrait en 1843 ou auparavant. Il se basait sur Daniel 8. 14. A la question : « jusqu’à quand le sanctuaire et l'armée seront-ils foulés ? » l'ange répond : « Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifié ». Miller supposait que la purification du sanctuaire mentionnée dans ce passage était le rétablissement de l'ordre sur terre par le retour du Seigneur ; que les 2300 soirs et matins représentaient 2300 ans ; que cette période commençait en même temps que les 70 semaines de Daniel 9. 24, 25, c. à. d. en 457 avant notre ère, année du décret par lequel Artaxerxès autorisait la reconstruction de Jérusalem, ce qui aboutissait à 1843 (457+1843 =2300).

Il en était arrivé à cette conviction dés 1822, mais ne se mit à la proclamer ouvertement qu'à partir de 1831, par la parole et par la plume. D'abord, il n'eut que peu de succès, mais au fur et à mesure que l'échéance approchait, ses partisans devinrent plus nombreux. Des églises appartenant à diverses « dénominations » ouvraient leurs portes à ce message. Des foules se pressaient aux conférences organisées par Miller et ses collaborateurs dans de grandes salles et sous des tentes. Des conversions remarquables se produisaient. Bien entendu, l'opposition ne manquait pas non plus (1a); et certains adeptes, flétris du nom d'Adventistes à cause de leur insistance sur l'avènement de jésus, furent chassés de leurs églises respectives.

(1a) Entre autres celle du célèbre revivaliste C. G. Finney qui' invita Miller dans sa chambre et chercha en vain à le convaincre de son erreur. Memoirs of C. G. Finney, chap. 27, pp. 370, 371, All Nations Missionary Union, Londres, sans date. L'édition abrégée en français (Genève 1895) omet cet épisode.)

Sur ces entrefaites, Miller réexamina ses chiffres et précisa que le dénouement aurait lieu dans le cours de l'année juive selon le calendrier biblique, c.-à-d. entre le printemps 1843 et le printemps 1844 (1b). Puis un certain Samuel Snow (1806-1870), lança l'idée que les 2300 soirs et matins devaient se terminer en automne, au jour des Expiations. Ainsi le sanctuaire de Daniel 8.14 serait purifié le jour même où les Israélites célébreraient la fête de purification prévue par Lévitique 16, c.-à-d. le 22 octobre 1844. Ce jour-là, tous les Adventistes étaient persuadés qu'ils seraient emportés à la rencontre du Seigneur, et leur déception fut immense, lorsque les 12 coups de minuit sonnèrent sans que rien se soit produit.

(1b) Le premier mois de l'année juive d'après l'Exode et le Lévitique est le mois de la Pâque, au printemps (Exode 12. 1 ; Lév. 23. 5). A l'heure actuelle, les Israélites suivent un calendrier différent, et leur Nouvel An tombe en automne.

Miller confessa très humblement qu'il avait fait de faux calculs, et qu'il convenait d'attendre le retour du Christ sans fixer de dates. Ceux de ses adhérents qui, de gré ou de force, avaient quitté leurs églises respectives, formèrent le groupement peu nombreux et très paisible des Adventistes Évangéliques. Ils ne se distinguent d'autres protestants fidèles que par une insistance spéciale sur la prophétie. Ils ont quelques milliers d'adeptes aux États-Unis et n'ont guère essaimé au dehors.

Une dissidence qui devait avoir un rayonnement un peu plus considérable se sépara d'eux en 1856. Ce sont les Adventistes Chrétiens. Ils croient au sommeil des morts et à ce qu'on appelle l'immortalité conditionnelle. Ces doctrines avaient été introduites dans certains cercles adventistes par un nommé Georges Storrs (1796-1879), au grand déplaisir de Miller qui croyait au châtiment éternel des réprouvés. Cependant, les Adventistes Chrétiens ne constituent pas non plus un mouvement bien conquérant et ne sont guère connus en dehors des État-Unis.

Tout semblait donc devoir rentrer dans l'ordre, après la grande exaltation des années 1840 à 1844. Or, au contraire, tout allait rebondir.

Le 23 octobre au matin, l'un des protagonistes de l'Adventisme, Hiram Edson eut une vision : « Je vis distinctement, écrit-il, ... que notre Grand-Prêtre, bien loin de sortir du lieu très saint du sanctuaire céleste pour venir sur cette terre... à la fin des 2300 jours, est au contraire entré pour la première fois, à cette date, dans cette seconde partie du sanctuaire ; et qu'il avait à y accomplir une oeuvre avant de revenir sur cette terre » (2). On comprend que certains Adventistes aient saisi avidement cette explication qui leur permettait de maintenir l'exactitude de leurs calculs, tout en donnant un motif plausible au fait que leur espérance avait été déçue.

(2) Hiram Edson. Manuscrit où il parle de sa vie et des expériences, cité d'après F. D. Nichol, The Midnight Cry, p. 458 par A. W. Spalding, Captains of the Host, Washington 1949, chap. 6. p. 94.

D'autre part, au début de 1844, quelques Adventistes étaient entrés en contact avec une dame Rachel Oakes (1809-1868) qui appartenait au petit groupement des Baptistes du septième jour, observateurs du sabbat (3). A leur suite, quelques-uns crurent devoir se reposer le samedi, entre autres le capitaine joseph Bates (1792-1872) qui se fit le champion de cette pratique auprès de ses frères.

(3) Ce groupement remontait au 17e siècle. II serait trop long et d'ailleurs superflu de retracer son histoire.

Enfin, en décembre 1844, une jeune fille de 17 ans, Ellen Harmon (1827-1915) eut sa première vision. Elle y voyait les souffrances que les Adventistes devraient endurer sur le chemin de la Cité céleste. Déjà auparavant, des phénomènes de ce genre s'étaient produits, non sans provoquer l'inquiétude des chefs, en particulier de Miller. Mais d'autres adeptes du mouvement virent là le renouvellement des dons de l'Esprit et pensèrent qu'Ellen Harmon était une prophétesse envoyée de Dieu. Elle épousa en 1846 James White qui pendant des mois avait été le collaborateur de Miller. Elle vit son ascendant grandir de plus en plus. Elle adopta et fit adopter les idées d'Edson sur la purification du sanctuaire, celles de Bates sur le sabbat, celles de Storrs sur le sommeil des morts et l'anéantissement des impénitents. Ainsi tous les traits distinctifs de l'Adventisme du septième jour étaient réunis.

Mais les adhérents étaient au début très peu nombreux. Ils constituaient une minorité parmi ceux qui avaient suivi Miller. Ils ne songeaient guère à s'organiser, persuadés que le dénouement final ne saurait tarder. Ce n'est que dans les années 1861 à 1863 que d'abord leur société d'édition, puis leur Conférence Générale reçurent leurs statuts officiels. C'est aussi à ce moment qu'ils adoptèrent le nom d'Adventistes du Septième jour. Parfois, on les appelle aussi Sabbatistes à cause de leur insistance sur le sabbat.

En Europe, les débuts du mouvement furent très modestes. Un prêtre polonais qui avait émigré en Amérique et s'était converti au protestantisme d'abord, puis à l'adventisme, M. R. Czechowski (mort en 1876) retourna en Europe, sans d'ailleurs être mandaté par la Conférence Générale, et gagna quelques adeptes à Fleurier, La Chaux-de-Fonds et Tramelan en Suisse. C'est dans ce dernier village que la première église adventiste fut organisée en 1867. Dans la suite, les Adventistes américains déléguèrent un de leurs chefs, J. N. Andrews (1829-1883) en Europe. Il établit un centre à Bâle, pour atteindre la Suisse, la France et l'Allemagne et fonda en 1876 le journal Les Signes des Temps.

