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Questions
d'éthique
I.
Le sang
C'est
sans aucun doute le refus de toute transfusion sanguine
qui fait que les témoins de Jéhovah sont aussi connus
dans le monde. C'est dans le numéro du 1er juillet 1945
que l'édition anglaise de la Tour de Garde a interdit le
recours aux transfusions. Des rappels constants
apparaissent dans les brochures éditées par la SDTJ.
«
Il est superflu de rappeler toute l'importance que la
transfusion sanguine a prise dans la thérapeutique
moderne. Le monde médical comme le grand public considèrent
l'opération qui consiste à faire passer du sang d'un
individu dans le corps d'un autre comme un procédé
classique. Mais il y a des gens qui refusent la
transfusion sanguine. Ce sont les témoins de Jéhovah.»
Les témoins de Jéhovah
et la question du sang, 1978, page 3.
Justifications
Les témoins
de Jéhovah utilisent certains textes bibliques de
l'Ancien Testament qui ne concernent pas la transfusion
sanguine mais les lois diététiques.
«Vous
ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang»
Genèse 9:4
Ce
passage ne parle pas du sang humain et encore moins
des transfusions. Dans ce
chapitre, l'Éternel dit simplement à Noé
que cela concerne les animaux et leur chair dont on ne
peut boire le sang. La chair
de l'animal servira de nourriture mais avec une
restriction, s'abstenir du sang.
«Tout
ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture.
Je vous donne tout cela, comme l'herbe verte. Seulement
vous ne mangerez point la chair avec son âme, avec son
sang»
Genèse 9:3-4
La SDTJ
s'appuie sur les ordonnances lévitiques relatives aux
sacrifices et aux offrandes:
«C'est
ici une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous
les lieux où vous habiterez, vous ne mangerez ni
graisse, ni sang» Lévitique 3:17
«Celui
qui mangera du sang d'une espèce quelconque, celui-là
sera retranché de son peuple» Lévitique 7:27
Nous
ferons remarquer tout d'abord que les témoins de Jéhovah
consomment quantité de graisse animale alors que
l'absorption de celle-ci était également proscrite. II
est évident que le 3ème chapitre du Lévitique parle des
offrandes et des sacrifices mangés comme nourriture ainsi
que du sang de l'animal sacrifié ne pouvant être absorbé.
Il n'est pas question de
sang humain en relation avec une transfusion.
La SDTJ
cite également Lévitique 17:10-11 et 14 mais omet les
versets 12 et 13 qui expliquent le passage:
«
Si quelqu'un des enfants d'Israël ou des étrangers qui
séjournent au milieu d'eux prend à la chasse un animal
ou un oiseau qui se mange, il en versera le sang et le
couvrira de poussière.»
Tout
ceci se rapporte uniquement au sang animal et à l'absorption
de viande animale et non au sang humain. La SDTJ cite en
dernier ressort deux textes néo-testamentaires, savoir:
Actes 15:19-29 et Actes 21:25, où il est question de la
recommandation des apôtres aux païens de s'abstenir de
viandes sacrifiées aux idoles, de sang et d'animaux étouffés.
Une fois de plus, il s'agit de la consommation de viande
et de sang animal. Ces textes n'enseignent pas que la
transfusion soit répréhensible.
La
transfusion est l'apport de forces nouvelles dans un corps
malade et anémique. Elle n'implique aucunement un «sacrifice
de vie» ou une violation des sacrifices en vigueur dans
l'ancienne alliance. La SDTJ ne peut citer un seul verset
en rapport avec du sang humain et la technique de la
transfusion. Que des examens draconiens soient opérés
avec le donneur afin de prévenir des maladies telles que
l'hépatite ou le sida est une chose qui devrait s'imposer
partout et il est certain qu'il est suicidaire d'accepter
des transfusions sanguines dans certaines nations.
