L'honnêteté
- Les dédales
judiciaires «la connaissance du grec» : Russell
prétendait connaître l'alphabet grec (dans le
but d'appuyer ses convictions) et fut accusé de
parjure. Il existe tout un dossier en 2 volumes
sur les questions judiciaires contre Russell et
contre Rutherford (deuxième président de la
secte). Pour sauver la face la SDTJ écrit un
article dans la Tour de Garde du 1er janvier
1967 afin d'innocenter son fondateur. Voici
donc ce texte :
«L'accusation de parjure
ne fut pas portée au tribunal, mais dans un tract rédigé
plus tard par un calomniateur irresponsable, contre
lequel frère Russell avait intenté un procès en
diffamation. Le rapport officiel de l'affaire en
question selon la Cour de police de la ville
d'Hamilton, Ontario, Canada, du 17 mars 1913 dit:
Question
: Prétendez-vous avoir étudié le latin?
Réponse
: Non monsieur.
Question
: Et le grec?
Réponse
: Non monsieur.
Après cela, on lui demanda
s'il connaissait l'alphabet grec, et c'est là que fut
soulevée la question de savoir s'il connaissait le
grec. Cette fausse accusation de parjure a été répétée
par nombre de personnes qui ne se sont jamais rendues
dans cette ville canadienne afin de vérifier dans les
archives de cette vieille cour si elles colportaient
une vérité ou un mensonge.»
Voici donc, sur le conseil de la SDTJ, l'audience
du tribunal Ontarien. La personne appelé le
calomniateur était en effet un pasteur baptiste du
nom de J. J. Ross et c'est bien lui qui dénonçait
les prétentions de Russell.
Question
: (Staunton) Connaissez-vous l'alphabet grec?
Réponse
: (Russell) Oui.
Question
: Pourrez-vous me lire les lettres correctement si je
vous les montre?
Réponse
: La plupart, je ferai peut-être une faute ou
l'autre.
Question
: Voulez-vous me lire les lettres que je vous indique
au-dessus de la page 447 que j'ai ici?
Réponse
: Eh bien! je ne sais pas si je pourrai... heu...
Question
: Vous ne pouvez pas me dire quelles sont ces lettres?
Regardez et dites-moi si vous les connaissez.
Réponse
: Eh bien...
Question
: Alors, le grec vous est-il familier?
Réponse
: Non.
Il dit connaître et se parjure en disant ne pas
connaître. Un témoin de Jéhovah m'a déjà dit:
vous n'étiez pas là, on ne le laissait pas parler
et on l'interrompait constamment, c'est pourquoi il
a dit «non» mais il connaissait... C'est pire
alors, il aurait menti 2 fois!
Question
: (avocat de Ross) Est-il vrai que vous n'avez jamais
été ordonné?
Réponse
: (Russell) Ce n'est pas vrai!
Question
: Avez-vous jamais été consacré par un évêque,
une autorité ecclésiastique, ou tout autre corps légal?
Réponse
: (après une longue pause) Non, je ne l'ai jamais été!
La moralité
- Les raisons d'une séparation légale
: Madame Russell avait été la
meilleure collaboratrice de son mari mais à cause
de problème de moralité cette union devenait
trop pénible et elle le quitta en 1903 en
demandant une séparation légale. En 1906 la
demande fut plaidée en cour. Ci-dessous la déposition
de Madame Russell tiré du Paper book appelant,
no 202, april term 1908, Superior Court of
Pennsylvania.
Question
: Quand avez-vous eu votre première dispute avec
votre mari?
Réponse
: Ce fut à l'occasion de sa première offense avec la
femme qui vivait au bureau et à la maison.
Question
: Vous ne voulez pas dire par là que votre mari était
coupable d'adultère?
Réponse
: Non.
Question
: Quel était le nom de la femme?
Réponse
: Rose Ball.
Question
: C'est la personne dont vous parliez il y a un
instant?
Réponse
: Oui.
Question
: Combien de temps avait-elle été avec vous avant
que cette difficulté ne survienne?
Réponse
: Elle est arrivée vers 1884.
Question
: À peu près dans le même temps où vous avez déménagé
avenue Clifton?
Réponse
: Non, nous avons déménagé avenue Clifton en 1883
et c'est en 1884 qu'elle est arrivée, peu de temps
après le déménagement avenue Clifton.
Question
: Vivait-elle avec vous?
Réponse
: Oui monsieur.
Question
: Combien de temps a-t-elle vécu avec vous?
Réponse
: Elle a vécu avec nous près de 12 ans.
Question
: Racontez simplement ce que vous avez observé
concernant la conduite de votre mari et de cette femme
en votre présence et dans votre maison.
Réponse
: Avant cette période, mon mari m'avait proposé l'idée
d'une séparation. Il me dit que si j'acceptais il me
donnerait la maison dans laquelle nous vivions. Il a
ajouté que nous ne pouvions plus nous entendre.
Question
: Quand cela s'est-il passé?
Réponse
: Un peu avant que cette affaire ne fût soulevée,
vers 1893; nous étions avenue Clifton.
Question
: Qu'est-ce qui provoqua cette proposition de la part
de votre mari?
Réponse
: Nombre de désaccords et une chose particulière.