Quant à l'oeuvre missionnaire en pays païen, elle fut inaugurée en 1894 seulement, par un travail en Afrique du Sud.

Pour connaître la doctrine des Adventistes, nous nous baserons principalement sur leur Confession de Foi et sur les ouvrages d'Ellen White, en particulier sur le plus significatif, intitulé La Grande Controverse entre Christ et Satan ou La Tragédie des Siècles (4). Nous nous baserons occasionnellement sur des livres plus récents qui nous orientent sur les derniers développements. La plupart des textes importants ont été traduits en français, et quelques-uns, très concluants, ont même été rédigés dans notre langue (5).

(4) Maison d'édition Dammarie-les-Lys, 1926 et 1950. 757 pages. D'autres ouvrages j signaler du même auteur : Patriarches et Prophètes, Dammarie 1948, 796 p Jésus-Christ ou l'Attente de l'Humanité, Dammarie 1948, 478 p. Les Paraboles, Gland, 447 p., s. d. Le Ministère Évangélique, Dammarie 1951, 520 p. Témoignages pour l'Église, 3 vol., Dammarie 1953 3 1956, 711, 670 et 672 p. Éducation, Dammarie 1954, 320 p. Rayons de santé, Dammarie 1928, 421 p.

(5) Citons le Manuel d'Église, Dammarie 1935. A. Vaucher, Histoire du Salut, Dammarie 1930. Robert Gerber, Le Mouvement Adventiste, Dammarie 1950. Paul Nouan, Adventisme, Origines, Raison d'être, Doctrine, 2e éd. Dammarie 1977. Nous citerons plusieurs fois un ouvrage en anglais : Seventh Day Adventists answer Questions on Doctrine, Washington 1957, 720 p. Mentionnons les périodiques Signes des Temps et Vit et Santé.

En exposant les doctrines des Adventistes, nous ne nous arrêterons guère à celles, assez nombreuses, qu'ils ont en commun avec tout le protestantisme évangélique, excepté lorsqu'il convient de dissiper certains malentendus ou des accusations que parfois l'on porte contre eux et qui tombent à faux.

a) C'est ainsi que sur la révélation, ils sont résolument attachés à la Bible comme source de notre connaissance de Dieu. Voici l'article No 1 de leur Confession de Foi: .« Les Saintes Écritures (Ancien et Nouveau Testaments réunis) sont inspirés de Dieu. Elles renferment toute la Révélation de sa volonté et constituent une règle de foi et de conduite suffisante et infaillible.»

Cependant, on reproche souvent aux Adventistes de mettre les écrits d'Ellen White sur le même plan que la Bible. Nous avons vu qu'ils la considèrent comme une prophétesse, animée de l'Esprit et dont les messages venaient de Dieu. Ils voient dans son ministère la réalisation des promesses de l'Apocalypse relatives au témoignage de jésus qui est l'esprit de la prophétie (6). Elle-même ne revendiquait pas le don prophétique, sans d'ailleurs refuser qu'on le lui attribue, mais se présentait comme la messagère du Seigneur (7). Dans les recueils de Témoignages pour l'Église, où sont consignés les conseils qu'elle donnait aux fidèles, nous trouvons fréquemment des phrases comme « il m'a été montré, il m'a été révélé, il m'a été donné des lumières spéciales, le Seigneur m'a ordonné de dire » ou d'autres semblables. Nous lisons dans l'introduction à la Tragédie des Siècles « Grâce à l'illumination du Saint-Esprit, les scènes du conflit séculaire entre le bien et le mal ont été présentées à l'auteur de ces lignes (8).» De plus, parmi les questions posées à ceux qui demandent le baptême, la 18e a la teneur suivante: «croyez-vous à la doctrine biblique des «dons spirituels» accordés à l'Église, et acceptez-vous l'esprit de prophétie tel qu'il s'est manifesté au sein de l'église finale par le ministère et les écrits de Madame White? (9)»

(6) Apo. 12.17 ; 19. 10. Gerber, Le Mouvement Adventiste, p. 54.

(7) Review & Herald, 26 juillet 1906, cité dans Questions on Doctrine, question 9, p. 92.

(8) E. G. White, La Tragédie de Siècles, p. 12.

(9) Manuel d'Église, 2e section, p. 80. Ce questionnaire cependant n'a nullement pour but de constituer un credo (id. p. 78). La Confession de Foi est moins explicite : « Dieu a réparti dans son Église des dons spirituels qui opèrent en harmonie avec les principes de sa Parole en vue du perfectionnement des saints et de l'édification du corps de Christ. (Art. 19).

Malgré le malaise que nous cause cette vénération pour une parole humaine, nous ne devons pas oublier que les Adventistes subordonnent nettement à la Bible les déclarations d'Ellen White. Elles sont considérées comme faisant partie de ces prophéties qu'il ne faut pas mépriser, mais dans lesquelles il faut examiner toutes choses et retenir ce qui est bon (10). Ellen White elle-même est formelle: « L'Esprit n'est pas donné, et ne le sera jamais, pour remplacer les Écritures. Celles-ci déclarent positivement que c'est la Parole de Dieu qui est la pierre de touche de tout enseignement et de toute vie morale (11). »

(10) 1 Thess. 5.20-22. R. E. Froom. Thé Prophetic Faith of our Fathers, Washington 1954, Tome IV, chap. 45, p. 970.

(11) E. G. White, La Tragédie des Siècles, p. 11.

La Conférence a pris une décision aux termes de laquelle il est possible d'être membre de l'église adventiste sans ajouter foi aux visions d'Ellen White (12), de plus, en général, les "révélations" de la prophétesse portent sur des questions d'organisation, de vente ou d'achat à faire, d'emplacements à choisir, de mesures opportunes à prendre. Pour la doctrine, sauf exceptions, Ellen White ne fait guère état de ses visions, mais entend s'appuyer sur l'Écriture seule, parfois, disons-le, en l'interprétant mal. Mais l'intention de rester scripturaire n'en est pas moins réelle (13).

(12)  E. G. White, Témoignage Tome II, p. 104. Cf. Questions on Doctrine, question 9, pp. 96-98.

(13) Évidemment, nous ne pouvons pas suivre les Adventistes lorsqu'ils déclarent que les révélations dont Ellen White se croyait l'objet constituent la réalisation des promesses de l'Apocalypse (12. 17 ; 19. 10). Le témoignage de Jésus appartient à tous les rachetés de tous les temps, car tous ont rendu témoignage à leur Sauveur. Le texte Apo. 19.10 est particulièrement clair à ce sujet, car il vise en première ligne les contemporains de l'apôtre Jean « Je suis, dit l'ange, ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont (le verbe est au présent) le témoignage de Jésus».

b) En ce qui concerne la doctrine de Dieu, la Confession de Foi des Adventistes suffit à nous rassurer. Elle affirme la Trinité, la préexistence éternelle, la divinité et l'humanité du Fils, l'action du Saint-Esprit (14). Il faut déplorer qu'Ellen White ait admis que Jésus aurait pu succomber à la tentation (15). Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu'aux yeux des Adventistes, « la nature humaine de Jésus était parfaitement exempte de péché » (16). D'ailleurs, en général, on ne leur cherche pas trop chicane sur ce point, au moins dans nos pays.

