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Les Adventistes du
septième jour
ont-ils raison?
Il faut faire une différence entre
les sectes et les mouvements sectaires. Il arrive que
des mouvements peuvent avoir une doctrine orthodoxe tout
en ayant un comportement sectaire (de secare
coupé de). Ces mouvements s'isolent et prônent des
points secondaires comme étant primordiaux. Toutefois
il est parfois difficile de cataloguer un mouvement
comme celui-ci car certains font parti de la famille évangélique
tandis que d'autres conservent un comportement extrémiste.
C'est du cas par cas.
Il arrive fréquemment qu'un
mouvement religieux marque à ses débuts des progrès
très rapides. Puis, peu à peu, l'enthousiasme baisse,
le mouvement s'assagit, se stabilise et perd son caractère
expansif.
Ce n'est en aucune manière ce schéma
que nous trouvons dans l'histoire de l'Église
adventiste du septième jour. Née il y a plus d'un siècle,
dans des circonstances modestes et difficiles, privée
depuis longtemps de celle qui fut au commencement son
inspiratrice, cette église atteste une vitalité non
diminuée, puisque dans les années 1948 à 1958 elle a
vu doubler le nombre de ses membres qui approche
aujourd'hui de 2 millions. Sa littérature, bien imprimée,
bien présentée, et souvent d'une valeur documentaire
incontestable, s'accroît de jour en jour. Son activité
sur le champ missionnaire prend des proportions inquiétantes
pour les missions voisines. Ses émissions
radiophoniques, ses cours par correspondance, ses hôpitaux
et ses maisons de santé constituent des instruments de
propagande efficaces. De plus, après avoir initialement
manifesté une étroitesse exclusive, les Adventistes
aujourd'hui tendent la main aux autres églises, et les
éléments considérables de vérité qu'ils ont retenus
dans leur doctrine les rendent recommandables à
plusieurs.
Bref, il est important qu'à l'heure
actuelle les croyants sachent ce qu'il en est de ce
mouvement. C'est à cette information que les lignes qui
suivent sont destinées.
C'est par étapes que l'Église
adventiste a pris la forme qu'elle a de nos jours. A
l'origine, nous trouvons un baptiste américain, William
Miller (1782-1849) qui, en étudiant la prophétie,
parvint à la conclusion que le Christ reviendrait en
1843 ou auparavant. Il se basait sur Daniel 8.
14. A la question : « jusqu’à quand le
sanctuaire et l'armée seront-ils foulés ? » l'ange répond
: « Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le
sanctuaire sera purifié ». Miller supposait que la
purification du sanctuaire mentionnée dans ce passage
était le rétablissement de l'ordre sur terre par le
retour du Seigneur ; que les 2300 soirs et matins
représentaient 2300 ans ; que cette période
commençait en même temps que les 70 semaines de
Daniel 9. 24, 25, c. à. d. en 457 avant
notre ère, année du décret par lequel Artaxerxès
autorisait la reconstruction de Jérusalem, ce qui
aboutissait à 1843 (457+1843 =2300).
Il en était arrivé à cette
conviction dés 1822, mais ne se mit à la
proclamer ouvertement qu'à partir de 1831, par
la parole et par la plume. D'abord, il n'eut que peu de
succès, mais au fur et à mesure que l'échéance
approchait, ses partisans devinrent plus nombreux. Des
églises appartenant à diverses « dénominations »
ouvraient leurs portes à ce message. Des foules se
pressaient aux conférences organisées par Miller et
ses collaborateurs dans de grandes salles et sous des
tentes. Des conversions remarquables se produisaient.
Bien entendu, l'opposition ne manquait pas non plus (1a);
et certains adeptes, flétris du nom d'Adventistes à
cause de leur insistance sur l'avènement de
jésus, furent chassés de leurs églises respectives.
(1a)
Entre autres celle du célèbre revivaliste C. G. Finney
qui' invita Miller dans sa chambre et chercha en vain à
le convaincre de son erreur. Memoirs of C. G. Finney,
chap. 27, pp. 370, 371, All Nations Missionary Union,
Londres, sans date. L'édition abrégée en français
(Genève 1895) omet cet épisode.)
Sur ces entrefaites, Miller réexamina
ses chiffres et précisa que le dénouement aurait lieu
dans le cours de l'année juive selon le calendrier
biblique, c.-à-d. entre le printemps 1843 et le
printemps 1844 (1b).
Puis un certain Samuel Snow (1806-1870), lança
l'idée que les 2300 soirs et matins devaient se
terminer en automne, au jour des Expiations. Ainsi le
sanctuaire de Daniel 8.14 serait purifié le jour même
où les Israélites célébreraient la fête de
purification prévue par Lévitique 16, c.-à-d.
le 22 octobre 1844. Ce jour-là, tous les
Adventistes étaient persuadés qu'ils seraient emportés
à la rencontre du Seigneur, et leur déception fut
immense, lorsque les 12 coups de minuit sonnèrent sans
que rien se soit produit.
(1b)
Le premier mois de l'année juive d'après l'Exode et le
Lévitique est le mois de la Pâque, au printemps (Exode
12. 1 ; Lév. 23. 5). A l'heure actuelle, les Israélites
suivent un calendrier différent, et leur Nouvel An
tombe en automne.
