Ce qu’il faut savoir sur la
Rose-Croix
Introduction
La Rose-Croix est
une spiritualité ésotérique très en vogue de nos
jours. Elle est très fréquemment et injustement
confondue avec la Franc-Maçonnerie. En fait, la
Rose-Croix et la Maçonnerie sont totalement différentes,
du moins sur le point de l’expérience mystique.
La Rose-Croix est d’essence empirique tandis
que la Franc-Maçonnerie est essentiellement symbolique
(excepté l’Ordre Hermétique du Rite de Memphis-Misraïm).
En revanche, la
Rose-Croix a des liens très étroits avec le Martinisme,
la Théosophie et l’Antroposophie.
Mais, dans tous les
cas, l’ésotérisme est le chemin parallèle à l’Eglise
(l’ésotérisme est une tradition orale qui ne peut être
transmise ou comprise par les seuls initiés tandis que
l’exotérisme est le message révélé destiné à
tout le peuple). L’ésotérisme est donc une Tradition
parallèle à celle de l’Eglise. Il s’agit donc
d’une connaissance élitaire dont le contenu se veut
universel. Cette connaissance de type cosmique
s’oppose à la religion révélée. Le christianisme
est une religion spirituelle et la Révélation est
totale et complète: tous les hommes peuvent y avoir accès.
Il est très
important de distinguer les mots «rosicrucien» et «Rose-Croix».
Un rosicrucien est un adepte - homme ou femme - qui
s’initie à la philosophie rosicrucienne en vue
d’atteindre la perfection humaine et divine; être
Rose-Croix, c’est l’état de perfection initiatique.
Quant à la signification de la rose et de la croix, les
opinions divergent: l’AMORC pense que la croix c’est
le karman tandis que la rose serait l’évolution.
Pour d’autres, la croix serait le symbole de Jésus-Christ
tandis que la rose serait le «grand
symbole alchimique», la «perfection absolue du magistère».
La définition de
l’ésotérisme: le salut par la «connaissance»,
ceci par le moyen de l’initiation. C’est une
lente progression dans les mondes dits «subtils» ou «éthériques».
C’est une évolution de la matière à l’Esprit.
L’initié qui est d’abord un profane, un matériau
brut, doit être façonné peu à peu (poli avec des «outils»)
afin d’obtenir l’état de perfection morale et
spirituelle.
En terme de méthode,
il s’agit d’une théurgie, c’est-à-dire
une magie blanche. L’initié s’approche du
divin par le moyen de techniques occultes. Les formules
utilisées emploient le nom de Dieu, ou celui des anges
de Dieu. Ce sont des pratiques sacramentelles qui
feraient activer les puissances cosmiques de
l’Univers. L’initié aurait donc un pouvoir
en lui pour diriger les forces invisibles. Il possèderait
donc la maîtrise de soi et aussi la maîtrise
sur les éléments. Il s’agirait en quelque sorte
d’un surhomme équipé de pouvoirs surnaturels.
L’ésotérisme
moderne prend son envol dans les hérésies des premiers
siècles de l’histoire de l’Église. Plus
exactement, l’ésotérisme est un «cocktail» de différentes
traditions philosophiques, grecque en particulier,
religieuses, notamment la religion de l’Égypte
antique et sans oublier les philosophies orientales,
bouddhisme et hindouisme. Il s’agit donc de concilier
ces différentes traditions, philosophiques et
religieuses, afin de permettre à l’homme de tracer la
voie de son salut (ou de sa survie), ceci par le moyen
des lointains mystères
I. Le gnosticisme du IIe siècle.
Le dualisme matière-esprit.
Le gnosticisme n’est autre que la connaissance des «rudiments
du monde», dont nous parle Paul aux Colossiens
(Col. 2: 16-23). La gnose prétend percer le mystère
divin, c’est-à-dire le mystère de la divinité,
celui de la création et aussi le mystère de l’homme.
En sondant les mondes spirituels et les traditions
occultes, les gnostiques essaient de comprendre
l’origine du mal et de la matière, mais aussi d’étudier
la possibilité pour l’homme de réintégrer le divin.
La Catharisme
est une émanation du gnosticisme du IIe siècle. Le
dualisme des Cathares est le point fort de leur
enseignement, ce qui n’empêche pas que la doctrine
est effroyablement compliquée. D’un côté, le règne
invisible, spirituel, lumineux, excluant le mal; de
l’autre, le règne visible, matériel et ignorant le
bien. Il y aurait eu un drame cosmique dans le ciel: des
âmes auraient été expulsés du ciel pour aller sur
cette terre étrangère. Là, le matérialisme les
auraient saisies… Les âmes doivent donc expier leurs
fautes dans des corps successifs (réincarnations) afin
de réintégrer le Paradis perdu. Le Lectorium
Rosicrucianum se réclame du catharisme.
