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Questions d'éthique

I. Le sang

C'est sans aucun doute le refus de toute transfusion sanguine qui fait que les témoins de Jéhovah sont aussi connus dans le monde. C'est dans le numéro du 1er juillet 1945 que l'édition anglaise de la Tour de Garde a interdit le recours aux transfusions. Des rappels constants apparaissent dans les brochures éditées par la SDTJ.

« Il est superflu de rappeler toute l'importance que la transfusion sanguine a prise dans la thérapeutique moderne. Le monde médical comme le grand public considèrent l'opération qui consiste à faire passer du sang d'un individu dans le corps d'un autre comme un procédé classique. Mais il y a des gens qui refusent la transfusion sanguine. Ce sont les témoins de Jéhovah.» Les témoins de Jéhovah et la question du sang, 1978, page 3.

Justifications

Les témoins de Jéhovah utilisent certains textes bibliques de l'Ancien Testament qui ne concernent pas la transfusion sanguine mais les lois diététiques.

«Vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang» Genèse 9:4

Ce passage ne parle pas du sang humain et encore moins des transfusions. Dans ce chapitre, l'Éternel dit simplement à Noé que cela concerne les animaux et leur chair dont on ne peut boire le sang. La chair de l'animal servira de nourriture mais avec une restriction, s'abstenir du sang.

«Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture. Je vous donne tout cela, comme l'herbe verte. Seulement vous ne mangerez point la chair avec son âme, avec son sang» Genèse 9:3-4

La SDTJ s'appuie sur les ordonnances lévitiques relatives aux sacrifices et aux offrandes:

«C'est ici une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez, vous ne mangerez ni graisse, ni sang» Lévitique 3:17

«Celui qui mangera du sang d'une espèce quelconque, celui-là sera retranché de son peuple» Lévitique 7:27

Nous ferons remarquer tout d'abord que les témoins de Jéhovah consomment quantité de graisse animale alors que l'absorption de celle-ci était également proscrite. II est évident que le 3ème chapitre du Lévitique parle des offrandes et des sacrifices mangés comme nourriture ainsi que du sang de l'animal sacrifié ne pouvant être absorbé. Il n'est pas question de sang humain en relation avec une transfusion.

La SDTJ cite également Lévitique 17:10-11 et 14 mais omet les versets 12 et 13 qui expliquent le passage:

« Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux prend à la chasse un animal ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le couvrira de poussière.»

Tout ceci se rapporte uniquement au sang animal et à l'absorption de viande animale et non au sang humain. La SDTJ cite en dernier ressort deux textes néo-testamentaires, savoir: Actes 15:19-29 et Actes 21:25, où il est question de la recommandation des apôtres aux païens de s'abstenir de viandes sacrifiées aux idoles, de sang et d'animaux étouffés. Une fois de plus, il s'agit de la consommation de viande et de sang animal. Ces textes n'enseignent pas que la transfusion soit répréhensible.

La transfusion est l'apport de forces nouvelles dans un corps malade et anémique. Elle n'implique aucunement un «sacrifice de vie» ou une violation des sacrifices en vigueur dans l'ancienne alliance. La SDTJ ne peut citer un seul verset en rapport avec du sang humain et la technique de la transfusion. Que des examens draconiens soient opérés avec le donneur afin de prévenir des maladies telles que l'hépatite ou le sida est une chose qui devrait s'imposer partout et il est certain qu'il est suicidaire d'accepter des transfusions sanguines dans certaines nations.

Concernant Actes 15, les témoins de Jéhovah reconnaissaient en 1959 que cette interdiction n'était de rigueur qu'en relation avec les viandes sacrifiées aux idoles:

«Il en fut de même au temps des apôtres. Ce fut en rapport avec le fait de manger de la viande sacrifiée aux idoles que l'ingestion d'animaux étouffés et de sang fut interdite-Actes 15:20-29.» Bulletin intérieur français, 15 juillet 1959.

Or comme ce problème de la «viande sacrifiée» n'existe plus, que pouvons­nous en conclure?

Le tableau suivant nous permettra de mieux cerner le problème:

Deux Processus

 

Système digestif

système circulatoire
(bouche, estomac, intestins) (veines, artères, coeur)
Le sang est bu, digéré et détruit Le sang n'est pas bu, ni digéré, ni détruit. Tel qu'il est il entre dans la circulation

La Bible l'interdit

La Bible ne l'interdit pas

Lorsque vous buvez du sang, le processus de la digestion commence immédiatement. Les cellules sont détruites. II y a transformation des substances.