Miller confessa très humblement
qu'il avait fait de faux calculs, et qu'il convenait
d'attendre le retour du Christ sans fixer de dates. Ceux
de ses adhérents qui, de gré ou de force, avaient
quitté leurs églises respectives, formèrent le
groupement peu nombreux et très paisible des Adventistes
Évangéliques. Ils ne se distinguent
d'autres protestants fidèles que par une insistance spéciale
sur la prophétie. Ils ont quelques milliers d'adeptes
aux États-Unis et n'ont guère essaimé au dehors.
Une dissidence qui devait avoir un
rayonnement un peu plus considérable se sépara d'eux
en 1856. Ce sont les Adventistes Chrétiens. Ils
croient au sommeil des morts et à ce qu'on appelle
l'immortalité conditionnelle. Ces doctrines avaient été
introduites dans certains cercles adventistes par un
nommé Georges Storrs (1796-1879), au grand déplaisir
de Miller qui croyait au châtiment éternel des réprouvés.
Cependant, les Adventistes Chrétiens ne constituent pas
non plus un mouvement bien conquérant et ne sont guère
connus en dehors des État-Unis.
Tout semblait donc devoir rentrer
dans l'ordre, après la grande exaltation des années 1840
à 1844. Or, au contraire, tout allait rebondir.
Le 23 octobre au matin, l'un des
protagonistes de l'Adventisme, Hiram Edson eut une
vision : « Je vis distinctement, écrit-il, ... que
notre Grand-Prêtre, bien loin de sortir du lieu très
saint du sanctuaire céleste pour venir sur cette
terre... à la fin des 2300 jours, est au contraire entré
pour la première fois, à cette date, dans cette
seconde partie du sanctuaire ; et qu'il avait à y
accomplir une oeuvre avant de revenir sur cette
terre » (2). On comprend
que certains Adventistes aient saisi avidement cette
explication qui leur permettait de maintenir
l'exactitude de leurs calculs, tout en donnant un motif
plausible au fait que leur espérance avait été déçue.
(2)
Hiram Edson. Manuscrit où il parle de sa vie et des expériences,
cité d'après F. D. Nichol, The Midnight Cry, p. 458
par A. W. Spalding, Captains of the Host, Washington
1949, chap. 6. p. 94.
D'autre part, au début de 1844, quelques
Adventistes étaient entrés en contact avec une dame
Rachel Oakes (1809-1868) qui appartenait au petit
groupement des Baptistes du septième jour, observateurs
du sabbat (3). A leur suite,
quelques-uns crurent devoir se reposer le samedi, entre
autres le capitaine joseph Bates (1792-1872) qui
se fit le champion de cette pratique auprès de ses frères.
(3)
Ce groupement remontait au 17e siècle. II serait trop
long et d'ailleurs superflu de retracer son histoire.
Enfin, en décembre 1844, une
jeune fille de 17 ans, Ellen Harmon (1827-1915) eut
sa première vision. Elle y voyait les souffrances que
les Adventistes devraient endurer sur le chemin de la
Cité céleste. Déjà auparavant, des phénomènes de
ce genre s'étaient produits, non sans provoquer l'inquiétude
des chefs, en particulier de Miller. Mais d'autres
adeptes du mouvement virent là le renouvellement des
dons de l'Esprit et pensèrent qu'Ellen Harmon était
une prophétesse envoyée de Dieu. Elle épousa en 1846
James White qui pendant des mois avait été le
collaborateur de Miller. Elle vit son ascendant grandir
de plus en plus. Elle adopta et fit adopter les idées
d'Edson sur la purification du sanctuaire, celles de
Bates sur le sabbat, celles de Storrs sur le sommeil des
morts et l'anéantissement des impénitents. Ainsi tous
les traits distinctifs de l'Adventisme du septième jour
étaient réunis.
Mais les adhérents étaient au début
très peu nombreux. Ils constituaient une minorité
parmi ceux qui avaient suivi Miller. Ils ne songeaient
guère à s'organiser, persuadés que le dénouement
final ne saurait tarder. Ce n'est que dans les années 1861
à 1863 que d'abord leur société d'édition,
puis leur Conférence Générale reçurent leurs statuts
officiels. C'est aussi à ce moment qu'ils adoptèrent
le nom d'Adventistes du Septième jour. Parfois,
on les appelle aussi Sabbatistes à cause de leur
insistance sur le sabbat.
En Europe, les débuts du mouvement
furent très modestes. Un prêtre polonais qui avait émigré
en Amérique et s'était converti au protestantisme
d'abord, puis à l'adventisme, M. R. Czechowski (mort en
1876) retourna en Europe, sans d'ailleurs être
mandaté par la Conférence Générale, et gagna
quelques adeptes à Fleurier, La Chaux-de-Fonds et
Tramelan en Suisse. C'est dans ce dernier village que la
première église adventiste fut organisée en 1867. Dans
la suite, les Adventistes américains déléguèrent un
de leurs chefs, J. N. Andrews (1829-1883) en
Europe. Il établit un centre à Bâle, pour atteindre
la Suisse, la France et l'Allemagne et fonda en 1876 le
journal Les Signes des Temps.
Quant à l'oeuvre missionnaire en
pays païen, elle fut inaugurée en 1894 seulement,
par un travail en Afrique du Sud.