(14) Articles 2 et 3.

(15) «Certains prétendent que le Christ ne pouvait être vaincu par la tentation. Mais il n'aurait pu alors occuper la position d'Adam et remporter la victoire où Adam était tombé... Notre Sauveur a revêtu notre humanité avec tous ses dangers ; Il a encouru la possibilité de céder à la tentation» . (E. G. White, Jésus-Christ ou l'Attente de l'Humanité, p. 54).

(16) The SDA Bible Commentary, vol. 5, p. 1131, cité dans Questions on Doctrine, question 6, p. 61. Cette affirmation est destinée à dissiper une équivoque. Certains auteurs adventistes, en parlant de la manière dont Jésus a pris sur lui notre péché, ont usé d'expressions qui laissaient entendre qu'à leurs yeux le Fils avait revêtu une nature humaine pécheresse : "Comme tout enfant d'Adam, écrit p. ex. Ellen White, il a accepté les résultats de la grande loi de L'hérédité... C'est avec une telle hérédité qu'il vint partager nos douleurs et nos tentations et nous donner l'exemple d'une vie exempte de péché."  (E. G. White, Jésus-Christ ou l'Attente de l'Humanité p. 19.) De telles assertions sont évidemment hérétiques ; cependant la dernière clause nous permet d'espérer que l'hérésie se trouve dans les mots plus que dans la pensée.

c) En revanche, on leur adresse souvent des reproches à propos de leur doctrine de la justification, et là certaines précisions s'imposent.

Bien sûr, ils ont une conception erronée de l'attitude qui convient au chrétien en face de la loi et ce légalisme compromet la notion du salut par la grâce. Nous y reviendrons. Mais nous ne voudrions pas les accuser tous de prêcher carrément le salut par les œuvres. Quelques citations sont à retenir:

« La loi des dix commandements ne peut sauver le pécheur de sa transgression, ni le préserver d'y retomber : elle se borne à lui signaler le péché et son salaire... L'homme est justifié, non par l'obéissance à la loi, mais par la grâce qui est en Jésus-Christ. En acceptant le Sauveur, il est réconcilié avec Dieu, purifié par son sang de ses péchés passés, et sauvé de la puissance du péché par la vie du Sauveur (17) . »

(17) Confession de foi, Art. 8.

« Le salut est le don gratuit de Dieu, qui s'obtient par la foi... Celui qui vit le plus près de Jésus perçoit le plus clairement la fragilité et la nature pécheresse de l'humanité. Sa seule espérance est dans les mérites d'un Sauveur crucifié et ressuscité (18). »

(18) E. G. White, Vers Jésus, Dammarie 1931, p. 63. id. La Tragédie des Siècles, chap. 27, p. 512.

On demande à ceux qui veulent se faire baptiser, s'ils ont accepté Jésus comme leur Sauveur personnel, s'ils ont reçu le salut qu'il offre par grâce, et s'ils ont l'assurance du pardon de leurs péchés (19).

(19) Questions à poser aux candidats au baptême, questions 3 et 7, dans Manuel d'Église, pp. 78, 79.

Ainsi donc, contrairement à ce que l'on pense parfois, « quelqu'un qui accepte les enseignements de l'Église, Adventiste du Septième jour peut savoir assurément qu'il est né de nouveau, et qu'il est pleinement accepté par le Seigneur. Il a dans son coeur l'assurance de son salut présent » (20).

(20) Questions on Doctrine, question 11, p. 105.

Saluons aussi au passage l'excellente déclaration que voici au sujet de la régénération : « Tout être humain désirant le salut doit passer par la nouvelle naissance qui comporte une transformation morale complète, transformation rendue possible grâce à la puissance créatrice de Dieu, par le moyen de la foi en jésus Christ (21). »

(21) Confession de foi, Art. 4.

La réserve qu'on peut faire, c'est que les Adventistes pensent qu'un chrétien régénéré peut déchoir de la grâce et finir par être perdu. Ils pensent que lors du jugement « la vie de tous ceux qui ont cru en Jésus est examinée devant Dieu... quand un dossier indique des péchés non-confessés et non-pardonnés, le nom est radié du livre de vie (22).» Mais plusieurs chrétiens évangéliques, comme les Méthodistes et les Salutistes, ont un point de vue analogue, et il n'y a pas de raison d'en faire grief aux uns plus qu'aux autres (23).

(22) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 28, p. 523. cf. Questions on Doctrine, question 36 pp. 412-417. Personnellement nous sommes persuadés que le croyant a déjà la vie éternelle et ne peut donc pas la perdre (Jean 6. 47 ; 10. 28.)

(23) Nous avons cependant connu personnellement une dame qui, au temps où elle était Adventiste, était constamment hantée par la crainte de perdre son salut à la suite de quelque offense.

d) Ceci dit, on ne peut, hélas, disculper les Adventistes d'un regrettable légalisme qui leur fait méconnaître un principe important de la nouvelle Alliance, celui de la liberté chrétienne. Ils sont bien d'accord pour admettre que la loi cérémonielle est abolie par le sacrifice de Jésus-Christ, que certaines lois civiles d'Israël n'étaient valables que pour ce peuple. Mais ils considèrent que le chrétien reste assujetti à la loi morale, en particulier aux dix commandements: « La volonté de Dieu en ce qui concerne nos devoirs envers lui et envers notre prochain est renfermée dans la loi des 10 commandements... qui contient. les grands préceptes moraux immuables auxquels doivent obéissance tous les hommes de tous les temps (24).» Ellen White affirme que «la loi de Dieu est la règle par laquelle les caractères et les vies seront éprouvés au jour du jugement (25).» Elle déplore que dans d'autres groupements « on nie l'autorité de la loi de Dieu » et qu'« on se déclare dégagé  de l'obligation d'observer les commandements (26) », elle   polémise même contre la doctrine du salut par la foi seule : « Ce qui a fait la fortune de la doctrine de la foi et de la foi seule, c'est le désir d'une religion qui n'exige ni luttes, ni renoncements (26). »

(24) Confession de Foi, Art. 6.

(25) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 28, p. 523.

(26) id. chap. 27, p. 513.

Un auteur qui a été président de la Conférence Générale exprime à notre sens fort bien la position adventiste : « La mort du Sauveur n'a pas d'autre but que de rendre possible au pécheur l'obéissance à la loi de Dieu, obéissance qui lui était impossible sans elle (27). »

(27) W. A. Spicer, Notre Époque et la Destinée du Monde, Melun, s. d. p. 195.

Nous trouvons là une méconnaissance complète de l'enseignement biblique sur la liberté chrétienne. Rachetés par Jésus-Christ, nous ne sommes plus serviteurs, mais fils, dégagés de la loi (28). Bien sûr, comme fils, nous exécuterons la volonté du Père encore plus scrupuleusement que des serviteurs la volonté d'un Maître. Mais nous le ferons spontanément, en nouveauté d'esprit, et non selon la lettre qui vieillit (29), sans nous conformer à une liste de devoirs. Guidés par l'Esprit de Dieu, nous ne sommes plus sous la loi, (30). Ceux qui veulent trouver, si peu que ce soit, un élément de leur justification dans les œuvres sont « déchus de la grâce » (31).