 

Le sang n'est pas bu. Les cellules commencent immédiatement leur travail et apportent l'oxygène dans tout le corps afin de préserver la vie. Aucun substitut ne peut accomplir cette tâche de manière permanente.

Ne pas boire du sang du règne animal

Genèse 9:2-5. La défense de boire du sang est toujours en rapport direct avec le fait de manger la chair d'animaux et d'oiseaux (Lévitique 17:13)

Une transfusion d'un homme à un autre est totalement hors du contexte concernant la défense biblique de boire du sang.

 

La vie de la chair est dans le sang

Lévitique 17:11. Le sang bu implique la mort de l'animal ou de l'oiseau. Une transfusion n'implique pas la mort du donneur.

Pour faire l'expiation pour vos âmes

Lévitique 17:11. Le seul sang utilisé sur les autels en Israël afin de faire l'expiation pour les âmes était celui des animaux et des oiseaux. Le sang humain n'a rien à voir ici, ainsi que le sang des poissons qui n'était pas utilisé non plus dans les sacrifices.

S'abstenir d'animaux étouffés et de sang

Actes 15:20-29. Ce passage Parle de la loi de Moïse. En regard avec ces lois concernant l'absorption d'animaux et d'oiseaux, les apôtres ont demandé aux gentils de continuer de les observer et ainsi de ne boire le sang d'aucune bête (coutume païenne). Le contexte de ce commandement biblique traite uniquement des bêtes et oiseaux et non des hommes. Les apôtres, étant juifs, et certains pêcheurs mangeaient du poisson étouffé dans leurs filets. Les témoins de Jéhovah mangent de tels poissons, ces poissons n'étant pas saignés. Ceci n'a rien à voir avec une transfusion sanguine.

Vaccinations

Il fut un temps où les témoins de Jéhovah interdisaient les vaccinations au même titre que les transfusions:

«Comme la vaccination est une injection directe de matière animale dans le sang, la vaccination est une violation directe de la loi de Jéhovah-Dieu.»L Age d'or, 24 avril 1935, page 465, anglais.

«La vaccination n'a jamais sauvé une vie humaine. Elle n'empêche pas la variole. La vaccination est une violation directe de l'alliance éternelle établie par Dieu avec Noé après le déluge.»  L Age d'or, 4 février 1931, pages 191-192, anglais.

Remarquez jusqu'où allait l'argumentation de la SDTJ:

«Les personnes réfléchies feraient mieux d'avoir la variole plutôt qu'une vaccination parce que cette dernière répand les germes de la syphilis, du cancer, de l'eczéma, de l'érysipèle, des scrofules, de la tuberculose, de la lèpre même et beaucoup d'autres maladies répugnantes. Par conséquent la pratique de la vaccination est un crime, un acte de violence et une illusion.»L Age d'or, ter mai 1929, page 502, anglais.

Mais en 1953, revirement de position:

«Après avoir examiné la chose, il ne nous semble pas qu'elle constitue une transgression de l'alliance éternelle établie avec Noé telle qu'elle est consignée en Genèse 9:4 ni qu'elle soit en contra­diction avec la loi analogue de Dieu dans Lévitique 17:10-14... il semble donc qu'on ne puisse soulever une objection quelconque en invoquant des raisons scripturaires.»La Tour de Garde, 15 juillet 1953, page 223.

Transplantations d'organes

Les décisions prises par les responsables des témoins de Jéhovah ont mis gravement en danger la vie de leurs adeptes lorsqu'ils enseignaient en 1968 qu'une transplantation d'organe est interdite parce que c'est du cannibalisme:

« Il ne faut pas négliger non plus l'aspect religieux, biblique de cette question. Il est des personnes, les témoins chrétiens de Jéhovah notamment, qui considèrent toutes les transplantations d'organes entre humains comme du cannibalisme. En effet, utiliser la chair humaine pour soutenir sa propre vie, n'est-ce pas de l'anthropophagie lis refusent du sang car pour eux, c'est une transplantation d'organe.» Réveillez-vous!, 8 septembre 1968, page 22.