Pour connaître la doctrine des
Adventistes, nous nous baserons principalement sur leur
Confession de Foi et sur les ouvrages d'Ellen White, en
particulier sur le plus significatif, intitulé La
Grande Controverse entre Christ et Satan ou La Tragédie
des Siècles (4). Nous
nous baserons occasionnellement sur des livres plus récents
qui nous orientent sur les derniers développements. La
plupart des textes importants ont été traduits en français,
et quelques-uns, très concluants, ont même été rédigés
dans notre langue (5).
(4)
Maison d'édition Dammarie-les-Lys, 1926 et 1950. 757
pages. D'autres ouvrages j signaler du même auteur :
Patriarches et Prophètes, Dammarie 1948, 796 p Jésus-Christ
ou l'Attente de l'Humanité, Dammarie 1948, 478 p. Les
Paraboles, Gland, 447 p., s. d. Le Ministère Évangélique,
Dammarie 1951, 520 p. Témoignages pour l'Église, 3
vol., Dammarie 1953 3 1956, 711, 670 et 672 p. Éducation,
Dammarie 1954, 320 p. Rayons de santé, Dammarie 1928,
421 p.
(5)
Citons le Manuel d'Église, Dammarie 1935. A. Vaucher,
Histoire du Salut, Dammarie 1930. Robert Gerber, Le
Mouvement Adventiste, Dammarie 1950. Paul Nouan,
Adventisme, Origines, Raison d'être, Doctrine, 2e éd.
Dammarie 1977. Nous citerons plusieurs fois un ouvrage
en anglais : Seventh Day Adventists answer Questions on
Doctrine, Washington 1957, 720 p. Mentionnons les périodiques
Signes des Temps et Vit et Santé.
En exposant les doctrines des
Adventistes, nous ne nous arrêterons guère à celles,
assez nombreuses, qu'ils ont en commun avec tout le
protestantisme évangélique, excepté lorsqu'il
convient de dissiper certains malentendus ou des
accusations que parfois l'on porte contre eux et qui
tombent à faux.
a) C'est ainsi que sur la révélation,
ils sont résolument attachés à la Bible comme
source de notre connaissance de Dieu. Voici l'article No
1 de leur Confession de Foi: .« Les Saintes Écritures
(Ancien et Nouveau Testaments réunis) sont inspirés de
Dieu. Elles renferment toute la Révélation de sa
volonté et constituent une règle de foi et de conduite
suffisante et infaillible.»
Cependant, on reproche souvent aux
Adventistes de mettre les écrits d'Ellen White sur le même
plan que la Bible. Nous avons vu qu'ils la considèrent
comme une prophétesse, animée de l'Esprit et dont les
messages venaient de Dieu. Ils voient dans son ministère
la réalisation des promesses de l'Apocalypse relatives
au témoignage de jésus qui est l'esprit de la prophétie
(6). Elle-même ne
revendiquait pas le don prophétique, sans d'ailleurs
refuser qu'on le lui attribue, mais se présentait comme
la messagère du Seigneur (7).
Dans les recueils de Témoignages pour l'Église, où
sont consignés les conseils qu'elle donnait aux fidèles,
nous trouvons fréquemment des phrases comme « il m'a
été montré, il m'a été révélé, il m'a été donné
des lumières spéciales, le Seigneur m'a ordonné de
dire » ou d'autres semblables. Nous lisons dans
l'introduction à la Tragédie des Siècles « Grâce
à l'illumination du Saint-Esprit, les scènes du
conflit séculaire entre le bien et le mal ont été présentées
à l'auteur de ces lignes (8).»
De plus, parmi les questions posées à ceux qui
demandent le baptême, la 18e a la teneur suivante: «croyez-vous
à la doctrine biblique des «dons spirituels» accordés
à l'Église, et acceptez-vous l'esprit de prophétie
tel qu'il s'est manifesté au sein de l'église finale
par le ministère et les écrits de Madame White? (9)»
(6) Apo. 12.17 ; 19.
10. Gerber, Le Mouvement Adventiste, p. 54.
(7) Review &
Herald, 26 juillet 1906, cité dans Questions on
Doctrine, question 9, p. 92.
(8)
E. G. White, La Tragédie
de Siècles, p. 12.
(9)
Manuel d'Église,
2e section, p. 80. Ce questionnaire cependant n'a
nullement pour but de constituer un credo (id. p. 78).
La Confession de Foi est moins explicite : « Dieu a réparti
dans son Église des dons spirituels qui opèrent en
harmonie avec les principes de sa Parole en vue du
perfectionnement des saints et de l'édification du
corps de Christ. (Art. 19).
Malgré le malaise que nous cause
cette vénération pour une parole humaine, nous ne
devons pas oublier que les Adventistes subordonnent
nettement à la Bible les déclarations d'Ellen White.
Elles sont considérées comme faisant partie de ces
prophéties qu'il ne faut pas mépriser, mais dans
lesquelles il faut examiner toutes choses et retenir ce
qui est bon (10). Ellen
White elle-même est formelle: «
L'Esprit n'est pas donné, et ne le sera jamais, pour
remplacer les Écritures. Celles-ci déclarent
positivement que c'est la Parole de Dieu qui est la
pierre de touche de tout enseignement et de toute vie
morale (11). »
(10)
1 Thess. 5.20-22. R. E. Froom. Thé Prophetic Faith of
our Fathers, Washington 1954, Tome IV, chap. 45, p. 970.