(28) Galates 4. 7 ; Romains 7. 16.

(29) Romains 7. 7.

(30) Galates 5. 18.

(31) Galates 5. 4.

Sans doute, nous avons toujours besoin de la loi, pour contrôler nos impulsions, et voir si vraiment elles viennent de l'Esprit. Mais il y a loin de ce contrôle à l'obligation de suivre un code extérieur.

On ne peut être à la foi sous la loi et sous la grâce. La loi, 'y compris le Décalogue, a été le pédagogue pour nous conduire au Christ ; mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue (32). Notre affranchissement vis-à-vis du Décalogue lui-même est souligné par les textes où Paul déclare que nous sommes une lettre de Christ, écrite, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs (33).

(32) Romains 6. 14 ; Galates 3. 24, 25.

(33) 2 Corinthiens 3. 3 ; cf. Jérémie 31. 33.

Le légalisme adventiste se traduit surtout dans trois domaines:

1. D'abord et surtout le sabbatisme: « le 4e commandement de (la) loi immuable exige l'observation du 7e jour de la semaine comme un jour de repos (34).» Le nouveau converti promet de « sanctifier le sabbat du coucher du soleil, le vendredi, au coucher du soleil, le samedi (35).»

(34) Confession de Foi, art. 7.

(35) Questions à poses au candidat au baptême, dans Manuel d'Église, p. 79, question 10.

Aux yeux des Adventistes, c'est la papauté, appuyée par l'empereur Constantin, qui a changé les temps et la loi, et transféré le repos du samedi au dimanche. Aussi disent-ils que « le changement du sabbat est pas autre chose que le signe ou la marque de l'autorité de l'Église catholique, en d'autres termes, la marque de la bête (36).»

(36) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 25, p. 490.

Cela ne veut pas dire que les adventistes considèrent tous les observateurs du dimanche comme perdus: « Il y a, déclare Ellen White, actuellement de bons chrétiens dans toutes les confessions, sans en excepter la communion catholique romaine, qui croient honnêtement que le dimanche est d'institution divine. Dieu agrée leur sincérité et leur intégrité (37). » Ce n'est que dans l'avenir, lors du dernier conflit, que le sabbatisme est censé devenir la pierre de touche de la fidélité, au point que tous les observateurs du dimanche encourent la condamnation (37).

(37) id. p. 491.

Pour répondre aux Adventistes sur cette question, il s'agit de se placer sur le bon terrain. Effectivement, ce n'est qu'à partir du 4° siècle qu'on trouve des textes assimilant le dimanche au sabbat. Aucun passage biblique ne parle d'un transfert du jour de repos. Mais les documents établissent que dès le IIe siècle, les chrétiens n'observaient plus le 7° jour (38), et que dès les temps apostoliques, ils célébraient entre eux leur culte le premier jour de la semaine, en souvenir de la résurrection de Jésus (39), sans pour autant en faire un sabbat.

(38) Ignace, Épître aux Magnésiens, 9. 1. Épître dite de Barnabas, 15. 6-8. Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, chap. 10.

(39) Actes 20. 7. Ajoutons, quoi qu'en pensent d'autres exégètes, qu'à notre avis le «jour du Seigneur», litt. jour dominical, désigne aussi le dimanche (Apo. 1 10). Ce nom n'est jamais donné au sabbat juif. Pour désigner l'avènement de Jésus, ce n'est jamais non plus l'adjectif dominical qui est employé. A peine vingt ans après la rédaction de l'Apocalypse, Ignace employait le même adjectif lorsqu'il écrivait : « ne sabattisant plus, mais vivant selon le "jour" dominical, dans lequel aussi notre vie s'est relevée.» (Ep. aux Magnésiens 9. 1). Voir aussi 1 Cor. 16. 1.

Certes, le chômage du dimanche est une chose excellente pour participer au culte dominical, il est bon que les chrétiens aient le loisir requis. Mais cela se situe sur un tout autre plan que la pratique du quatrième commandement.

Le véritable sabbat chrétien, celui dont le chômage du 7e jour était l'ombre, c'est le repos de la foi dans lequel nous entrons en Christ (40). L'Israélite avait six jours pour faire son ouvrage et devait se reposer le septième. Quand ce n'est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi, quoi que je fasse, ce n'est plus moi qui le fais, c'est lui qui le fait en moi. Et moi, je me repose, aussi bien le samedi, le dimanche que tout le reste de la semaine.

(40) Hébreux 4. 3, 9-11. Le présent «nous entrons dans le repos» et le, passé (d'après l'original) « a trouvé le repos de ses œuvres » indiquent bien que nous avons affaire à une réalité présente, et non au repos de l'au-delà.

Dans ces conditions, il n'est plus question de distinguer certains jours, mais il est normal de les distinguer tous (41). C'est retour aux rudiments « du monde d'observer les jours (sabbat), les mois (nouvelles lunes), les temps (fêtes annuelles) et les années (années sabbatiques et jubilés) (42). Nul ne doit nous juger « pour une question de fête (annuelle), de nouvelle lune (mensuelle) ou de sabbat (hebdomadaire) »; car ces solennités sont « l'ombre des biens à venir »; la réalité, « le corps est en Christ » (43).

(41) Romains 14. 5. La traduction   «les estime tous égaux» est approximative.

(42) Galates 4. 9, 10.

(43) Colossiens 2. 16, 17

2. Une autre manifestation de légalisme, c'est l'obligation faite aux membres de l'Église adventiste de verser la dîme de leurs revenus pour l'oeuvre de Dieu. D'ailleurs ce principe fut adopté assez tard, en 1879 (44). Il figure dans la Confession de Foi : Les disciples du Christ « se conforment, pour le soutien de l'Évangile, au divin principe des dîmes et des offrandes» (45). NDLR Nous reconnaissons que ce principe est bon mais qu'il prend une tournure nouvelle dans le Nouveau Testament. Dieu ne veut plus simplement la dîme mais également tout notre être, notre vie, nos pensées et notre amour.

(44) A. W. Spalding, Captains of the Host, Washington 1949, chap. 17, pp. 271, 272.

(45) Art. 18. Cependant, dans l'application il y a plus de souplesse qu'on ne pourrait le penser : . l'Église, ne retranchera pas... un membre auquel les circonstances ne permettraient pas de prendre part sua diverses entreprises financières de la congrégation . (Manuel d'Église, p. 101).

Ce que nous avons dit du sabbat peut se transposer pour la dîme. Tous nos biens, d'après le N.T., sont à Dieu, et nous en sommes les administrateurs. Aussi les offrandes de la nouvelle alliance sont-elles basées, non sur un certain pourcentage mais sur le principe du don spontané joyeux et volontaire (46). NDLR : Jésus lui-même félicite les pharisiens de donner la dîme mais leur reproche leur attitude, leur coeur dans cet acte d'obéissance.

(46) Luc 16. 12 ; 2 Corinthiens 9:7. 7.

Ajoutons que la liberté dont nous jouissons ne doit pas nuire à la libéralité. Si les chrétiens considéraient spontanément la dîme comme un minimum, certainement l'oeuvre du Seigneur prospérerait davantage. Nous déplorons que chez les Adventistes il y ait obligation à cet égard ; mais l'on ne peut nier que cela vaut à leur église des ressources considérables qui favorisent son expansion. L'on voudrait que les croyants évangéliques aient assez de zèle pour contribuer, plus qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent, à la propagation de la vérité.