Concernant
Actes 15, les témoins de Jéhovah reconnaissaient en 1959
que cette interdiction n'était de rigueur qu'en relation
avec les viandes sacrifiées aux idoles:
«Il
en fut de même au temps des apôtres. Ce fut en rapport
avec le fait de manger de la viande
sacrifiée aux idoles que l'ingestion d'animaux étouffés
et de sang fut interdite-Actes 15:20-29.»
Bulletin intérieur
français, 15 juillet 1959.
Or comme ce problème de
la «viande sacrifiée» n'existe plus, que pouvonsnous
en conclure?
Le tableau suivant nous
permettra de mieux cerner le problème:
|
Deux
Processus
|
|
Système
digestif
|
système
circulatoire |
| (bouche,
estomac, intestins) |
(veines,
artères, coeur) |
| Le
sang est bu, digéré et détruit |
Le
sang n'est pas bu, ni digéré, ni détruit. Tel
qu'il est il entre dans la circulation |

|
La
Bible l'interdit
|
La
Bible ne l'interdit pas
|
| Lorsque
vous buvez du sang, le processus de la digestion
commence immédiatement. Les cellules sont détruites.
II y a transformation des substances.
|
Le
sang n'est pas bu. Les cellules commencent immédiatement
leur travail et apportent l'oxygène dans tout
le corps afin de préserver la vie. Aucun
substitut ne peut accomplir cette tâche de manière
permanente.
|
|
Ne
pas boire du sang du règne animal
|
| Genèse
9:2-5. La défense de boire
du sang est toujours en rapport direct avec le
fait de manger la chair d'animaux et d'oiseaux
(Lévitique 17:13) |
Une
transfusion d'un homme à
un autre est totalement hors du contexte
concernant la défense biblique de boire du
sang.
|
|
La
vie de la chair est dans le sang
|
| Lévitique
17:11. Le sang bu implique
la mort de l'animal ou de l'oiseau. |
Une
transfusion n'implique pas la mort du donneur. |
|
Pour
faire l'expiation pour vos âmes
|
| Lévitique
17:11. Le seul sang utilisé sur les autels en
Israël afin de faire l'expiation pour les âmes
était celui des animaux et des oiseaux. |
Le
sang humain n'a rien à voir ici, ainsi que le
sang des poissons qui n'était pas utilisé non
plus dans les sacrifices. |
|
S'abstenir
d'animaux étouffés et de sang
|
| Actes
15:20-29. Ce passage Parle de la loi de Moïse.
En regard avec ces lois concernant l'absorption
d'animaux et d'oiseaux,
les apôtres ont demandé aux gentils de
continuer de les observer et ainsi de ne boire
le sang d'aucune bête (coutume païenne). |
Le
contexte de ce commandement biblique traite
uniquement des bêtes et oiseaux et non des
hommes. Les apôtres, étant juifs, et certains
pêcheurs mangeaient du poisson étouffé dans
leurs filets. Les témoins de Jéhovah mangent
de tels poissons, ces poissons n'étant pas
saignés. Ceci n'a rien à voir avec une
transfusion sanguine. |
Vaccinations
Il fut
un temps où les témoins de Jéhovah interdisaient les
vaccinations au même titre que les transfusions:
«Comme
la vaccination est une injection directe de matière
animale dans le sang, la vaccination est une violation
directe de la loi de Jéhovah-Dieu.»L
Age d'or, 24 avril 1935, page 465, anglais.
«La
vaccination n'a jamais sauvé une vie humaine. Elle n'empêche
pas la variole. La vaccination est une violation directe
de l'alliance éternelle établie par Dieu avec Noé après
le déluge.» L
Age d'or, 4 février 1931, pages 191-192, anglais.
Remarquez jusqu'où
allait l'argumentation de la SDTJ:
«Les
personnes réfléchies feraient mieux d'avoir la variole
plutôt qu'une vaccination parce que cette dernière répand
les germes de la syphilis, du cancer, de l'eczéma, de
l'érysipèle, des scrofules, de la tuberculose, de la lèpre
même et beaucoup d'autres maladies répugnantes. Par
conséquent la pratique de la vaccination est un crime,
un acte de violence et une illusion.»L
Age d'or, ter mai 1929, page 502, anglais.