(11)
E. G. White, La Tragédie des Siècles, p. 11.
La Conférence a pris une décision aux termes de
laquelle il est possible d'être membre de l'église
adventiste sans ajouter foi aux visions d'Ellen White (12),
de plus, en général, les "révélations" de
la prophétesse portent sur des questions
d'organisation, de vente ou d'achat à faire,
d'emplacements à choisir, de mesures opportunes à
prendre. Pour la doctrine, sauf exceptions, Ellen White
ne fait guère état de ses visions, mais entend
s'appuyer sur l'Écriture seule, parfois, disons-le, en
l'interprétant mal. Mais l'intention de rester
scripturaire n'en est pas moins réelle (13).
(12)
E. G. White, Témoignage Tome II, p. 104. Cf. Questions
on Doctrine, question 9, pp. 96-98.
(13)
Évidemment, nous ne pouvons pas suivre les Adventistes
lorsqu'ils déclarent que les révélations dont Ellen
White se croyait l'objet constituent la réalisation des
promesses de l'Apocalypse (12. 17 ; 19. 10). Le témoignage
de Jésus appartient à tous les rachetés de tous les
temps, car tous ont rendu témoignage à leur Sauveur.
Le texte Apo. 19.10 est particulièrement clair à ce
sujet, car il vise en première ligne les contemporains
de l'apôtre Jean « Je suis, dit l'ange, ton compagnon
de service, et celui de tes frères qui ont (le verbe
est au présent) le témoignage de Jésus».
b) En ce qui concerne la doctrine de Dieu,
la Confession de Foi des Adventistes suffit à nous
rassurer. Elle affirme la Trinité, la préexistence éternelle,
la divinité et l'humanité du Fils, l'action du
Saint-Esprit (14). Il faut
déplorer qu'Ellen White ait admis que Jésus aurait pu
succomber à la tentation (15).
Mais cela ne doit pas nous faire oublier qu'aux yeux des
Adventistes, « la nature humaine
de Jésus était parfaitement exempte de péché »
(16). D'ailleurs, en général,
on ne leur cherche pas trop chicane sur ce point, au
moins dans nos pays.
(14)
Articles 2 et 3.
(15)
«Certains prétendent que le Christ ne pouvait être
vaincu par la tentation. Mais il n'aurait pu alors
occuper la position d'Adam et remporter la victoire où
Adam était tombé... Notre Sauveur a revêtu notre
humanité avec tous ses dangers ; Il a encouru la
possibilité de céder à la tentation» .
(E. G. White, Jésus-Christ ou l'Attente de l'Humanité,
p. 54).
(16) The SDA Bible
Commentary, vol. 5, p. 1131, cité dans Questions on
Doctrine, question 6, p. 61. Cette affirmation est
destinée à dissiper une équivoque. Certains auteurs
adventistes, en parlant de la manière dont Jésus a
pris sur lui notre péché, ont usé d'expressions qui
laissaient entendre qu'à leurs yeux le Fils avait revêtu
une nature humaine pécheresse : "Comme tout enfant
d'Adam, écrit p. ex. Ellen White, il a accepté les résultats
de la grande loi de L'hérédité... C'est avec une
telle hérédité qu'il vint partager nos douleurs et
nos tentations et nous donner l'exemple d'une vie
exempte de péché." (E. G. White, Jésus-Christ
ou l'Attente de l'Humanité p. 19.) De telles assertions
sont évidemment hérétiques ; cependant la dernière
clause nous permet d'espérer que l'hérésie se trouve
dans les mots plus que dans la pensée.
c) En revanche, on leur adresse
souvent des reproches à propos de leur doctrine
de la justification, et là certaines précisions
s'imposent.
Bien sûr, ils ont une conception
erronée de l'attitude qui convient au chrétien en face
de la loi et ce légalisme compromet la notion du salut
par la grâce. Nous y reviendrons. Mais nous ne
voudrions pas les accuser tous de prêcher carrément le
salut par les œuvres. Quelques citations sont à
retenir:
« La loi des
dix commandements ne peut sauver le pécheur de sa
transgression, ni le préserver d'y retomber : elle se
borne à lui signaler le péché et son salaire...
L'homme est justifié, non par l'obéissance à la loi,
mais par la grâce qui est en Jésus-Christ. En
acceptant le Sauveur, il est réconcilié avec Dieu,
purifié par son sang de ses péchés passés, et sauvé
de la puissance du péché par la vie du Sauveur (17) .
»
(17)
Confession de foi, Art. 8.
« Le salut est
le don gratuit de Dieu, qui s'obtient par la foi...
Celui qui vit le plus près de Jésus perçoit le plus
clairement la fragilité et la nature pécheresse de
l'humanité. Sa seule espérance est dans les mérites
d'un Sauveur crucifié et ressuscité (18). »
(18)
E. G. White, Vers Jésus, Dammarie 1931, p. 63. id. La
Tragédie des Siècles, chap. 27, p. 512.
On demande à ceux qui veulent se
faire baptiser, s'ils ont accepté Jésus comme leur
Sauveur personnel, s'ils ont reçu le salut qu'il offre
par grâce, et s'ils ont l'assurance du pardon de leurs
péchés (19).