II. Le Moyen Age (576-1453)
Cette très longue
période de l’Histoire est considérée comme étant
l’âge d’or de l’Eglise, mais aussi de l’ésotérisme.
Le roman de la
Rose est un poème allégorique
du Moyen-âge, un chef d’œuvre du XIIIe siècle.
C’est une histoire d’amour et de sentiment dans
laquelle la rose joue un rôle important. La rose résume
symboliquement toutes les valeurs de la beauté. Peu à
peu, la rose devient un mythe, un symbole de perfection
et de beauté absolu. Cette fleur mythique deviendra
l’emblème de tous les mouvements rosicruciens.
Les Corporations
n’ont jamais été directement à l’origine des sociétés
ésotériques. C’étaient des associations
professionnelles destinées à protéger les corps de métiers.
Mais, après le Moyen Age, les corporations, notamment
celle des maçons, tomba en désuétude. Bref, une véritable
crise du bâtiment! La Franc-maçonnerie, qui était opérative,
deviendra peu à peu spéculative et ésotériste.
La Franc-maçonnerie de 1717 n’aura rien à voir avec
celle du Moyen Age. Les sociétés ésotériques,
rosicruciennes et maçonniques, récupéreront, pour
l’essentiel, les symboles corporatifs et y ajoutèrent
des éléments religieux ou occultes.
L’Alchimie,
dérivé du mot arabe el-kimia, sera la synthèse
du savoir ésotérique, ceci par le moyen de l’art de
la transmutation des métaux. Ainsi le plomb, métal
vulgaire, deviendrait de l’or, métal précieux. L’Alchimie,
à ne pas confondre avec la chimie, serait l’élaboration
de la pierre philosophale qui permettrait, entre
autre, la Médecine Universelle: les alchimistes
pensaient sincèrement découvrir l’élixir de longue
vie. La vie quasi éternelle sur cette terre… La Panacée
serait capable de restaurer l’être tout entier. Nous
retrouvons aujourd’hui l’Alchimie dans les sectes du
Nouvel Age et, bien entendu, dans l’AMORC.
La Kabbale
serait la Tradition orale qu’aurait reçue Moïse sur
le Mont Sinaï. Il y a deux sortes de kabbale
(tradition): la pratique qui n’est que magie et
sorcellerie et la spéculative qui n’est
qu’une interprétation allégorique des textes sacrés.
Mais la Kabbale est aussi une cosmogonie. La
Kabbale est l’étude mystique des lettres, dont la
première serait le iota; le kabbaliste doit franchir
les sept cieux pour découvrir l’homme initial,
c’est-à-dire l’homme parfait.
Les Templiers
sont très en vogue aujourd’hui. Tout le monde connaît
le sinistre Ordre du Temple Solaire. Autrefois,
l’ordre était religieux et militaire, et n’était
pas occulte. Par la suite, cet ordre aurait été récupéré
à cause de ses cérémonies fastueuses. Les Néo-Templiers
d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux du
Moyen Age. Ajoutons encore que la tradition «solaire»
(qui fut créée dans les années 50 par Jacques Breyer
(1922-1996),
Marcel Veyre de Bagot et Armand Barbault) n’existait
pas au Moyen Age, du moins sous a forme actuelle. La résurgence
templière n’a aucun point commun avec les ordres
templiers du Moyen Age, ni dans le rituel initiatique,
ni dans les buts à atteindre (qui étaient
l’expansion du christianisme).
III. Naissance de la Rose-Croix
La Rose-Croix a vu
le jour en 1614, simultanément à Cassel et Strasbourg.
Dans ces deux villes paraissent La Réformation
Universelle, puis la Fama Fraternitatis .
Cette date est très importante pour les rosicruciens
car elle marque son existence au monde profane. Ce qui
avait été caché durant des siècles, la rose et la
croix, sont enfin révélées au grand public. En 1616
paraît un troisième ouvrage, les Noces chymiques de
Christian Rosenkreutz, dont l’auteur est un diacre
luthérien, du nom de Jean-Valentin Andreae. L’union
de la rose et de la croix symbolise cette nouvelle
spiritualité.
La Rose-Croix se définit
à ses débuts comme une contre-Réformation. Ses
fondateurs espéraient greffer le catholicisme sur l’ésotérisme
gnostique.