Mais en 1953, revirement
de position:
«Après
avoir examiné la chose, il ne nous semble pas qu'elle
constitue une transgression de l'alliance éternelle établie
avec Noé telle qu'elle est consignée en Genèse 9:4 ni
qu'elle soit en contradiction avec la loi analogue de
Dieu dans Lévitique 17:10-14... il semble donc qu'on ne
puisse soulever une objection quelconque en invoquant
des raisons scripturaires.»La
Tour de Garde, 15 juillet 1953, page 223.
Transplantations
d'organes
Les décisions
prises par les responsables des témoins de Jéhovah ont
mis gravement en danger la vie de leurs adeptes lorsqu'ils
enseignaient en 1968 qu'une transplantation d'organe est
interdite parce que c'est du cannibalisme:
«
Il ne faut pas négliger non plus l'aspect religieux,
biblique de cette question. Il est des personnes, les témoins
chrétiens de Jéhovah notamment, qui considèrent toutes
les transplantations d'organes entre humains comme du
cannibalisme. En effet, utiliser la chair humaine pour
soutenir sa propre vie, n'est-ce pas de l'anthropophagie
lis refusent du sang car pour
eux, c'est une transplantation d'organe.» Réveillez-vous!,
8 septembre 1968, page 22.
«Ainsi
donc, que l'on ait ou non des convictions religieuses qui
s'opposent à la transfusion, on pourrait refuser le sang
pour cette simple raison que c'est essentiellement une
transplantation d'organe...»
Les témoins de Jéhovah et la question du sang, 1978,
page 40.
Mais en
1980, les témoins de Jéhovah décident de permettre les
transplantations d'organes:
«Bien
que la Bible interdise formellement la consommation de
sang, elle ne renferme aucun commandement précis
condamnant la greffe d'autres tissus humains... le Comité
judiciaire de la congrégation ne prendra aucune mesure
disciplinaire si quelqu'un accepte une transplantation
d'organe.» La Tour de
Garde, 15 juin 1980, page 31.
Nous
comprenons mieux l'attitude de la SDTJ dans ce domaine
lorsque nous voyons le peu de crédibilité qu'elle
accordait à la profession médicale en général:
«
La profession médicale est une institution fondée sur
l'ignorance, l'erreur et la superstition. Un de ces
jours la soit-disant science médicale découvrira que
toutes ses découvertes n'ont dévoilé rien d'autre que
sa propre ignorance.»L
Age d'or, 9 janvier 1929, page 245, anglais.
Le sang auto logue
Si les témoins de Jéhovah
ne peuvent recevoir le sang d'une autre
personne, peuvent-ils au moins recevoir leur propre sang
qui aurait été stocké au préalable?
«Sous
la loi, que fallait-il faire du sang s'il ne servait pas
dans le cadre d'un sacrifice? Quand un chasseur abattait
un gibier, il devait en verser le sang et le couvrir de
poussière! (Lévitique 17:13, 14, Deutéronome 12:22-24).
Le sang ne pouvait donc servir à se nourrir ou à un
autre usage. Lorsqu'on saignait un animal et qu'on
n'utilisait pas son sang dans le cadre d'un sacrifice, il
fallait le répandre sur la terre, le marchepied de Dieu (Ésaïe
66:1, voir Ézéchiel
24:7, 8). Cette instruction écarte sans équivoque l'un
des usages courants du sang auto logue: son prélèvement
préopératoire, son stockage et sa transfusion ultérieure.»La
Tour de Garde, ter mars 1989, page 30.
La SDTJ
utilise des textes bibliques n'ayant rien à voir avec le
sujet. Ici, il s'agit de l'utilisation du sang d'animal
dans une situation donnée: la chasse. Rien de commun avec
une pratique médicale ayant largement fait ses preuves
aujourd'hui.
Changements
Saviez-vous
que la SDTJ fut un temps en faveur des transfusions
sanguines?