(19)
Questions à poser aux candidats au baptême, questions
3 et 7, dans Manuel d'Église, pp. 78, 79.
Ainsi donc, contrairement à ce que
l'on pense parfois, « quelqu'un qui accepte les
enseignements de l'Église, Adventiste du Septième jour
peut savoir assurément qu'il est né de nouveau, et
qu'il est pleinement accepté par le Seigneur. Il a dans
son coeur l'assurance de son salut présent » (20).
(20)
Questions on Doctrine, question 11, p. 105.
Saluons aussi au passage l'excellente
déclaration que voici au sujet de la régénération :
« Tout être humain désirant le salut doit passer par
la nouvelle naissance qui comporte une transformation
morale complète, transformation rendue possible grâce
à la puissance créatrice de Dieu, par le moyen de la
foi en jésus Christ (21). »
(21)
Confession de foi, Art. 4.
La réserve qu'on peut faire, c'est
que les Adventistes pensent qu'un chrétien régénéré
peut déchoir de la grâce et finir par être perdu. Ils
pensent que lors du jugement « la
vie de tous ceux qui ont cru en Jésus est examinée
devant Dieu... quand un dossier indique des péchés
non-confessés et non-pardonnés, le nom est radié du
livre de vie (22).» Mais
plusieurs chrétiens évangéliques, comme les Méthodistes
et les Salutistes, ont un point de vue analogue, et il
n'y a pas de raison d'en faire grief aux uns plus qu'aux
autres (23).
(22)
E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 28, p.
523. cf. Questions on Doctrine, question 36 pp. 412-417.
Personnellement nous sommes persuadés que le croyant a
déjà la vie éternelle et ne peut donc pas la perdre
(Jean 6. 47 ; 10. 28.)
(23)
Nous avons cependant connu personnellement une dame qui,
au temps où elle était Adventiste, était constamment
hantée par la crainte de perdre son salut à la suite
de quelque offense.
d) Ceci dit, on ne peut, hélas, disculper les
Adventistes d'un regrettable légalisme qui leur fait méconnaître
un principe important de la nouvelle Alliance, celui de
la liberté chrétienne. Ils sont bien d'accord pour
admettre que la loi cérémonielle est abolie par le
sacrifice de Jésus-Christ, que certaines lois civiles
d'Israël n'étaient valables que pour ce peuple. Mais
ils considèrent que le chrétien reste assujetti à la
loi morale, en particulier aux dix commandements: «
La volonté de Dieu en ce qui concerne nos devoirs
envers lui et envers notre prochain est renfermée dans
la loi des 10 commandements... qui contient. les grands
préceptes moraux immuables auxquels doivent obéissance
tous les hommes de tous les temps (24).»
Ellen White affirme que «la
loi de Dieu est la règle par laquelle les caractères
et les vies seront éprouvés au jour du jugement (25).»
Elle déplore que dans d'autres groupements «
on nie l'autorité de la loi de Dieu » et qu'«
on se déclare dégagé de l'obligation d'observer
les commandements (26) », elle polémise
même contre la doctrine du salut par la foi seule : «
Ce qui a fait la fortune de la doctrine de la foi et de
la foi seule, c'est le désir d'une religion qui n'exige
ni luttes, ni renoncements (26). »
(24)
Confession de Foi, Art. 6.
(25)
E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 28, p.
523.
(26)
id. chap. 27, p. 513.
Un auteur qui a été président de
la Conférence Générale exprime à notre sens fort
bien la position adventiste : «
La mort du Sauveur n'a pas d'autre but que de rendre
possible au pécheur l'obéissance à la loi de Dieu, obéissance
qui lui était impossible sans elle (27). »
(27)
W. A. Spicer, Notre Époque et la Destinée du Monde,
Melun, s. d. p. 195.
Nous trouvons là une méconnaissance
complète de l'enseignement biblique sur la liberté chrétienne.
Rachetés par Jésus-Christ, nous ne sommes plus
serviteurs, mais fils, dégagés de la loi (28).
Bien sûr, comme fils, nous exécuterons la volonté
du Père encore plus scrupuleusement que des serviteurs
la volonté d'un Maître. Mais nous le ferons spontanément,
en nouveauté d'esprit, et non selon la lettre qui
vieillit (29), sans
nous conformer à une liste de devoirs. Guidés par
l'Esprit de Dieu, nous ne sommes plus sous la loi, (30).
Ceux qui veulent trouver, si peu que ce soit, un élément
de leur justification dans les œuvres sont « déchus
de la grâce » (31).
(28)
Galates 4. 7 ; Romains 7. 16.
(29)
Romains 7. 7.
(30) Galates 5. 18.
(31) Galates 5. 4.
Sans doute, nous avons toujours
besoin de la loi, pour contrôler nos impulsions, et
voir si vraiment elles viennent de l'Esprit. Mais il y a
loin de ce contrôle à l'obligation de suivre un code
extérieur.
On ne peut être à la foi sous la loi et sous la grâce.
La loi, 'y compris le Décalogue, a été le pédagogue
pour nous conduire au Christ ; mais la foi étant venue,
nous ne sommes plus sous ce pédagogue (32).