3, Les prescriptions alimentaires ne ressortissent que partiellement du légalisme. L'un des fondateurs, joseph Bates, avait renoncé par conviction au tabac ainsi qu'aux boissons alcooliques, avant même de verser dans les espérances adventistes. James et Ellen White prirent position contre le tabac, le thé et le café en 1848. Et ce n'est qu'en 1863 que celle-ci eut la vision d'un programme de réforme sanitaire qui fut adopté dans la suite. Celui qui se fait baptiser doit promettre de s'abstenir « des boissons fermentées, du tabac sous toutes ses formes, de la viande de porc et de toutes les viandes impures.» (47)

(47) Questions d poser au candidat au baptême, dans Manuel d'Église p. 80, question 16. La Confession de Foi (Art. 17) mentionne l'abstention de bossons enivrantes, de tabac et de narcotiques.

Notons que les Adventistes ne voient pas dans la consommation de viande « impure » une faute religieuse, car ils classent les distinctions du Lévitique dans la loi cérémonielle abolie à la croix. Mais ils estiment que ces prescriptions «comme lois diététiques ne peuvent être abolies» et qu'«elles subsistent aussi longtemps qu'il y aura des hommes sur la terre » (48).

(48) Signes des Temps, juin 1949, p. 9 Article Viandes Impures par J. B.

Le végétarisme total est préconisé, sans être imposé. Toute viande est traitée par Ellen White d'aliment malsain (49).

(49) E. G. White, Témoignages pour l'Église, vol. 2, p. 293.

Les Adventistes croient à la possibilité de la guérison miraculeuse en réponse à la prière, mais ne considèrent pas que Dieu ait promis la santé à ses enfants : «L'offrande d'une telle prière est un acte solennel et ne devrait être fait qu'après mûres réflexions. Dans bien des cas..., ce qui est appelé foi n'est rien d'autre que de la présomption... Ceux qui recherchent la guérison par la prière ne devraient pas négliger d'employer les remèdes naturels... à leur portée (50). »

(50) E, G. White, Rayons de Santé, pp. 127, 128.

Ce qu'on appelle le ministère de la guérison se concrétise avant tout dans l'entretien d'établissements médicaux fort nombreux et bien installés, et dans la publication de revues et d'ouvrages consacrés à l'hygiène physique et morale. Ces dernières contiennent d'utiles conseils, et tout ce qui touche aux doctrines particulières des Adventistes n'y apparaît pas. C'est le cas du livre Rayons de Santé d'Ellen White, du périodique Vie et Santé et de certaines émissions radiophoniques. D'ailleurs le but de la propagande n'est pas oublié : « Lorsqu'il est bien compris, le travail sanitaire semblable au coin du bûcheron qui fend le bois - est une porte d'accès qui ouvre le coeur et le prépare à recevoir d'autres vérités (51).»

(51) E. G. White, Le Colporteur Évangéliste, Dammarie 1924, p. 74.

Une fois de plus, nous constatons que l'Adventisme impose des barrières à la liberté chrétienne. Rien dans la Bible ne nous autorise à dire que les viandes impures soient, en elles-mêmes, nuisibles à la santé. Nous pouvons encore moins soutenir scripturairement que le végétarisme soit plus hygiénique que l'alimentation ordinaire. Il est abusif de déclarer malsains des aliments que Dieu lui-même a donnés à l'homme comme nourriture, et que jésus range dans les bonnes choses qu'un père peut donner à son fils (52).

(52) Genèse 9. 6. Luc 11. 11-13. Voir aussi Romains 14. 2, 3.

Quant à l'abstinence des boissons alcooliques ou du tabac, c'est une question de conscience personnelle. Dans 1 Corinthiens 8, 9, 10, Paul maintient les droits de la liberté individuelle, tout en prodiguant des conseils sur le bon usage qu'on doit en faire. Nous déplorons que les Adventistes recourent au contraire dans ce domaine à des interdictions massives qui ne sont pas à leur place sous la Nouvelle Alliance (53).

(53) L'usage, la fabrication et la vente de boissons alcooliques ou du tabac constituent l'une des quatre raisons possibles d'exclure un membre de l'église (Manuel d'Église, section 4, p. 103).

e) Nous en arrivons au point le plus contestable de la doctrine des Adventistes : La purification du sanctuaire. Ils ne croient pas, comme on le pense parfois, que Jésus soit revenu en 1844. Ils refusent même de fixer n'importe quelle date pour ce retour. Mais l'année 1844 marque à leurs yeux un jalon indispensable dans l'histoire du salut : « Les saintes Écritures ne renferment aucune période prophétique aboutissant au second avènement du Christ. La plus longue, celle des 2300 jours (Daniel 8:14) qui s'est terminée en 1844, marque l'ouverture d'un événement céleste, appelé la purification du sanctuaire (54).»

(54) Confessions de Foi, Art. 13.

Selon les Adventistes, sous l'Ancienne Alliance, pendant le cours de chaque année, les fautes des Israélites étaient transférées par l'offrande des victimes dans le lieu saint du tabernacle qui, de ce fait, devait être purifié par la fête annuelle des expiations. De même, d'après eux, « dis-huit siècles durant, Jésus a exercé son ministère dans la première place du sanctuaire... Les péchés de ceux qui se repentent sont placés par la foi sur le Sauveur, et littéralement dans le sanctuaire céleste... Il faut (donc) que le sanctuaire céleste subisse une purification réelle par l'éloignement ou l'effacement des péchés qui y sont inscrits (55) », A cet effet, « à la fin des 2300 jours... selon la prophétie de Daniel, notre souverain Sacrificateur entra dans le lieu très saint, où il s'acquitta de la dernière partie de sa mission sacrée : la purification du sanctuaire (55) ».

(55) E. G. White, La tragédie des Siècles, drap. 23, pp. 463, 464.

Qu'il y ait un sanctuaire céleste, c'est ce qui ressort de multiples textes (56). Que ce sanctuaire ait dû être purifié par le sacrifice du Christ, c'est encore vrai (57). Mais que cette purification ait commencé en 1844, c'est ce qui ne peut être basé sur la Bible. Dans Hébreux 9. 24, 25, nous lisons que Jésus est monté dans le ciel même, mais que ce n'est pas pour s'offrir plusieurs fois qu'il y est entré, comme le souverain sacrificateur entre chaque année dans le sanctuaire. L'ascension du Fils est mise en parallèle, non avec les . cérémonies du culte quotidien dans le tabernacle Lévitique, mais avec la cérémonie annuelle des expiations (58). Jésus est donc entré dans le lieu très saint du sanctuaire céleste dés le jour de l'Ascension (59).

(56) Exode 26. 30. Apocalypse 11. 19 ; 14. 15-17. Hébreux 8. 2 ; 9. 11 etc.

(57) Hébreux 9. 23.

(58) Lévitique 16. 2, 29.