«Ainsi donc, que l'on ait ou non des convictions religieuses qui s'opposent à la transfusion, on pourrait refuser le sang pour cette simple raison que c'est essentiellement une transplantation d'organe...» Les témoins de Jéhovah et la question du sang, 1978, page 40.

Mais en 1980, les témoins de Jéhovah décident de permettre les transplantations d'organes:

«Bien que la Bible interdise formellement la consommation de sang, elle ne renferme aucun commandement précis condamnant la greffe d'autres tissus humains... le Comité judiciaire de la congrégation ne prendra aucune mesure disciplinaire si quelqu'un accepte une transplantation d'organe.» La Tour de Garde, 15 juin 1980, page 31.

Nous comprenons mieux l'attitude de la SDTJ dans ce domaine lorsque nous voyons le peu de crédibilité qu'elle accordait à la profession médicale en général:

« La profession médicale est une institution fondée sur l'igno­rance, l'erreur et la superstition. Un de ces jours la soit-disant science médicale découvrira que toutes ses découvertes n'ont dévoilé rien d'autre que sa propre ignorance.»L Age d'or, 9 janvier 1929, page 245, anglais.

Le sang auto logue

Si les témoins de Jéhovah ne peuvent recevoir le sang d'une autre personne, peuvent-ils au moins recevoir leur propre sang qui aurait été stocké au préalable?

«Sous la loi, que fallait-il faire du sang s'il ne servait pas dans le cadre d'un sacrifice? Quand un chasseur abattait un gibier, il devait en verser le sang et le couvrir de poussière! (Lévitique 17:13, 14, Deutéronome 12:22-24). Le sang ne pouvait donc servir à se nourrir ou à un autre usage. Lorsqu'on saignait un animal et qu'on n'utilisait pas son sang dans le cadre d'un sacrifice, il fallait le répandre sur la terre, le marchepied de Dieu (Ésaïe 66:1, voir Ézéchiel 24:7, 8). Cette instruction écarte sans équivoque l'un des usages courants du sang auto logue: son prélèvement préopératoire, son stockage et sa transfusion ultérieure.»La Tour de Garde, ter mars 1989, page 30.

La SDTJ utilise des textes bibliques n'ayant rien à voir avec le sujet. Ici, il s'agit de l'utilisation du sang d'animal dans une situation donnée: la chasse. Rien de commun avec une pra­tique médicale ayant largement fait ses preuves aujourd'hui.

Changements

Saviez-vous que la SDTJ fut un temps en faveur des transfusions sanguines?

«Aujourd'hui la transfusion est une opération relativement simple et qui ne fait courir aucun risque d'infection à condition natu­rellement d'observer des règles actuellement bien déterminées.» L'Age d'or, ter décembre 1936, page 16, anglais.

L'édition néerlandaise de Consolation enseignait que ceux qui interdisent les transfusions sanguines sont semblables aux pharisiens du temps de Jésus car jamais le Seigneur n'a publié de décrets interdisant les transfusions.

«Dieu n'a jamais publié de décrets qui interdisent l'emploi de médicaments, injections et transfusions sanguines. C'est une invention humaine qui à l'instar des pharisiens méprisent la miséricorde et la charité. Servir Jéhovah d'un plein esprit ne signifie pas mettre notre intelligence à l'index. Principalement lorsqu'il s'agit d'une vie humaine, cette vie étant d'un grand prix et sainte devant Jéhovah.» Vertroosting, septembre 1945, n° 109, page 29, néerlandais.

En 1960, la SDTJ précisera qu'un témoin oint ayant accepté pour lui-même une transfusion ne peut être exclu et a le droit de participer à la table du Seigneur:

«Puisqu'une personne n'est pas exclue pour avoir volontairement accepté une transfusion sanguine ou pour avoir approuvé la transfusion d'un proche, vous n'avez pas le droit d'écarter cette sueur lors de la célébration du souper du Seigneur.» Bulletin intérieur, 15 janvier 1960, page 63.

Or, de nos jours, un témoin de Jéhovah qui accepterait une transfusion sanguine serait impitoyablement exclu.