Notre affranchissement vis-à-vis du Décalogue
lui-même est souligné par les textes où Paul déclare
que nous sommes une lettre de Christ, écrite, non sur
des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur
les coeurs (33).
(32) Romains 6. 14 ;
Galates 3. 24, 25.
(33) 2 Corinthiens
3. 3 ; cf. Jérémie 31. 33.
Le légalisme adventiste se traduit
surtout dans trois domaines:
1. D'abord et surtout le sabbatisme: «
le 4e commandement de (la) loi immuable exige
l'observation du 7e jour de la semaine comme un jour de
repos (34).» Le nouveau converti promet de
« sanctifier le sabbat du coucher du soleil, le
vendredi, au coucher du soleil, le samedi (35).»
(34)
Confession de Foi, art. 7.
(35)
Questions à poses au candidat au baptême, dans Manuel
d'Église, p. 79, question 10.
Aux yeux des Adventistes, c'est la papauté, appuyée
par l'empereur Constantin, qui a changé les temps et la
loi, et transféré le repos du samedi au dimanche.
Aussi disent-ils que « le
changement du sabbat est pas autre chose que le signe ou
la marque de l'autorité de l'Église catholique, en
d'autres termes, la marque de la bête (36).»
(36)
E. G. White, La Tragédie des Siècles, chap. 25, p.
490.
Cela ne veut pas dire que les adventistes considèrent
tous les observateurs du dimanche comme perdus: «
Il y a, déclare Ellen White, actuellement de bons chrétiens
dans toutes les confessions, sans en excepter la
communion catholique romaine, qui croient honnêtement
que le dimanche est d'institution divine. Dieu agrée
leur sincérité et leur intégrité (37). » Ce
n'est que dans l'avenir, lors du dernier conflit, que le
sabbatisme est censé devenir la pierre de touche de la
fidélité, au point que tous les observateurs du
dimanche encourent la condamnation (37).
(37)
id. p. 491.
Pour répondre aux Adventistes sur
cette question, il s'agit de se placer sur le bon
terrain. Effectivement, ce n'est qu'à partir du 4° siècle
qu'on trouve des textes assimilant le dimanche au
sabbat. Aucun passage biblique ne parle d'un transfert
du jour de repos. Mais les documents établissent que dès
le IIe siècle, les chrétiens n'observaient plus le 7°
jour (38), et que dès les
temps apostoliques, ils célébraient entre eux leur
culte le premier jour de la semaine, en souvenir de la résurrection
de Jésus (39), sans pour
autant en faire un sabbat.
(38)
Ignace, Épître aux Magnésiens, 9. 1. Épître dite de
Barnabas, 15. 6-8. Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon,
chap. 10.
(39)
Actes 20. 7. Ajoutons, quoi qu'en pensent d'autres exégètes,
qu'à notre avis le «jour du Seigneur», litt. jour
dominical, désigne aussi le dimanche (Apo. 1 10). Ce
nom n'est jamais donné au sabbat juif. Pour désigner
l'avènement de Jésus, ce n'est jamais non plus
l'adjectif dominical qui est employé. A peine vingt ans
après la rédaction de l'Apocalypse, Ignace employait
le même adjectif lorsqu'il écrivait : « ne
sabattisant plus, mais vivant selon le "jour"
dominical, dans lequel aussi notre vie s'est relevée.»
(Ep. aux Magnésiens 9. 1). Voir aussi 1 Cor. 16. 1.
Certes, le chômage du dimanche est
une chose excellente pour participer au culte dominical,
il est bon que les chrétiens aient le loisir requis.
Mais cela se situe sur un tout autre plan que la
pratique du quatrième commandement.
Le véritable sabbat chrétien,
celui dont le chômage du 7e jour était l'ombre, c'est
le repos de la foi dans lequel nous entrons en Christ (40).
L'Israélite avait six jours pour faire son ouvrage et
devait se reposer le septième. Quand ce n'est plus moi
qui vis, mais Christ qui vit en moi, quoi que je fasse,
ce n'est plus moi qui le fais, c'est lui qui le fait en
moi. Et moi, je me repose, aussi bien le samedi, le
dimanche que tout le reste de la semaine.
(40)
Hébreux 4. 3, 9-11. Le présent «nous
entrons dans le repos» et
le, passé (d'après l'original) «
a trouvé le repos de ses œuvres »
indiquent bien que nous avons affaire à une réalité
présente, et non au repos de l'au-delà.
Dans ces conditions, il n'est plus
question de distinguer certains jours, mais il est
normal de les distinguer tous (41).
C'est retour aux rudiments « du monde d'observer les
jours (sabbat), les mois (nouvelles lunes), les
temps (fêtes annuelles) et les années (années
sabbatiques et jubilés) (42).
Nul ne doit nous juger « pour une question de fête
(annuelle), de nouvelle lune (mensuelle) ou de sabbat
(hebdomadaire) »; car ces solennités sont « l'ombre
des biens à venir »; la réalité, « le corps est en
Christ » (43).
(41)
Romains 14. 5. La traduction «les
estime tous égaux» est
approximative.
(42)
Galates 4. 9, 10.