(59) Notons en passant combien précaires sont les basa sur lesquelles la Adventistes sont obligés de s'appuyer pour arriver 3 cette date : a) Il faut partir de ce principe qu'un jour prophétique équivaut à une année. Cela peut être le cas de certaines prophéties, p. ex. celle des 70 semaines de Daniel 9. Mais il ne s'ensuit pas qu'on puisse régulièrement établir cette équivalence. Dans certaines prophéties, elle est manifestement inapplicable, en particulier pour celles qui concernent la résurrection de Jésus (Luc 9.23. Voir aussi Genèse 15. 13, Jérémie 25. 11, 12).

b) - Il faut décréter que les 2300 soirs et matins commencent en même temps que les 70 semaines, ce qui est en contradiction avec le conteste. Celui-ci nous permet d'envisager comme point de départ ou bien le moment où la vision est communiquée à Daniel, sous le règne de Belschatsar, ce qui cadre mal avec les événements, ou bien, mieux, le début des entreprises faites contre le sacrifice perpétuel

Sans doute, d'autres que les Adventistes, et avant eux, avaient fait les mêmes calculs en se basant sur Daniel 8. 14 (voir à ce sujet Froom, The Prophetic Faith of our Fathers, Washington 1954, Tome 4. pp. 404, 405). Cela ne garantit aucunement que ces calculs soient justes.

A notre sens, quelle que puisse âtre l'application de ces versets sua derniers temps, il semble de bonne exégèse d'y voir en premier lieu avec Calvin, l'annonce des persécutions que subiraient les juifs du temps d'Antiochus Épiphane, petite corne surgie sur les débris de l'empire macédonien, et la promesse du rétablissement de leur culte sous les Maccabées en 165 av. J.-C. (J. Calvin, Sermon 17 sur Daniel, et Praelectiones in Danielem, Opera Calvini, Tome 41, p. 108 et 499).

De toute façon, si la date de 1844 avait été prédite dans la Bible pour la réalisation d'un événement qui aurait dû nécessairement précéder le retour du Maître, jusqu'à cette année-là, les croyants auraient eu tort d'attendre ce retour. Comment comprendre alors les exhortations à la vigilance que Jésus adressait à ses disciples ? (60) Jésus ignorait le jour et l'heure de son avènement (61), mais il n'ignorait pas les textes de Daniel et devait les comprendre au moins aussi bien que William Miller et qu'Ellen White. Il devait se rendre compte que le terme des 69 semaines de Daniel 9. 24-27 était imminent ; et si la prophétie des 2300 soirs et matins était liée à celle des 69 semaines de la manière dont les Adventistes l'enseignent, il s'en serait aperçu. Comment aurait-il -pu engager ses disciples immédiats à se tenir prêts pour son avènement, si celui-ci ne pouvait se produire, de toute façon, qu'après 1844 ?

(60) Marc 13. 34-37. Luc 12. 37-39 ; Matthieu 24. 42-44 ; 25. 13.

(61) Marc 13. 32.

Vu l'incertitude totale qui plane, d'après le Nouveau Testament, sur le moment où le Christ reviendra, toute théorie qui prétend tirer de l'Ancien Testament des indications sur la durée, longue ou brève, de l'économie de la grâce, doit a priori être considérée comme erronée.

Si seulement les Adventistes du septième jour avaient imité la sagesse de Miller qui, après avoir été déçu dans ses espérances, a confessé honnêtement que ses calculs étaient faux !

D'autant plus que leurs explications sur la manière dont le sanctuaire doit âtre purifié les amènent à d'autres difficultés plus grandes encore.

En effet, il y a d'abord «enquête» qui «détermine quels sont parmi les myriades de ceux qui dorment dans la terre -  ceux qui seront dignes d'avoir part à la première résurrection, et quels sont - parmi les multitudes des vivants - ceux qui méritent de participer à l'enlèvement de l'Église fidèle » (62). « Les seuls cas pris en considération sont ceux des enfants de Dieu (63) ». Ceux qui auront persévéré seront sauvés, ceux qui, après leur conversion, auront commis des fautes sans les confesser et sans en recevoir le pardon, seront rayés du livre de vie (64). Nous ne reviendrons pas ici sur le fait que les Adventistes pensent qu'un croyant vraiment régénéré peut déchoir et perdre son salut.

(62) Confession de Foi, Art 16

(63) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 28, p. 521.

(64) id. p. 523.

Ce qui est surtout troublant, c'est qu'à la suite d'une interprétation injustifiée des rites accomplis sur le bouc destiné à Azazel, Ellen White affirme que Jésus transférera les péchés des rachetés sur Satan : « Quand le souverain sacrificateur, en vertu du sang de la victime, enlevait les péchés du sanctuaire, il les plaçait sur le bouc émissaire. Quand jésus, en vertu des mérites de son sang, éloignera les péchés de son peuple du sanctuaire céleste, à l'issue de son ministère, il les placera sur Satan, qui en portera la pénalité dernière »(65). Les péchés des justes ayant été transférés sur Satan, celui-ci est appelé à souffrir, non seulement pour sa propre rébellion, mais aussi pour tous les péchés qu'il a fait commettre au peuple de Dieu » (66).

(65) id. chap. 23, p. 464.

(66) id. chap. 42, p. 713.

Sur la base de telles assertions, on accuse parfois les Adventistes d'enseigner qu'en définitive Satan sera la victime expiatoire pour nos péchés. Dans tous les ouvrages que nous avons consultés, nous n'avons jamais trouvé un blasphème de ce genre. II est même positivement écarté par des voix autorisées : « Nous nous plaçons sans réserve sur la ligne de l'Évangile, pour dire que la mort de Jésus-Christ pourvoit seule à la propitiation pour nos péchés, qu'il n'y a de salut par aucun autre moyen, qu'il n'y a pas d'autre nom par lequel nous devons être sauvés, et que le sang versé de Jésus-Christ seul nous apporte le salut » (67). Les Adventistes contemporains vont jusqu'à nier que dans le culte Lévitique le bouc émissaire soit destiné à l'expiation des péchés (68) et ils concluent : « Satan n'expie pas nos péchés: Mais Satan devra en fin de compte subir le châtiment que mérite sa part de responsabilité aux péchés de tous les hommes, bons et mauvais » (69)

(67) Questions on Doctrine, question 35, p. 396.

(68) « L'autre bouc, pour Azazel, n'était pas immolé et n'expiait donc les péchés de personne» . (cf. Hébreux 9. 22). id. p. 397.

(69) id. p. 400.

Fort bien. Mais le lecteur remarquera le décalage entre ces déclarations et celles d'Ellen White, citées plus haut. De plus, d'après le Lévitique, en dépit des explications embarrassées des Adventistes, le bouc pour Azazel est là pour faire l'expiation, et ce sont les fautes des enfants d'Israël qu'il emporte dans le désert (70).

(70) Lévitique 16. 5, 10, 21, 22.

On en arrive donc à ce dilemme : ou bien le bouc émissaire représente Satan, qui dans ce cas prote malgré tout nos péchés, ce qui est blasphématoire et ce que les Adventistes refusent d'admettre ; ou bien le bouc ne doit pas être identifié avec Satan (71), et toute la doctrine du sanctuaire, telle qu'elle est présentée par Ellen White, s'effondre.

(71) D'ailleurs, même si Azazel désignait le diable ce qui est très peu vraisemblable, il ne s'en suivrait pas que le bouc pour Azazel doive être identifié avec l'adversaire. A notre avis chacun des deux boucs offerts par l'assemblée (Lévitique 16. 6) illustre un aspect de l'oeuvre du Christ. Le péché doit recevoir son châtiment, la mort, et d'autre part il doit être chassé au loin. Un seul bouc ne pouvait pas servir de type pour ce double office. Mais notre Sauveur, par son sacrifice à la croix, réalise parfaitement les deus choses. Il n'y a rien d'invraisemblable à « que deux animaux soient concurremment des figures du seul Jésus-Christ. De toute façon, et les Adventistes sont loin de le nier, il est à la fois le sacrificateur et la victime, alors que dans le culte Lévitique, les deux sont distincts.