«Aujourd'hui
la transfusion est une opération relativement simple et
qui ne fait courir aucun risque d'infection à condition
naturellement d'observer des règles actuellement bien déterminées.»
L'Age d'or, ter décembre
1936, page 16, anglais.
L'édition
néerlandaise de Consolation enseignait que ceux qui
interdisent les transfusions sanguines sont semblables aux
pharisiens du temps de Jésus car jamais le Seigneur n'a
publié de décrets interdisant les transfusions.
«Dieu
n'a jamais publié de décrets qui interdisent l'emploi de
médicaments, injections et transfusions sanguines. C'est
une invention humaine qui à l'instar des pharisiens méprisent
la miséricorde et la charité. Servir Jéhovah d'un plein
esprit ne signifie pas mettre notre intelligence à
l'index. Principalement lorsqu'il s'agit d'une vie
humaine, cette vie étant d'un grand prix et sainte devant
Jéhovah.» Vertroosting,
septembre 1945, n° 109, page 29, néerlandais.
En 1960,
la SDTJ précisera qu'un témoin oint ayant accepté pour
lui-même une transfusion ne peut être exclu et a le
droit de participer à la table du Seigneur:
«Puisqu'une
personne n'est pas exclue pour avoir volontairement
accepté une transfusion sanguine ou pour avoir approuvé
la transfusion d'un proche, vous n'avez pas le droit d'écarter
cette sueur lors de la célébration du souper du
Seigneur.» Bulletin
intérieur, 15 janvier 1960, page 63.
Or, de nos jours, un témoin
de Jéhovah qui accepterait une transfusion sanguine
serait impitoyablement exclu.
II.
Le service militaire
Les témoins de Jéhovah
sont connus pour leur objection de conscience radicale.
Ils ne peuvent servir dans les armées nationales.
Être soldat ou tout
simplement magistrat est une désobéissance
pour eux:
«Les
chrétiens refusaient de prendre part à
l'administration civile ou à la défense militaire de
l'Empire, à moins de renoncer à(exercice d'un devoir
plus sacré, ils ne pouvaient pas se soumettre aux
fonctions de soldats, de magistrats ou de princes.» Comment
raisonner à partir des Écritures?, 1986, pages 266267.
Justification
La SDTJ
se base principalement sur deux textes bibliques pour étayer
son refus du service militaire. Le premier de ces textes
fait partie du décalogue:
«Tu
ne tueras point» Exode 20:13
Dans ce
cas, le texte hébreu comporte l'idée de meurtre,
d'assassinat. Les Hébreux qui ont reçu le décalogue
l'entendaient bien ainsi. En effet, combien de guerres
n'ont-ils pas dû soutenir tout au long de leur périple
et pour la possession du pays de la promesse? Les
objecteurs auraient pu à l'époque se baser sur ce texte
afin de ne pas participer aux combats. Au contraire, nous
pouvons facilement vérifier que ce texte biblique ne
concerne pas le cas qui nous occupe puisque le service
militaire était une prescription obligatoire pour les mâles
du peuple d'Israël (Nombres 1:3). La peine capitale existait
également en Israël, elle était exigée par Dieu pour
certains délits. On aurait pu s'élever contre cette
mesure en déclarant que l'exécution d'un condamné est
contraire au principe d'Exode 20:13. En ce qui concerne
justement la peine de mort, les témoins de Jéhovah n'y
sont pas opposés:
«De
même on ne peut qualifier de «meurtre» une exécution
requise par la loi.» Réveillez-vous!,
22 novembre 1977, page 6.
Le deuxième
texte sur lequel les témoins de Jéhovah se basent est le
suivant:
«
Alors Jésus lui dit: «Remets ton épée à sa place,
car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée»
Matthieu 26:52
Il s'agit d'un exemple
typique d'une doctrine bâtie à la hâte sur
un verset isolé du contexte de l'ensemble des Écritures.