(43)
Colossiens 2. 16, 17
2. Une autre manifestation de légalisme,
c'est l'obligation faite aux membres de l'Église
adventiste de verser la dîme de leurs revenus pour
l'oeuvre de Dieu. D'ailleurs ce principe fut adopté
assez tard, en 1879 (44).
Il figure dans la Confession de Foi : Les disciples
du Christ « se conforment, pour
le soutien de l'Évangile, au divin principe des dîmes
et des offrandes» (45). NDLR Nous
reconnaissons que ce principe est bon mais qu'il prend
une tournure nouvelle dans le Nouveau Testament. Dieu ne
veut plus simplement la dîme mais également tout notre
être, notre vie, nos pensées et notre amour.
(44)
A. W. Spalding, Captains of the Host, Washington 1949,
chap. 17, pp. 271, 272.
(45)
Art. 18. Cependant, dans l'application il y a plus de
souplesse qu'on ne pourrait le penser : .
l'Église, ne retranchera pas... un membre auquel les
circonstances ne permettraient pas de prendre part sua
diverses entreprises financières de la congrégation .
(Manuel d'Église, p. 101).
Ce que nous avons dit du sabbat peut
se transposer pour la dîme. Tous nos biens, d'après le
N.T., sont à Dieu, et nous en sommes les
administrateurs. Aussi les offrandes de la nouvelle
alliance sont-elles basées, non sur un certain
pourcentage mais sur le principe du don spontané joyeux
et volontaire (46). NDLR : Jésus lui-même félicite
les pharisiens de donner la dîme mais leur reproche
leur attitude, leur coeur dans cet acte d'obéissance.
(46)
Luc 16. 12 ; 2 Corinthiens 9:7. 7.
Ajoutons que la liberté dont nous
jouissons ne doit pas nuire à la libéralité. Si les
chrétiens considéraient spontanément la dîme comme
un minimum, certainement l'oeuvre du Seigneur prospérerait
davantage. Nous déplorons que chez les Adventistes il y
ait obligation à cet égard ; mais l'on ne peut nier
que cela vaut à leur église des ressources considérables
qui favorisent son expansion. L'on voudrait que les
croyants évangéliques aient assez de zèle pour
contribuer, plus qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent,
à la propagation de la vérité.
3, Les prescriptions alimentaires ne ressortissent
que partiellement du légalisme. L'un des fondateurs,
joseph Bates, avait renoncé par conviction au tabac
ainsi qu'aux boissons alcooliques, avant même de verser
dans les espérances adventistes. James et Ellen White
prirent position contre le tabac, le thé et le café en
1848. Et ce n'est qu'en 1863 que celle-ci eut la
vision d'un programme de réforme sanitaire qui fut
adopté dans la suite. Celui qui se fait baptiser doit
promettre de s'abstenir « des
boissons fermentées, du tabac sous toutes ses formes,
de la viande de porc et de toutes les viandes impures.»
(47)
(47) Questions d
poser au candidat au baptême, dans Manuel d'Église p.
80, question 16. La Confession de Foi (Art. 17)
mentionne l'abstention de bossons enivrantes, de tabac
et de narcotiques.
Notons que les Adventistes ne voient
pas dans la consommation de viande «
impure » une faute religieuse, car ils classent
les distinctions du Lévitique dans la loi cérémonielle
abolie à la croix. Mais ils estiment que ces
prescriptions «comme lois diététiques
ne peuvent être abolies» et qu'«elles
subsistent aussi longtemps qu'il y aura des hommes sur
la terre » (48).
(48)
Signes des Temps, juin 1949, p. 9 Article Viandes
Impures par J. B.
Le végétarisme total est préconisé, sans être
imposé. Toute viande est traitée par Ellen White
d'aliment malsain (49).
(49)
E. G. White, Témoignages pour l'Église, vol. 2, p.
293.
Les Adventistes croient à la
possibilité de la guérison miraculeuse en réponse
à la prière, mais ne considèrent pas que Dieu ait
promis la santé à ses enfants : «L'offrande
d'une telle prière est un acte solennel et ne devrait
être fait qu'après mûres réflexions. Dans bien des
cas..., ce qui est appelé foi n'est rien d'autre que de
la présomption... Ceux qui recherchent la guérison par
la prière ne devraient pas négliger d'employer les remèdes
naturels... à leur portée (50). »
(50)
E, G. White, Rayons de Santé, pp. 127, 128.
Ce qu'on appelle le ministère de la
guérison se concrétise avant tout dans l'entretien d'établissements
médicaux fort nombreux et bien installés, et dans la
publication de revues et d'ouvrages consacrés à l'hygiène
physique et morale. Ces dernières contiennent d'utiles
conseils, et tout ce qui touche aux doctrines particulières
des Adventistes n'y apparaît pas. C'est le cas du livre
Rayons de Santé d'Ellen White, du périodique Vie et
Santé et de certaines émissions radiophoniques.
D'ailleurs le but de la propagande n'est pas oublié :
« Lorsqu'il est bien compris, le travail sanitaire
semblable au coin du bûcheron qui fend le bois - est
une porte d'accès qui ouvre le coeur et le prépare à
recevoir d'autres vérités (51).»
(51)
E. G. White, Le Colporteur Évangéliste, Dammarie 1924,
p. 74.
Une fois de plus, nous constatons que
l'Adventisme impose des barrières à la liberté chrétienne.