Les Adventistes « ne donnent pas au bouc émissaire autant d'importance que ne le supposent leurs critiques » (72). Assurément. Mais quel dommage qu'ils se contentent d'émousser certains aspects particulièrement choquants de leur doctrine à ce sujet, au lieu de la jeter entièrement par-dessus bord, comme elle le mérite (73).

(72) Questions on Doctrine, question 35, pp. 396, 397. On a l'impression qu'au début «tu théorie du sanctuaire ait paru providentielle pour réconforter les Adventistes après leur désillusion, mais qu'aujourd'hui elle soit plutôt gênante.

(73) Par souci de clarté, nous n'avons pu mentionné deux graves difficultés supplémentaires que comporte cette doctrine:

a) Elle présuppose que le tabernacle israélite devait être purifié à cause des sacrifices qu'on y avait offerts pendant toute l'année. Ceci est en contradiction avec le texte du Lévitique (16. 16) qui dit que le sanctuaire est souillé tout simplement parce qu'il se trouve au milieu des impuretés que les Israélites commettent. Surtout, comme le faisait déjà remarquer un auteur darbyste du siècle dernier, on aboutit ainsi 3 une conclusion monstrueuse, à savoir que le sang de jésus introduit une souillure dans le sanctuaire céleste (contrairement à Hébreux 9. 23) 1 A cette objection, J. N. Andrews ne voyait rien de mieux à répondre que ceci : « Il est facile de montrer le besoin de purification du sanctuaire céleste après que les péchés des hommes y ont été portés devant Dieu par le ministère du Souverain Sacrificateur, mais personne ne peut donner aucune raison pour la purification de ce sanctuaire avant que le ministère de notre Seigneur ait commencé » (J. N. Andrews, Avènement du Christ, sa nature et la purification du sanctuaire, contre un traité darbyste « La venue du Seigneur ., Bile, s. d. p. 32). Nous pensons que le sanctuaire céleste peut avoir eu besoin de purification, soit à cause de la présence des anges déchus, autrefois, dans le ciel, soit à cause de répercussions cosmiques du péché (Éphésiens 6. 12. Colossiens 1. 20).

b) Pour mettre en valeur la doctrine du sanctuaire, certains auteurs adventistes anciens en sont venus à nier que l'expiation ou la réconciliation (en anglais atonement) ait été pleinement accomplie au Calvaire (O. R. L. Crosier, The Lacer of Moses, The May Star, 7 février 1846, p. 41 ; c'est le premier exposé écrit de cette doctrine. Cité par Froom, The Prophetic Faith of oxr Fathers, Tome 4, appendice D, pp. 1232, 1233). Voici un texte spécialement regrettable : « La mort du Christ et l'expiation ne sont pas une seule et même chose... Jésus-Christ n'a pas opéré l'expiation quand il a répandu son sang sur la croix » (Uriah Smith, The Sanctuary, Battle Creek 1877, p. 181). Nous voulons bien concéder que ces auteurs n'étaient peut-être pas conscients du caractère blasphématoire de leurs déclarations ; qu'ils n'avaient pas l'intention délibérée de diminuer la pleine suffisance du sacrifice du Calvaire ; qu'ils voulaient insister sur la nécessité du ministre céleste de jésus pour que le fruit de son sacrifice nous soit appliqué (Questions on Doctrine, question 29, pp. 347, 348). N'empêche que des affirmations de ce genre ne pouvaient manquer d'induire gravement en erreur ceux qui les lisaient.

f) Il serait fastidieux d'entamer une discussion de toutes les autres idées avancées par les Adventistes sur la prophétie.

D'abord, il convient de les féliciter d'avoir porté leur attention sur cette question. Le succès qu'ils rencontrent est dû sans doute en partie au fait que dans certaines églises, la prophétie n'est pas étudiée, alors qu'elle occupe une place si considérable dans la Bible. Nous ne porterons notre attention que sur quelques points importants.

Dans l'ensemble, les Adventistes, dans leurs commentaires sur Daniel et l'Apocalypse, se rattachent à l'école dite historique (74). Ils voient dans les visions de ces livres l'annonce des événements qui se sont succédé dans l'histoire de l'Église : « L'accomplissement presque complet des diverses prédictions... relatives aux conditions physiques, sociales, industrielles, politiques et religieuses du monde, prouve que le retour du Seigneur est proche, à la porte (75). » On ne peut leur faire un grief d'avoir cette opinion.

(74) Par opposition à l'école dite prétériste, selon laquelle Daniel et l'Apocalypse annoncent uniquement des événements contemporains de l'époque de leur rédaction, et à l'école futuriste, selon laquelle à peu près tout dans ces deux livres, et surtout dans l'Apocalypse, est encore dans l'avenir.

(75) Confession de Foi, Art. 20.

Ellen White est catégorique pour identifier la papauté avec l'antichrist. Il y aurait certaines réserves à faire ; mais comme sur ce point son interprétation ressemblé à celle des Réformateurs et d'autres commentateurs protestants, comme de plus cela ne figure pas dans la Confession de Foi, nous passons outre.

Nous devons insister un peu plus sur les trois messages angéliques d'Apocalypse 14. 6-12, qui sont compris comme une prédiction du mouvement adventiste. L'annonce du jugement et l'exhortation à craindre Dieu et à lui rendre gloire correspondrait à l'activité de William Miller et de ses collaborateurs (76). Le message du second ange, annonçant la ruine de Babylone, aurait été « d'abord prêché dans le courant de l'été de 1844 » et se serait appliqué alors « plus directement aux églises des États-Unis » (77). Babylone serait l'Église, romaine ; or elle est appelée la mère des impudiques ; elle doit donc avoir des filles qui lui ressemblent; ce seraient les Eglises protestantes (78). Cependant Ellen White reconnaît que leur « apostasie n'est pas encore parvenue à son comble » et que « l'accomplissement d'Apocalypse 14. 8 est donc encore dans l'avenir » (79). Enfin et surtout, les Adventistes du septième jour « qui gardent les commandements de Dieu », en particulier le sabbat, et « qui ont le témoignage de Jésus •, c.-à-d. qui acceptent l'esprit de prophétie manifesté dans les écrits d'Ellen White, auraient été chargés spécialement « de recevoir et de communiquer au monde le message du troisième ange » (80), et cela avec une puissance particulière lors des temps de la fin (81). Tout cela est jugé assez important pour figurer dans la Confession de Foi « Dieu fait aujourd'hui proclamer au monde l'approche du second avènement de son Fils. Cet avertissement - symbolisé par les trois anges du 14e chapitre de l'Apocalypse comprend une oeuvre de réforme ayant pour but de réunir un peuple qui soit préparé à le recevoir lors de son apparition (82). »

(76) Apocalypse 14.7. V. E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 20, p. 409.

(77) Apocalypse 14.8. V. E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 21, p. 429

(78) Apocalypse 17. 5. V. E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 21, p. 422.

(79) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 21, p. 430.

(80) Apocalypse 14. 12. V. E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 24, p. 473.

(81) E. G. White La Tragédie des Siècles; chap. 38, p. 649.