II. Le service militaire

Les témoins de Jéhovah sont connus pour leur objection de conscience radicale. Ils ne peuvent servir dans les armées nationales. Être soldat ou tout simplement magistrat est une désobéissance pour eux:

«Les chrétiens refusaient de prendre part à l'administration civile ou à la défense militaire de l'Empire, à moins de renoncer à(exercice d'un devoir plus sacré, ils ne pouvaient pas se soumettre aux fonctions de soldats, de magistrats ou de princes.» Comment raisonner à partir des Écritures?, 1986, pages 266­267.

Justification

La SDTJ se base principalement sur deux textes bibliques pour étayer son refus du service militaire. Le premier de ces textes fait partie du décalogue:

«Tu ne tueras point» Exode 20:13

Dans ce cas, le texte hébreu comporte l'idée de meurtre, d'assassinat. Les Hébreux qui ont reçu le décalogue l'entendaient bien ainsi. En effet, combien de guerres n'ont-ils pas dû soutenir tout au long de leur périple et pour la possession du pays de la promesse? Les objecteurs auraient pu à l'époque se baser sur ce texte afin de ne pas participer aux combats. Au contraire, nous pouvons facilement vérifier que ce texte biblique ne concerne pas le cas qui nous occupe puisque le service militaire était une prescription obligatoire pour les mâles du peuple d'Israël (Nombres 1:3). La peine capitale exis­tait également en Israël, elle était exigée par Dieu pour certains délits. On aurait pu s'élever contre cette mesure en déclarant que l'exécution d'un condamné est contraire au principe d'Exode 20:13. En ce qui concerne justement la peine de mort, les témoins de Jéhovah n'y sont pas opposés:

«De même on ne peut qualifier de «meurtre» une exécution requise par la loi.» Réveillez-vous!, 22 novembre 1977, page 6.

Le deuxième texte sur lequel les témoins de Jéhovah se basent est le suivant:

« Alors Jésus lui dit: «Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée» Matthieu 26:52

Il s'agit d'un exemple typique d'une doctrine bâtie à la hâte sur un verset isolé du contexte de l'ensemble des Écritures. Ainsi de la même manière, pourrait-on à tort élaborer une théologie de la violence à partir du texte biblique suivant:

«Que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée» Luc 22:36

Revenons un moment à Matthieu. Pourquoi le Seigneur fait­il cette recommandation à Pierre? Simplement pour souligner le fait qu'un civil n'a pas à porter une arme. Pierre n'est ni militaire ni policier. N'aurions-nous pas la même réaction si un civil se promenait en ville armé d'une mitraillette?

La Bible ne condamne absolument pas l'état du militaire:

«Des soldats aussi lui demandèrent: Et nous que devons­nous faire? II leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne et contentez-vous de votre solde» Luc 3:14

N'était-ce pas le moment propice pour Jean-le-Baptiste de mettre les choses à leur place? Au contraire, il affirme que ces militaires peuvent rester dans l'armée mais s'y comporter dignement.

« Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centenier dans la cohorte dite italienne. Cet homme était pieux et craignait Dieu» Actes 10:1-2

Lorsque Pierre ira annoncer l'Évangile à ce brave soldat ita­lien dont les qualités spirituelles sont soulignées, lui a-t-il demandé de quitter cette armée d'occupation?

«Je vous le dis en vérité, même en Israël, Je n'ai pas trouvé une aussi grande foi» Matthieu 8:10

Qu'en est-il de cet autre soldat romain accouru vers le Seigneur? S'est-il vu reprocher son état? Un autre texte est également significatif:

«Tous les saints vous saluent et principalement ceux de la maison de César» Philippiens 4:22

Paul écrit cette lettre alors qu'il est captif à Rome. Il est gardé par des soldats et des magistrats et certains suite à son témoignage sont devenus chrétiens. Pourtant, ceux-ci demeurent au service du pire des tyrans.

Les témoins de Jéhovah enseignent également qu'on peut recourir à la violence si sa propre vie ou celle de sa famille est menacée et ce, dans les limites de la légitime défense:

«Si, par contre, on devait menacer sa vie ou sa vertu, il se défendrait ou protégerait sa famille dans les limites de la légitime défense.» Questions que les gens se posent au sujet des témoins de Jéhovah, 1976, page 28.

Le principe est posé. Car une nation pacifique et démocratique est un ensemble de familles qui étendent simplement ce principe.