Ainsi de la même manière, pourrait-on à tort élaborer
une théologie de la violence à partir du texte biblique
suivant:
«Que
celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète
une épée» Luc 22:36
Revenons
un moment à Matthieu. Pourquoi le Seigneur faitil cette
recommandation à Pierre? Simplement pour souligner le
fait qu'un civil n'a pas à porter une arme. Pierre n'est
ni militaire ni policier. N'aurions-nous pas la même réaction
si un civil se promenait en ville armé d'une
mitraillette?
La Bible ne condamne
absolument pas l'état du militaire:
«Des
soldats aussi lui demandèrent: Et nous que devonsnous
faire? II leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni
fraude envers personne et contentez-vous de votre solde»
Luc 3:14
N'était-ce
pas le moment propice pour Jean-le-Baptiste de mettre les
choses à leur place? Au contraire, il affirme que ces
militaires peuvent rester dans l'armée mais s'y comporter
dignement.
«
Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille,
centenier dans la cohorte dite italienne. Cet homme était
pieux et craignait Dieu» Actes 10:1-2
Lorsque
Pierre ira annoncer l'Évangile à ce brave soldat italien
dont les qualités spirituelles sont soulignées, lui
a-t-il demandé de quitter cette armée d'occupation?
«Je
vous le dis en vérité, même en Israël, Je n'ai pas
trouvé une aussi grande foi» Matthieu 8:10
Qu'en
est-il de cet autre soldat romain accouru vers le
Seigneur? S'est-il vu reprocher son état? Un autre texte
est également significatif:
«Tous
les saints vous saluent et principalement ceux de la
maison de César» Philippiens 4:22
Paul écrit
cette lettre alors qu'il est captif à Rome. Il est gardé
par des soldats et des magistrats et certains suite à son
témoignage sont devenus chrétiens. Pourtant, ceux-ci
demeurent au service du pire des tyrans.
Les témoins
de Jéhovah enseignent également qu'on peut recourir à
la violence si sa propre vie ou celle de sa famille est
menacée et ce, dans les limites de la légitime défense:
«Si,
par contre, on devait menacer sa vie ou sa vertu, il se
défendrait ou protégerait sa famille dans les limites
de la légitime défense.»
Questions que les gens se posent au sujet des témoins
de Jéhovah, 1976, page 28.
Le
principe est posé. Car une nation pacifique et démocratique
est un ensemble de familles qui étendent simplement ce
principe.
Changements
Au départ,
la SDTJ encourageait la prestation du service armé, mais
toujours avec la condition de ne pas donner la mort:
«On
peut entrer dans l'armée sans rien sur la conscience. Où
que nous allions, nous pouvons avoir le Seigneur avec
nous, le capitaine de notre salut et où que nous
puissions aller nous pourrons avoir des occasions de le
servir ainsi que sa cause.» La
Tour de Garde, 15 avril 1903, page 120, anglais.
«
...nous devrions demander d'être assignés à un service
d'hôpital... ou à tout autre place d'utilité où on ne
se bat pas et de telles requêtes seraient sans doute
accordées. Sinon, au combat, nous pouvons servir à
effrayer l'ennemi, mais n'abattre personne.» La
Tour de Garde, ter juillet 1898, page 204, anglais.
«Remarquez
qu'il n'existe aucun commandement dans les Écritures à
l'encontre du service militaire... le gouvernement peut
vous obliger à marcher ou à effectuer les exercices mais
ne peut vous contraindre à tuer un ennemi.» La
Tour de Garde, ter août 1898, page 231, anglais.
Contradictions
La SDTJ
n'attend et ne veut aucune aide de l'armée, organisation
de Satan:
«
De l'organisation de Satan, les témoins de Jéhovah
n'attendent ni ne désirent aucun secours.»
J.F. Rutherford, Justification, vol. 2, 1931, page 278.
Pour la
SDTJ, les armées de ce monde font partie de
l'organisation de Satan ce qui ne l'empêche pas
d'accepter que cette organisation diabolique lui prête
des locaux afin d'organiser des congrès.