(82) Confession de Foi, Art. 15.

Ellen White prévoit d'ailleurs un conflit final entre les partisans du dimanche, guidés par Rome (83) , et les Sabbatistes : « Le sabbat sera la grande pierre de touche de la fidélité... Une ligne de démarcation claire et précise sera tirée entre ceux qui servent Dieu et ceux qui ne le servent pas (84). »

(83) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 36, p. 636. Les États-Unis doivent jouer un rôle important dans ce conflit. Ellen White les assimile à la seconde bête d'Apocalypse 13 (id. chap. 25, pp. 481, 485). Elle pense que les efforts de ceux qui travaillent à la sanctification du dimanche aboutiront en Amérique et ailleurs à des lois coercitives hostiles au sabbatisme (id. chap. 36, p. 630).

(84) id. chap. 38, p. 648.

Au moment où le monde s'approchera pour le dernier assaut contre les 144 000 Adventistes restés fidèles, le Seigneur apparaîtra. Les morts en Christ, quelle qu'ait été leur appartenance ecclésiastique, ressusciteront, et les 144 000 vivants seront transmués (85).

(85) id. chap. 40 pp. 689, 690.

Entre la résurrection des justes, que nous venons de mentionner, et celle des pécheurs, mille ans doivent s'écouler (86). Le millénium est d'ailleurs conçu d'une manière inattendue. La terre sera désolée, puisque les rachetés auront été enlevés dans la gloire, et les rebelles exterminés par l'avènement de Jésus. Satan s'y trouvera donc lié par sa solitude même (87). A la fin des mille ans, les réprouvés ressusciteront à leur tour. Le diable leur fera croire qu'ils lui doivent leur résurrection (88). Ils se dresseront donc une dernière fois contre Dieu. Mais le Seigneur interviendra et les détruira par le feu (89). Notre planète redeviendra un paradis, et les rachetés y vivront à toujours (90). Les 144 000 y jouiront de privilèges spéciaux (91).

(86) Confession de Foi, Art. 11.

(87) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 41, pp. 698, 699.

(88) id. chap. 42, p. 704.

(89) id. p. 713.

(90) id. pp. 714, 715.

(91) A. W. Spalding, Christ's last Legion, Washington 1948, chap. 36, pp. 749, 751.

De tout temps, des croyants ont cru trouver dans les événements dont ils étaient les spectateurs ou les acteurs, un accomplissement spécifique de telle ou telle prophétie scripturaire. C'est plutôt de la présomption que de l'hérésie. Cependant chez les Adventistes, malgré leur incontestable humilité personnelle, cette présomption revêt une certaine gravité ; car tout en reconnaissant qu'il y a des chrétiens authentiques dans toutes les églises, ils se considèrent comme la seule église légitime, à laquelle « avant l'heure de la crise et de l'épreuve finale, tous les vrais enfants de Dieu, maintenant... dispersés, se joindront en obéissant à ce message dont le sabbat du septième jour est un élément fondamental » (92). C'est pourquoi aussi dans l'oeuvre missionnaire ils refusent de se limiter à certains champs, en laissant ailleurs les mains libres à d'autres églises : « Notre message nous empêche, disent-ils, de restreindre notre témoignage à des territoires limités, et nous oblige à le proclamer à l'attention de tous les peuples en tout lieu (93). »

(92) Questions on Doctrine, question 20, pp. 195, 196.

(93) Information for Outgoing and Furloughing Missionaries, p. 63, cité dans Questions on Doctrine, question 48, p. 627.

En enseignant que le Christ reviendra avant le millénium, et que cette période de temps s'écoulera entre la résurrection des justes et celle des réprouvés, les Adventistes sont en accord avec la majorité des chrétiens évangéliques contemporains. Cependant leur conception du règne de mille ans, avec une terre désolée et vide, apparaît comme choquante. En général, avec raison, les millénaristes envisagent que la terre sera restaurée dans sa beauté primitive au cours de cette période. Quoi qu'il en soit, l'abîme où Satan doit être enfermé ne désigne jamais la surface terrestre dans le Nouveau Testament (94).

(94) cf. Apocalypse 20. 1, 3 avec Luc 8.31, Romains 10. 7, Apocalypse 9. 1, 9, 11 ; 11. 7 ; 17. 8.

Quant aux 144 000, il est certes difficile de les identifier d'une manière catégorique. Notons pourtant que l'exégèse adventiste ne se soutient pas. D'après la Bible, ils appartiennent aux douze tribus d'Israël et constituent « les prémices » de la rédemption (95). D'après les Adventistes, ils se recruteraient « de toutes les nations » (96) et formeraient le dernier ensemble de rachetés, « la dernière légion du Christ », « le reste de la postérité de la femme » (97).

(95) Apocalypse 14. 4 ; cf. 7. 4-8.

(96) E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap 39, p. 666.

(97) Apocalypse 12. 7. E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 36, p. 636. A. W. Spalding, Christ's Last Légion, chap. 35, p. 736.

De toute façon, cette interprétation est affligeante pour les Adventistes, qui comptent aujourd'hui plus d'un million d'adhérents ; car elle laisse entendre que la plupart d'entre eux succomberont et que leur élite triomphante sera relativement bien peu nombreuse (98). Mais nous ne nous arrêterons pas davantage à ce problème.

(98) Il faut dire que déjà Ellen White prévoyait ces défections : . A l'approche de l'orage, un grand nombre de croyants ayant professé la foi au message du troisième ange, mais qui n'ont pas été sanctifiés par l'obéissance à la vérité, changent d'attitude et passent dans les rangs de l'opposition » (La Tragédie des Siècles, chap. 38, p. 650).

g) Par contre, rions devons insister  un sur la conception que les Adventistes se font de l'Au-delà.

D'après eux, « la mort est un état d'inconscience. Tous les hommes, bons ou mauvais, demeurent dans leurs tombeaux depuis le jour de leur mort jusqu'à la résurrection » (99).

(99) Confession de Foi Art. 10.

Ils se basent sur les nombreux passages où l'Écriture nous dit que les morts « dorment ». Mais cela les oblige à négliger ou détourner de leur sens naturel d'autres textes, comme la promesse de jésus au brigand converti, l'histoire du mauvais riche et de Lazare, le désir de Paul de s'en aller et d'être avec le Christ, le cri des âmes sous l'autel (100). Nous devons nous rappeler aussi que même le sommeil n'est pas un état d'inconscience totale, et que jamais, en parlant des trépassés, la Bible ne nous dit que leur âme dort. Ce verbe doit donc s'appliquer au corps (101).

(100) Luc 23. 43 ; 16. 19-31. Philippiens 1. 23. Apocalypse 6. 9-I1.

(101) Voir aussi Ecclésiaste 12. 9. Hébreux 12. 23.

Ce qui est plus grave, c'est l'insistance des Adventistes sur l'anéantissement des réprouvés : « Les impénitents obstinés, y compris Satan, l'auteur du péché, seront finalement détruits par le feu ; ils seront comme s'ils n'avaient jamais été (102). » Cela n'exclut d'ailleurs pas des peines conscientes, mais de durée variable: « Les uns périssent en un moment, tandis que d'autres souffrent plusieurs jours. Chacun reçoit selon ses œuvres. » Le châtiment de Satan « sera infiniment plus sévère que celui de ses victimes. Tous ceux qui seront perdus pas sa faute auront péri, qu'il continuera encore à