Changements

Au départ, la SDTJ encourageait la prestation du service armé, mais toujours avec la condition de ne pas donner la mort:

«On peut entrer dans l'armée sans rien sur la conscience. Où que nous allions, nous pouvons avoir le Seigneur avec nous, le capitaine de notre salut et où que nous puissions aller nous pourrons avoir des occasions de le servir ainsi que sa cause.» La Tour de Garde, 15 avril 1903, page 120, anglais.

« ...nous devrions demander d'être assignés à un service d'hôpital... ou à tout autre place d'utilité où on ne se bat pas et de telles requêtes seraient sans doute accordées. Sinon, au combat, nous pouvons servir à effrayer l'ennemi, mais n'abattre personne.» La Tour de Garde, ter juillet 1898, page 204, anglais.

«Remarquez qu'il n'existe aucun commandement dans les Écritures à l'encontre du service militaire... le gouvernement peut vous obliger à marcher ou à effectuer les exercices mais ne peut vous contraindre à tuer un ennemi.» La Tour de Garde, ter août 1898, page 231, anglais.

Contradictions

La SDTJ n'attend et ne veut aucune aide de l'armée, organisation de Satan:

« De l'organisation de Satan, les témoins de Jéhovah n'attendent ni ne désirent aucun secours.»  J.F. Rutherford, Justification, vol. 2, 1931, page 278.

Pour la SDTJ, les armées de ce monde font partie de l'organisation de Satan ce qui ne l'empêche pas d'accepter que cette organisation diabolique lui prête des locaux afin d'organiser des congrès.

«Par exemple, à l'assemblée de Salt Lake City, dans l'Utah, on ne disposait pas des installations nécessaires à l'organisation d'une cafétéria sur les lieux du congrès. Le mess du Fort Douglas situé à proximité, fut donc mis gracieusement à la disposition des organisateurs. Quand après l'assemblée, l'un des témoins vint remettre la clé au militaire responsable du mess, celui-ci alla ins­pecter les lieux et fit cette remarque: « Je devrais prendre une photo et la montrer à tous les autres utilisateurs du mess.» La Tour de Garde, ter février 1978, pages 3-4.

Dans un autre article, on raconte l'histoire de deux missionnaires témoins de Jéhovah se trouvant dans la tourmente du Shaba au Zaïre lors de l'invasion de rebelles venus d'Angola.

«Des secours inespérés arrivèrent le samedi, quand les troupes belges et françaises entrèrent dans la ville pour évacuer les ressortissants étrangers ...après avoir attendu notre tour près de la piste d'envol, nous avons été évacués dans un appareil de l'armée belge jusqu'à la base aérienne de Kamina.» Réveillez-vous!, 22 décembre 1978, page 15.

Si ces amis ont été sauvés d'un affreux massacre, ils le doivent aux soldats belges et français. Dans une situation critique, ils étaient heureux de se faire aider et protéger par les auxiliaires du diable.

Nous admirons ces témoins de Jéhovah allemands qui à l'instar du Pasteur Niemôller, de Corrie Ten Boom, de l'église confessante, de Sophie Scholl, de communistes, socialistes, libéraux, catholiques et juifs ont résisté à la bête nazie. Cependant, il nous est difficile de comprendre l'attitude des responsables de la filiale suisse qui, à la même époque, encourageaient ses adeptes à accomplir leurs devoirs militaires. La Suisse était avec la Suède, le seul pays en 1943 où le travail de la SDTJ était toléré en Europe.

La photocopie suivante montre que la filiale de Suisse demandait aux témoins de Jéhovah helvètes d'accomplir leur service militaire. Dans ce cas, où se trouvent leur intégrité, leur neutralité ou encore l'uniformité dans leurs croyances? Imaginez un bref instant la réaction des témoins de Jéhovah d'Allemagne s'ils avaient eu dans les mains pareille déclaration:

Consolation, octobre 1943

Cette déclaration est plutôt embarrassante, preuve en est cette lettre émanant de la filiale de France.

La SDTJ va ensuite déclarer que les témoins de Jéhovah de Suisse ont refusé le service militaire lors de la seconde guerre mondiale:

«L'armée avait été mobilisée pour garder les frontières. Le service militaire étant obligatoire, les hommes exclusivement voués à Dieu se trouvaient dans le creuset de l'épreuve. Fidèles sus directives de leur conscience, la plupart des témoins de Jéhovah refusèrent le service armé.». Annuaire des témoins de Jéhovah, 1987, page 156.