Ces trois écrits
se répandirent dans toute l’Europe, notamment en
Hollande et en France, puis en Angleterre. Des hommes
comme Coménius, Roberd Fludd ou Thomas Vaughan ont été
les propagateurs de cette nouvelle philosophie occulte.
La philosophie rosicrucienne va se répandre dans toute
l’Europe et atteindre son apogée au XIXe siècle, en
Europe, mais aussi dans le Nouveau Monde.
IV.
Naissance de la Franc-Maçonnerie
La Franc-Maçonnerie
moderne est apparue en 1717 à Londres. Ce sont deux
pasteurs qui sont à l’origine de cette nouvelle société
ésotérique. Les pasteurs Jean-Théophile Désaguliers
(1683-1744) et James Anderson (1684-1739) sont les
fondateurs de ce nouvel ordre ésotérique. Ils ne sont
pas rosicruciens, mais ils «empruntent» à leur profit
les traditions rosicruciennes et mystiques, de même que
la doctrine déiste des philosophes des Lumières. Dans
cette lignée idéologique, la Franc-Maçonnerie croit
au «Grand Architecte de l’Univers» (Sauf le Grand
Orient de France) et propose une philosophie humaniste
en vue du perfectionnement de l’Homme. Il existe
plusieurs types de maçonnerie qui va du
symbolique (Grand Loge d’Angleterre) à l’occulte
(Ordre de Memphis-Misraïm).
La Franc-Maçonnerie
et la Rose-Croix sont deux courants indépendants l’un
de l’autre. Ce qui n’empêche pas qu’un maçon
peut devenir, à titre individuel, rosicrucien ou
vice-versa. D’où une certaine confusion pour les
non-initiés.
V. Naissance des Ordres
rosicruciens «modernes» (XIXème, début XXème siècle)
Des groupements très
puissants et organisés vont voir le jour et exercer une
influence durable dans les milieux rosicruciens. La Golden
Dawn et l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix
furent les premiers ordres à se manifester au grand
public. Par la suite, dans les années 1913-1918,
plusieurs ordres rosicruciens vont voir le jour, deux
aux Etats-Unis, l’AMORC (Anticus Mysticusque
Ordo Rosae Crucis), puis l’Association
Rosicrucienne Max Heindel (qui est une cosmogonie théosophique),
et deux en Europe, l’Anthroposophie de Rudolf
Steiner (qui est une espèce de christianisme
occulte) et enfin le Lectorium Rosicrucianum (qui
est un «christianisme ésotérique»).
Association
rosicrucienne Max Heindel
(Paris, Perpignan, Ardèche, Belgique, Suisse, Canada).
Il s’agit d’une théosophie cosmogonique dérivée
de la théosophie de Mme Helena Petrovna Blavatsky
(1831-1891). La doctrine est très compliquée: elle
suppose que l’homme était à l’origine matière.
Puis, il deviendra végétal, puis animal et enfin
humain! Le but final de son évolution serait de devenir
divin, c’est-à-dire créateur. Tout cela
suppose une série quasi infinie de réincarnations…
La doctrine ésotérique de Max Heindel est très proche
de celle de Mme Helena Blavatsky, la fondatrice de la Théosophie
moderne.
La Rose-Croix
AMORC. Fondée en 1919. Le
fondateur Harvey Spencer Lewis (1883-1939) aurait subi
une»imposante initiation rituelle» à Louxor. Il était
passionné d’égyptologie et d’occultisme. Il reçut
des»mandats», autrement dit des «charges» , à
Toulouse notamment. En plus, il aurait reçu des
manuscrits secrets des premiers rosicruciens américains
(qui dataient de 1694…). Ainsi, il aurait reçu les»transmissions»
ou pouvoirs pour exercer son mandat de maître ou
d’Imperator.
La Rose-Croix AMORC
est un système plus complexe. Le fondement de la
doctrine est la philosophie grecque (élémentaux: eau,
air, feu et terre), la religion égyptienne (religion à
mystère), théosophie (déformation de l’hindouisme).
Dieu est
impersonnel. Il est le Dieu de leur cœur, le Cosmique.
Christ serait un avatar et serait mort de vieillesse au
Mont Carmel. Jésus aurait professé des doctrines secrètes.
La cosmogonie AMORC
croit à l’éternité de la matière. La matière
est esprit (divine), énergie (dieu énergie) et vibration
(qualité de spiritualité). Le Noûs (mot grec
signifiant intelligence, pensée, entendement) serait
une force créatrice universelle (enseignée au 4e
degré).