«Par
exemple, à l'assemblée de Salt Lake City, dans l'Utah,
on ne disposait pas des installations nécessaires à
l'organisation d'une cafétéria
sur les lieux du congrès. Le mess du Fort Douglas situé
à proximité, fut donc mis gracieusement à la
disposition des organisateurs. Quand après l'assemblée,
l'un des témoins vint remettre la clé au militaire
responsable du mess, celui-ci alla inspecter les lieux
et fit cette remarque: « Je devrais prendre une photo et
la montrer à tous les autres utilisateurs du mess.»
La Tour de Garde, ter février 1978, pages 3-4.
Dans un
autre article, on raconte l'histoire de deux missionnaires
témoins de Jéhovah se trouvant dans la tourmente du
Shaba au Zaïre lors de l'invasion de rebelles venus
d'Angola.
«Des
secours inespérés arrivèrent le samedi, quand les
troupes belges et françaises entrèrent dans la ville
pour évacuer les ressortissants étrangers ...après
avoir attendu notre tour près de la piste d'envol, nous
avons été évacués dans un appareil de l'armée belge
jusqu'à la base aérienne de Kamina.»
Réveillez-vous!, 22 décembre
1978, page 15.
Si ces
amis ont été sauvés d'un affreux massacre, ils le
doivent aux soldats belges et français. Dans une
situation critique, ils étaient heureux de se faire aider
et protéger par les auxiliaires du diable.
Nous
admirons ces témoins de Jéhovah allemands qui à
l'instar du Pasteur Niemôller, de Corrie Ten Boom, de l'église
confessante, de Sophie Scholl, de communistes,
socialistes, libéraux, catholiques et juifs ont résisté
à la bête nazie. Cependant, il nous est difficile de
comprendre l'attitude des responsables de la filiale
suisse qui, à la même époque, encourageaient ses
adeptes à accomplir leurs devoirs militaires. La Suisse
était avec la Suède, le seul pays en 1943 où le travail
de la SDTJ était toléré en Europe.
La
photocopie suivante montre que la filiale de Suisse
demandait aux témoins de Jéhovah helvètes d'accomplir
leur service militaire. Dans ce cas, où se trouvent leur
intégrité, leur neutralité ou encore l'uniformité dans
leurs croyances? Imaginez un bref instant la réaction des
témoins de Jéhovah d'Allemagne s'ils avaient eu dans les
mains pareille déclaration:

Consolation,
octobre 1943
Cette déclaration est
plutôt embarrassante, preuve en est cette lettre émanant
de la filiale de France.

La SDTJ
va ensuite déclarer que les témoins de Jéhovah de
Suisse ont refusé le service militaire lors de la seconde
guerre mondiale:
«L'armée
avait été mobilisée pour garder les frontières. Le
service militaire étant obligatoire, les hommes
exclusivement voués à Dieu se trouvaient dans le
creuset de l'épreuve. Fidèles sus directives de leur
conscience, la plupart des témoins de Jéhovah refusèrent
le service armé.».
Annuaire des témoins de Jéhovah, 1987, page 156.
Précisons
que jamais monsieur Wiedenmann, responsable de la filiale
suisse à l'époque, n'a été exclu de l'organisation.
Service civil
Les témoins
de Jéhovah actuels qui refusent le service armé,
acceptent-ils au moins un service civil de remplacement?
Non:
«Dans
ce cas, pourquoi trouvez-vous à redire au service
civil? Les chrétiens ne peuvent accepter ce travail à
cause de ce que la loi de Dieu dit à ce sujet. Nous
lisons en effet: «Vous avez été achetés à un prix,
ne vous rendez plus esclaves des hommes» (1 Cor. 7:23).
Une servitude civile n'est pas plus acceptable qu'un
service militaire pour le chrétien. »Réveillez-vous!,
22 mars 1975, page 23.
Le
service civil ni le service militaire ne sont acceptables
car ils constituent un asservissement. Pourtant, il n'est
jamais interdit de travailler pour un patron, ce qui
devrait aussi être un asservissement dans la logique des
témoins de Jéhovah.