Précisons que jamais monsieur Wiedenmann, responsable de la filiale suisse à l'époque, n'a été exclu de l'organisation.

Service civil

Les témoins de Jéhovah actuels qui refusent le service armé, acceptent-ils au moins un service civil de remplacement? Non:

«Dans ce cas, pourquoi trouvez-vous à redire au service civil? Les chrétiens ne peuvent accepter ce travail à cause de ce que la loi de Dieu dit à ce sujet. Nous lisons en effet: «Vous avez été achetés à un prix, ne vous rendez plus esclaves des hommes» (1 Cor. 7:23). Une servitude civile n'est pas plus acceptable qu'un service militaire pour le chrétien. »Réveillez-vous!, 22 mars 1975, page 23.

Le service civil ni le service militaire ne sont acceptables car ils constituent un asservissement. Pourtant, il n'est jamais interdit de travailler pour un patron, ce qui devrait aussi être un asservissement dans la logique des témoins de Jéhovah.

Le drapeau

La SDTJ, se basant maladroitement sur le décalogue, défend à ses adeptes de saluer un drapeau national:

«Dans cette réponse biblique à la presse américaine, il fut souligné que les témoins de Jéhovah respectent le drapeau, mais que leurs relations avec Jéhovah et leurs obligations envers Lui leur interdisent formellement de saluer une image ou représentation quelconque. Cela équivaudrait pour eux à un acte d'adoration contraire aux principes renfermés dans le 2ème des dix commandements rapportés dans Exode 20:4-6. » Les témoins de Jéhovah dans les desseins divins, 1971, page 144.

Saluer un drapeau est donc un acte d'adoration contraire au décalogue. On peut alors se demander si le fait pour un homme de saluer une dame en enlevant le chapeau est aussi Un acte d'adoration? Le décalogue parle d'images taillées et non de drapeaux. D'autre part, l'Éternel permettait à Israël d'avoir ses étendards. Chaque tribu possédait son drapeau frappé d'un emblème la représentant. Ces tribus marchaient au combat avec la bénédiction divine et pourtant précédées de leurs drapeaux:

«L'Éternel parla à Moïse et à Aaron et dit: «Les enfants d'Israël camperont chacun près de sa bannière, sous les enseignes de la maison de ses pères» Nombres 2:1-2

«A l'Orient, le camp de Juda avec sa bannière...» Nombres 2:3

Il est certain que Dieu ne considérait pas cela comme un acte d'adoration. Le peuple n'adorait pas ses drapeaux mais les honorait tout simplement.

«Thanksgiving»

Il existe aux États-Unis un jour spécial d'actions de grâces pour la nation. En 1918, voici ce que les témoins de Jéhovah en pensaient:

« En accord avec la résolution adoptée par le Congrès le 2 avril et la proclamation le 11 mai par le Président des États-Unis, nous suggérons que partout le peuple du Seigneur fasse du 30 mai un jour consacré à la prière et aux supplications.» La Tour de Garde, ter juin 1918, page 174, anglais.

Mais aujourd'hui, ils s'en désolidarisent totalement:

«II s'agit... de jours nationaux d'action de grâce... les témoins de Jéhovah refusent aussi, avec respect, de participer à ces fêtes nationales.» L'école et les témoins de Jéhovah, 1983, page 21.

III. Le racisme

«II n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ-Jésus» Galates 3:28

Les Écritures ne permettent aucune distinction entre les hommes. Ni la couleur de la peau, ni la culture, ni la langue, ni la position sociale ne devraient diviser le christianisme. Les témoins de Jéhovah individuellement ne font pas preuve de racisme, mais la Société elle-même n'a pas toujours eu cette largesse d'esprit. Actuellement, la SDTJ est opposée à toute forme de racisme, comme le sont les mormons depuis seulement 1977. Mais cela n'a malheureusement pas toujours été le cas.

«On observe une fraternité chrétienne exempte de distinctions raciales parmi les témoins de Jéhovah du XXème siècle.» Comment raisonner à partir des Écritures?, 1986, page 298.

Pourtant, et principalement au début de ce XXème siècle, la SDTJ était ouvertement raciste. Elle affirmait clairement que les blancs étaient plus intelligents que les autres groupes raciaux, que ceci serait voulu par Dieu Lui-même. Inutile donc de gaspiller pour eux du matériel de lecture.