La Rose-Croix AMORC
enseigne l’évolution de la matière. De la
matière inerte à l’esprit divin. Moteur de cette
doctrine de l’évolution de la matière: la doctrine
de la réincarnation. Selon la Rose-Croix AMORC,
tout évolue vers le divin.
L’occultisme et
le spiritisme sont les moteurs de la philosophie AMORC:
les maîtres invisibles ou «maîtres cosmiques». A
partir du dixième degré, l’AMORC dévoile sa
doctrine: elle est spirite. Les adeptes sont en
contact avec les maîtres invisibles. Un dialogue
s’établirait entre l’initié et les Maîtres.
L’homme deviendrait peu à peu une espèce de surhomme
capable de comprendre les mystères de l’univers.
Le développement
des centres psychiques (chakras) déclencherait
un processus d’illumination intérieur. En effet, les
glandes (pinéales, thyroïdes, surrénales,
pituitaires, etc.), excitées psychiquement, agiraient
au niveau de l’âme et, par là, l’homme serait
appelé à connaître et à vivre le chemin de l’évolution
psychique et spirituelle. A la fin, l’homme serait
parfait, c’est-à-dire»membre du conclave
invisible»
La projection
psychique, la vision de l’aura, le fait de se rendre
invisible, le channeling (contacts avec les «guides
spirituels»), etc., sont les exercices proposés aux
adeptes de l’AMORC.
L’anthroposophie
de Rudolf Steiner. A
l’origine, Rudolf Steiner était théosophe. Il fut
profondément marqué par Goethe. Steiner se sépara de
la théosophie en 1913 afin de fonder son propre
mouvement, l’Anthroposophie. Selon Steiner, l’Anthroposophie
serait un christianisme ésotérique !
Autrement dit, un mélange de catholicisme et
d’occultisme. En fait, il a essayé de concilier la théosophie,
le rosicrucianisme et le catholicisme. Car
l’anthroposophie, ce ne sont pas seulement les
produits Weleda ou les Ecoles Steiner, c’est tout un
corps de doctrine ésotérique et occulte. C’est une
école théosophico-rosicrucienne. La base, ou plutôt
le moyen, c’est l’initiation. C’est une
progression d’états d’âme. Il y a deux types
d’initiation: «chrétienne» et rosicrucienne.
L’initiation «chrétienne»
se composerait de sept degrés: Lavement des
pieds; flagellation, couronnement avec les épines;
crucifixion; mort mystique (ou descente aux enfers);
mise au tombeau et résurrection; et enfin
l’ascension. Ces initiations se font en loge, et ne
sont pas accessibles au public.
L’initiation
rosicrucienne – qui comprend aussi sept degrés
- serait de loin la meilleure. Elle comporterait:
L’étude mes mondes supérieurs, c’est-à-dire la
connaissance imaginative (travailler sur le sang afin de
voir son évolution…); l’écriture occulte
(connaissance inspirée), former des images de type
cosmique; la préparation de la pierre philosophale
(exercices respiratoires); la correspondance entre
microcosme et macrocosme (connaître son petit corps par
rapport au grand…); la progression vers le macrocosme
(marche vers l’Absolu, vers la Matière…); et enfin,
la Béatitude divine (ou fusion de l’âme avec
l’univers). Comme pour la»voie chrétienne»,
l’initiation anthroposophique se fait en loge.
Le Lectorium
Rosicrucianum
Le Lectorium
Rosicrucianum, appelée aussi Ecole spirituelle de la
Rose-Croix d’Or, a été fondée en 1924 à Haarlem
(Hollande) par deux frères Z.W. Leene (1892-1938) et J.
Leene (1896-1968), plus connu sous son nom d’auteur de
Jan van Rijckenborgh. Ils étaient membres de
l’Association Rosicrucienne de Max Heindel. Très
rapidement, ils occupèrent des postes à responsabilité
et en 1929, ils dirigèrent l’ordre en Hollande. En
1930, ils rencontrèrent Mme H. Stok-Huizer (1902-1990),
connue sous le nom de Catharose de Petri. Suite
à un»pèlerinage spirituel, ils décidèrent de se séparer
de l’Association Max Heindel et créèrent la
Rose-Croix d’Or.
Le Lectorium
Rosicrucianum, appelé aussi Rose-Croix d’Or, se présente
au monde comme une Ecole Spirituelle Gnostique.
L’enseignement du
Lectorium Rosicrucianum est très compliqué. C’est un
mélange de gnosticisme, d’essénisme, de catharisme,
de manichéisme, cultes à mystères (Egypte antique),
et même d’hindouisme (réincarnation). Le thème
principal est la Gnose, une connaissance basée sur
l’illumination de la transfiguration.