Rien dans la Bible ne nous autorise à dire que les
viandes impures soient, en elles-mêmes, nuisibles à la
santé. Nous pouvons encore moins soutenir
scripturairement que le végétarisme soit plus hygiénique
que l'alimentation ordinaire. Il est abusif de déclarer
malsains des aliments que Dieu lui-même a donnés à
l'homme comme nourriture, et que jésus range dans les
bonnes choses qu'un père peut donner à son fils (52).
(52)
Genèse 9. 6. Luc 11. 11-13. Voir aussi Romains 14. 2,
3.
Quant à l'abstinence des boissons
alcooliques ou du tabac, c'est une question de
conscience personnelle. Dans 1 Corinthiens 8, 9, 10,
Paul maintient les droits de la liberté individuelle,
tout en prodiguant des conseils sur le bon usage qu'on
doit en faire. Nous déplorons que les Adventistes
recourent au contraire dans ce domaine à des
interdictions massives qui ne sont pas à leur place
sous la Nouvelle Alliance (53).
(53)
L'usage, la fabrication et la vente de boissons
alcooliques ou du tabac constituent l'une des quatre
raisons possibles d'exclure un membre de l'église
(Manuel d'Église, section 4, p. 103).
e) Nous en arrivons au point le plus
contestable de la doctrine des Adventistes : La
purification du sanctuaire. Ils ne croient pas,
comme on le pense parfois, que Jésus soit revenu en
1844. Ils refusent même de fixer n'importe quelle date
pour ce retour. Mais l'année 1844 marque à leurs yeux
un jalon indispensable dans l'histoire du salut : «
Les saintes Écritures ne renferment aucune période
prophétique aboutissant au second avènement du Christ.
La plus longue, celle des 2300 jours (Daniel 8:14) qui
s'est terminée en 1844, marque l'ouverture d'un événement
céleste, appelé la purification du sanctuaire (54).»
(54) Confessions de
Foi, Art. 13.
Selon les Adventistes, sous
l'Ancienne Alliance, pendant le cours de chaque année,
les fautes des Israélites étaient transférées par
l'offrande des victimes dans le lieu saint du
tabernacle qui, de ce fait, devait être purifié par la
fête annuelle des expiations. De même, d'après eux, «
dis-huit siècles durant, Jésus a exercé son ministère
dans la première place du sanctuaire... Les péchés de
ceux qui se repentent sont placés par la foi sur
le Sauveur, et littéralement dans le sanctuaire céleste...
Il faut (donc) que le sanctuaire céleste subisse une
purification réelle par l'éloignement ou l'effacement
des péchés qui y sont inscrits (55) », A
cet effet, « à la fin des
2300 jours... selon la prophétie de Daniel, notre
souverain Sacrificateur entra dans le lieu très saint,
où il s'acquitta de la dernière partie de sa mission
sacrée : la purification du sanctuaire (55) ».
(55) E. G. White, La
tragédie des Siècles, drap. 23, pp. 463, 464.
Qu'il y ait un sanctuaire céleste,
c'est ce qui ressort de multiples textes (56).
Que ce sanctuaire ait dû être purifié par le
sacrifice du Christ, c'est encore vrai (57).
Mais que cette purification ait commencé en 1844, c'est
ce qui ne peut être basé sur la Bible. Dans Hébreux
9. 24, 25, nous lisons que Jésus est monté dans le
ciel même, mais que ce n'est pas pour s'offrir
plusieurs fois qu'il y est entré, comme le souverain
sacrificateur entre chaque année dans le
sanctuaire. L'ascension du Fils est mise en parallèle,
non avec les . cérémonies du culte quotidien dans le
tabernacle Lévitique, mais avec la cérémonie annuelle
des expiations (58). Jésus
est donc entré dans le lieu très saint du sanctuaire céleste
dés le jour de l'Ascension (59).
(56) Exode 26. 30.
Apocalypse 11. 19 ; 14. 15-17. Hébreux 8. 2 ; 9. 11
etc.
(57) Hébreux 9. 23.
(58) Lévitique
16. 2, 29.
(59)
Notons en passant combien précaires sont les basa sur
lesquelles la Adventistes sont obligés de s'appuyer
pour arriver 3 cette date : a) Il faut partir de ce
principe qu'un jour prophétique équivaut à une année.
Cela peut être le cas de certaines prophéties, p. ex.
celle des 70 semaines de Daniel 9. Mais il ne s'ensuit
pas qu'on puisse régulièrement établir cette équivalence.
Dans certaines prophéties, elle est manifestement
inapplicable, en particulier pour celles qui concernent
la résurrection de Jésus (Luc 9.23. Voir aussi Genèse
15. 13, Jérémie 25. 11, 12).
b) - Il
faut décréter que les 2300 soirs et matins commencent
en même temps que les 70 semaines, ce qui est en
contradiction avec le conteste. Celui-ci nous permet
d'envisager comme point de départ ou bien le moment où
la vision est communiquée à Daniel, sous le règne de
Belschatsar, ce qui cadre mal avec les événements, ou
bien, mieux, le début des entreprises faites contre le
sacrifice perpétuel
Sans
doute, d'autres que les Adventistes, et avant eux,
avaient fait les mêmes calculs en se basant sur Daniel
8. 14 (voir à ce sujet Froom, The P |