Le secret de la plus grande intelligence et aptitude de la race caucasienne (blanche) peut être, dans une grande mesure attribué sans aucun doute au mélange de sang entre ses diverses branches et ceci a été évidemment conduit en grande partie par des circonstances sous le contrôle divin.» La Tour de Garde, 15 juillet 1902, page 216, anglais.

«La raison en est qu'autant que nous puissions en juger, les gens de couleur ont moins d'éducation que les blancs - la plupart étant tout juste suffisante pour leur permettre de lire notre littérature. Notre conclusion, de ce fait, basée sur la supposition que du matériel de lecture distribué à une congrégation de couleur serait gaspillé à plus de moitié et un très faible pourcentage en effet atteindrait de bons résultats.»  La Tour de Garde, 15 avril 1900, page 122, anglais.

La place légitime de l'homme noir est celle de serviteur et la ségrégation raciale est nécessaire.

Il n'existe pas de meilleur serviteur dans le monde qu'un homme de couleur et la joie qu'il a de rendre des services fidèles est une des joies les plus pures dans le monde.» L'Age d'or, 24 juillet 1929, page 702, anglais.

«Bien qu'il soit vrai que Dieu ait fait sortir toutes les nations d'un même sang, néanmoins dans les conditions présentes imparfaites, une sage ségrégation est sans doute un avantage pour tous ceux qui sont concernés.» L'Age d'or, ter octobre 1919, page 8, anglais.

Comme les mormons, les témoins de Jéhovah enseignaient que les noirs descendent de Cham, un dégénéré. Et les habitants des Indes et de la Chine reçoivent le même mépris.

«La race noire est supposée descendre de Cham dont la dégradation spéciale est mentionée en Genèse 9:22, 25.» La Tour de Garde, ter août 1898, page 230, anglais.

«Les Indes et la Chine sont peuples d'une race ignorante et dégénérée. Tous cependant entendront la vérité au temps convenable.» Joseph F. Rutherford, Santé et vie, 1932, page 45.

Mais le plus étonnant, c'est que la SDTJ enseignait que la couleur de la peau pouvait miraculeusement être changée. «Dieu peut changer la peau de l'éthiopien en son temps» pour amener les hommes à la «perfection». La Tour de Garde, 15 février 1904, page 3320, anglais. L'exemple nous est donné du Pasteur Draper qui a changé de couleur suite à la prière:

«C'est au Pasteur William H. Draper, ministre de l'église de la «Logan Memorial» à Washington qu'il a été échu de donner une réponse affirmative et vivante à la fameuse question biblique: l'éthiopien peut-il changer sa peau et le léopard ses taches? Alors qu'il était aussi noir que du charbon, le pasteur Draper est devenu blanc ...ses fidèles déclarant que sa couleur a changé en réponse à la prière. Il y a quelques années, Draper était employé par un homme blanc qui lui fit remarquer que s'il avait la peau blanche comme son patron, il serait bien plus heureux. Étant au service de cet homme, Draper fit une expérience religieuse. A partir de ce jour, il pria instamment afin de devenir blanc. Il y a 30 ans, sa prière commença d'être exaucée. Il ressentit tout d'abord une sensation de picotement sur le visage et après examen, il découvrit un grand nombre de petits points blancs pas plus grands que la pointe d'une aiguille. Il en fut retourné, croyant qu'il avait une maladie particulière, mais il ne souffrait pas en dehors de la sensation de picotement. Tout doucement, les taches sont devenues plus grandes et maintenant après 30 ans, Draper n'a plus la moindre tache noire sur le corps.» La Tour de Garde, ter octobre 1900, page 122, anglais.

La plupart de ces citations datent du début de ce siècle et reflètent un mode de pensée courant parmi toute la population, et non seulement parmi les témoins de Jéhovah. Pourtant, aussi tard que 1949, La Tour de Garde parle de l'émancipation des noirs dans des termes très négatifs:

«L'apôtre Paul était citoyen romain, né libre, mais il n'a pas essayé d'émanciper les esclaves au prix d'une guerre coûteuse et sanguinaire, se faisant ainsi le prototype d'Abraham Lincoln...» Tour de Garde, 15 février 1949, page 55.