1. L’homme.
Il est micro cosmos. C’est un homme perdu, car séparé
du monde original. Il erre sur cette terre à la
recherche de la perfection. Il posséderait à l’état
latent toutes les possibilités «spirituelles»,
c’est-à-dire pour réintégrer le»paradis
perdu». Il aurait le «présouvenir» de son état de
perfection d’avant la chute.
2. Les deux
ordres de la Nature. L’univers
cosmique serait divisé en deux ordres de la Nature: La Nature
dialectique qui serait notre monde actuel, celui de
la vie et de la mort. Ce monde est dialectique car tout
s’oppose: bien-mal, plaisir-souffrance, vie-mort,
amour-haine, etc. Il y aurait aussi le Royaume
originel, qui n’est pas de ce monde qui serait la
patrie de l’homme véritable.
3. Le processus
de renaissance et transfiguration.
Le point de départ serait l’éveil de l’«atome-étincelle
d’esprit», une espèce d’infrarouge métaphysique,
qui produirait en l’homme dialectique un revirement
fondamental (qui serait la mort à la Nature
dialectique) et aussi une transfiguration – qui serait
une «résurrection de l’Esprit universel en lui». En
d’autres termes, l’homme pécheur (dialectique)
aurait en lui un atome de perfection originelle, Dès
que cet atome serait touché par le «Champ de Force et
de Lumière» - qui provient de l’Originel (Divin),
l’homme réintègre la Patrie perdue, c’est-à-dire
le Paradis originel et aurait une communion parfaite
avec la Sagesse Gnostique (le «dieu» de la Rose-Croix
d’Or).
Le
Martinisme
C’est le troisième
courant ésotérique (après la Rose-Croix et la
Franc-Maçonnerie), fondée par Martinez de Pasqualis
(1727-1774). La doctrine martiniste fut développée par
Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), appelé aussi
«Supérieur inconnu». Mais, ce fut le Dr Gérard
Encausse , dit «Papus» (1865-1916) qui créa le
premier ordre martiniste.
Les
enseignements du Martinisme sont du type
gnostico-mystique. Sa doctrine peut se résumer en trois
points:
-
L’homme primordial était en relation avec
son créateur.
-
La
faute d’Adam a fait perdre à l’homme tous ses
privilèges.
-
L’homme
peut réintégrer le monde divin et son Créateur,
ceci par le moyen d’exercices occultes et
mystiques (théurgie).
De nos jours,
les ordres martinistes sont peu nombreux, mais très
actifs. Parmi les plus connus, citions l’Ordre
Martiniste dit «de Papus», l’Ordre Martiniste
Traditionnel (OMT), qui est une filiale de l’AMORC et
l’Ordre martiniste des Elus Cohen. Tous ces ordres
sont occultes et pratiquent la magie blanche.
L’ésotérisme
est de nos jours très vivace. Il y a des centaines de
sociétés ésotériques et occultes. Des villes comme
Paris, Toulouse ou Montréal peuvent être considérées
comme des forteresses de l’ésotérisme. Le Nouvel Age
est aussi un véritable réservoir pour l’ésotérisme
moderne.
La Rose-Croix
se caractérise par l’extrême variété de ses
enseignements. D’ailleurs, tous les mouvements
rosicruciens cités dans notre étude sont antagonistes
et n’ont aucune relation.
Les doctrines
rosicruciennes sont à l’opposé du véritable
christianisme:
|
Rose-Croix
|
Christianisme
|
|
Dieu
impersonnel
|
Dieu
personnel
|
|
Christ
initié
|
Christ
sauveur et seigneur
|
|
Energie
vibratoire
|
Saint-Esprit
|
|
Survie par
la gnose
|
Salut par
la grâce et par la foi
|
|
Réincarnation
|
Résurrection
|
|
Evolution
|
Création
|
Finalement,
pour nous chrétiens, la rose est de trop ! Seules
la Croix et la Résurrection sont pour nous le centre de
toute vie chrétienne. Le message de Pâques est le
message de la vie éternelle. C’est la victoire totale
sur la mort et le péché. Le ciel et la terre
passeront, la rose aussi, mais le Christ crucifié,
ressuscité et glorifié sera pour toujours et pour l’éternité
le Dieu Sauveur et Seigneur.
«Heureux dès
à présent les morts qui meurent dans le Seigneur !
Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs
travaux, car leurs œuvres les suivent» (Apocalypse 14:
13).
Paul
Ranc
Spécialiste
des sectes
|
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