Le drapeau
La SDTJ,
se basant maladroitement sur le décalogue, défend à ses
adeptes de saluer un drapeau national:
«Dans
cette réponse biblique à la presse américaine, il fut
souligné que les témoins de Jéhovah respectent le
drapeau, mais que leurs relations avec Jéhovah et leurs
obligations envers Lui leur interdisent formellement de
saluer une image ou représentation quelconque. Cela équivaudrait
pour eux à un acte d'adoration contraire aux principes
renfermés dans le 2ème des dix commandements rapportés
dans Exode 20:4-6. »
Les témoins de Jéhovah
dans les desseins divins, 1971, page 144.
Saluer
un drapeau est donc un acte d'adoration contraire au décalogue.
On peut alors se demander si le fait pour un homme de
saluer une dame en enlevant le chapeau est aussi Un acte
d'adoration? Le décalogue parle d'images taillées et non
de drapeaux. D'autre part, l'Éternel permettait à Israël
d'avoir ses étendards. Chaque
tribu possédait son drapeau frappé d'un emblème la représentant.
Ces tribus marchaient au combat avec la bénédiction
divine et pourtant précédées de leurs drapeaux:
«L'Éternel
parla à Moïse et à Aaron et dit: «Les enfants d'Israël
camperont chacun près de sa bannière, sous les
enseignes de la maison de ses pères» Nombres
2:1-2
«A
l'Orient, le camp de Juda avec sa bannière...»
Nombres 2:3
Il est
certain que Dieu ne considérait pas cela comme un acte
d'adoration. Le peuple n'adorait pas ses drapeaux mais les
honorait tout simplement.
«Thanksgiving»
Il
existe aux États-Unis un jour spécial d'actions de grâces
pour la nation. En 1918, voici ce que les témoins de Jéhovah
en pensaient:
«
En accord avec la résolution adoptée par le Congrès
le 2 avril et la proclamation le 11 mai par le Président
des États-Unis, nous suggérons que partout le peuple
du Seigneur fasse du 30 mai un jour consacré à la prière
et aux supplications.» La
Tour de Garde, ter juin 1918, page 174, anglais.
Mais aujourd'hui, ils
s'en désolidarisent totalement:
«II
s'agit... de jours nationaux d'action de grâce... les témoins
de Jéhovah refusent aussi, avec respect, de participer
à ces fêtes nationales.»
L'école et les témoins de Jéhovah, 1983, page 21.
III.
Le racisme
«II
n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni
libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous tous,
vous êtes un en Christ-Jésus» Galates 3:28
Les Écritures
ne permettent aucune distinction entre les hommes. Ni la
couleur de la peau, ni la culture, ni la langue, ni la
position sociale ne devraient diviser le christianisme.
Les témoins de Jéhovah individuellement ne font pas
preuve de racisme, mais la Société elle-même n'a pas
toujours eu cette largesse d'esprit. Actuellement, la SDTJ
est opposée à toute forme de racisme, comme le sont les
mormons depuis seulement 1977. Mais cela n'a
malheureusement pas toujours été le cas.
«On
observe une fraternité chrétienne exempte de
distinctions raciales parmi les témoins de Jéhovah du
XXème siècle.» Comment
raisonner à partir des Écritures?, 1986, page 298.
Pourtant,
et principalement au début de ce XXème siècle, la SDTJ
était ouvertement raciste. Elle affirmait clairement que
les blancs étaient plus intelligents que les autres
groupes raciaux, que ceci serait voulu par Dieu Lui-même.
Inutile donc de gaspiller pour eux du matériel de
lecture.
Le
secret de la plus grande intelligence et aptitude de la
race caucasienne (blanche) peut être, dans une grande
mesure attribué sans aucun doute au mélange de sang
entre ses diverses branches et ceci a été évidemment
conduit en grande partie par des circonstances sous le
contrôle divin.» La
Tour de Garde, 15 juillet 1902, page 216, anglais.
«La
raison en est qu'autant que nous puissions en juger, les
gens de couleur ont moins d'éducation que les blancs -
la plupart étant tout juste suffisante pour leur
permettre de lire notre littérature. Notre conclusion,
de ce fait, basée sur la supposition que du matériel
de lecture distribué à une congrégation de couleur
serait gaspillé à plus de moitié et un très faible
pourcentage en effet atteindrait de bons résultats.»
La Tour de Garde, 15 avril 1900, page 122, anglais.
La place
légitime de l'homme noir est celle de serviteur et la ségrégation
raciale est nécessaire.
Il
n'existe pas de meilleur serviteur dans le monde qu'un
homme de couleur et la joie qu'il a de rendre des
services fidèles est une des joies les plus pures dans
le monde.»
L'Age d'or, 24 juillet 1929, page 702, anglais.
«Bien
qu'il soit vrai que Dieu ait fait sortir toutes les
nations d'un même sang, néanmoins dans les conditions
présentes imparfaites, une sage ségrégation est sans
doute un avantage pour tous ceux qui sont concernés.»
L'Age d'or, ter octobre 1919, page 8, anglais.
Comme
les mormons, les témoins de Jéhovah enseignaient que les
noirs descendent de Cham, un dégénéré. Et les
habitants des Indes et de la Chine reçoivent le même mépris.
«La
race noire est supposée descendre de Cham dont la dégradation
spéciale est mentionée en Genèse 9:22, 25.» La
Tour de Garde, ter août 1898, page 230, anglais.
«Les
Indes et la Chine sont peuples d'une race ignorante et dégénérée.
Tous cependant entendront la vérité au temps
convenable.» Joseph
F. Rutherford, Santé et vie, 1932, page 45.
Mais le
plus étonnant, c'est que la SDTJ enseignait que la
couleur de la peau pouvait miraculeusement être changée.
«Dieu peut changer la peau de l'éthiopien en son temps»
pour amener les hommes à la «perfection».
La Tour de Garde, 15 février 1904, page 3320, anglais.
L'exemple nous est donné du Pasteur Draper qui a changé
de couleur suite à la prière:
«C'est
au Pasteur William H. Draper, ministre de l'église de la
«Logan Memorial» à Washington qu'il a été échu de
donner une réponse affirmative et vivante à la fameuse
question biblique: l'éthiopien peut-il changer sa peau et
le léopard ses taches? Alors qu'il était aussi noir que
du charbon, le pasteur Draper est devenu blanc ...ses fidèles
déclarant que sa couleur a changé en réponse à la prière.
Il y a quelques années, Draper était employé par un
homme blanc qui lui fit remarquer que s'il avait la peau
blanche comme son patron, il serait bien plus heureux. Étant
au service de cet homme, Draper fit une expérience
religieuse. A partir de ce jour, il pria instamment afin
de devenir blanc. Il y a 30 ans, sa prière commença d'être
exaucée. Il ressentit tout d'abord une sensation de
picotement sur le visage et après examen, il découvrit
un grand nombre de petits points blancs pas plus grands
que la pointe d'une aiguille. Il en fut retourné, croyant
qu'il avait une maladie particulière, mais il ne
souffrait pas en dehors de la sensation de picotement.
Tout doucement, les taches sont devenues plus grandes et
maintenant après 30 ans, Draper n'a plus la moindre tache
noire sur le corps.» La
Tour de Garde, ter octobre 1900, page 122, anglais.
La
plupart de ces citations datent du début de ce siècle et
reflètent un mode de pensée courant parmi toute la
population, et non seulement parmi les témoins de Jéhovah.
Pourtant, aussi tard que 1949, La Tour de Garde parle de
l'émancipation des noirs dans des termes très négatifs:
«L'apôtre
Paul était citoyen romain, né libre, mais il n'a pas
essayé d'émanciper les esclaves au prix d'une guerre
coûteuse et sanguinaire, se faisant ainsi le prototype
d'Abraham Lincoln...»
Tour de Garde, 15 février
1949, page 55.
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