Mon mari avait écrit à des personnes à propos
desquelles j'avais des réserves très sérieuses à
faire. Une de nos disputes arriva de cette manière:
Monsieur Russell écrivait certaines lettres avec la
mention "personnel" et il les envoyait à
des personnes avec qui il correspondait en privé.
Objection
: Hors de cause.
La
Cour : Nous ne pensons pas que cela constitue une
offense envers la personne, à moins qu'elle n'ait
autre chose en vue.
M.
Porter : Racontez très brièvement ce qui provoqua
cette proposition de la part de M. Russell de vous séparer
parce que vous ne pouviez plus vous entendre.
Objection
: Hors de cause et non pertinent.
La
Cour : Cela est pertinent si la proposition en
question a été provoquée par quelque offense envers
l'épouse. Telle qu'elle apparaît maintenant, elle
est hors cause. Vous pouvez donner l'histoire du cas
et les relations des personnes impliquées. Qu'elle
commence par les premières offenses dont elle s'est
vue affligée par lui et ce qu'elles furent.
M.
Porter : Je veux que vous disiez ce que votre mari a
fait avec cette femme, Rose, en votre présence et
dans votre maison.
Réponse
: En premier lieu je considérais...
Objection
: ...
Question
: Dites-nous ce que vous avez vu, ce qu'il a dit et ce
qu'il a fait.
Réponse
: Un soir, je passais la veillée en bas. Notre
bibliothèque et notre chambre étaient voisines au
deuxième étage. J'ai donc passé la soirée en
lisant et puis, vers 22 heures, je suis montée dans
ma chambre et je pensais qu'il se trouvait dans la
bibliothèque ou dans son lit. J'ai remarqué qu'il n'était
ni dans sa chambre ni dans la bibliothèque. Je suis
allée dans une autres pièce et j'ai découvert qu'il
était en vêtements de nuit, assis à côté du lit
de Mlle Ball. Elle était couchée. En d'autres
occasions, je l'ai trouvé là; elle le faisait venir
en disant qu'elle n'était pas bien et qu'elle le
voulait près d'elle. Je me suis opposée à cela en
lui disant que c'était inconvenant: "Il y a des
gens tout autour; quelle sorte de réputation
s'attachera à notre maison si tu agis ainsi?".
Il s'est fâché.
Question
: Vous déclarez que vous l'avez pris à récidiver;
combien de fois?
Réponse
: Je l'ai trouvé plusieurs fois; je ne me souviens
pas combien.
Question
: Dans la chambre de Mlle Ball?
Réponse
: Oui monsieur; et dans la chambre de la servante également.
Question
: A-t-il donné une raison expliquant sa présence
dans cette chambre?
Réponse
: Il n'en a pas donné; il s'est fâché tout
simplement.
Question
: Que lui avez-vous dit au sujet de sa conduite?
Réponse
: "Nous avons une grande oeuvre entre les mains.
Dans cette oeuvre, toi et moi devons nous conduire
avec beaucoup de circonspection aux yeux du monde. Si
nous faisons de telles choses, qu'est-ce qui arrivera?
Supposons que tu ne fasses rien de mal, ne crois-tu
pas que les gens vont parler? Je ne suis pas
contente!" Il m'a répondu qu'il ne se laisserait
pas conduire par moi; j'étais découragée.
Question
: Que faisait Mlle Rose à la Watchtower?
Réponse
: Elle s'occupait de la correspondance.
Question
: Où se trouvait son bureau par rapport à celui de
M. Russell à la Société Watchtower?
Réponse
: Il était dans le même local.
Question
: À quelle heure allait-il aux bureaux de la
Watchtower?
Réponse
: Je ne me souviens pas très bien, il avait
l'habitude de s'y rendre seul.
Question
: Revenait-elle avec lui le soir?
Réponse
: Elle revenait ave lui; ils rentraient vers 11 heures
du soir. Les jeunes gens employés dans le bureau
retournaient chez eux, mais il ne voulait pas qu'elle
retourne avec eux! Elle devait l'attendre et
l'accompagner.
Question
: Je veux seulement le fait. Est-ce que Mlle Rose
revenait à la maison en compagnie de votre mari?
Réponse
: Oui monsieur.
Question
: Dites à Cour quelle conversation, si conversation
il y a eut, vous avez eue avec cette demoiselle Rose
concernant ses relations avec votre mari, conversation
que vous auriez ensuite rapportée à votre mari.
Objection
...
La
Cour : L'objection est maintenue à moins que vous ne
montriez ce que vous vous proposez de prouver.
M.
Porter : Nous nous proposons de prouver par la déposition
du témoin que la requérante, ayant observé la
conduite (telle que déclarée par elle) de son mari,
est allée trouver la jeune fille et en obtint la déclaration
suivante: M. Russell, à divers moments, lui
prodiguait embrassements et baisers, il l'appelait sa
petite femme et lui disait que le cœur de l'homme était
si grand qu'il pouvait aimer une douzaine de femmes,
mais que le cœur d'une femme était si petit qu'elle
ne pouvait aimer convenablement qu'un seul homme.
«
Après avoir reçu cette déclaration, la requérante
en fit part à son mari qui admit que c'était vrai.»
Question
: Madame, vous avez compris l'ordre de la Cour. Vous
allez nous dire ce que vous avez déclaré à votre
mari concernant Rose Ball, ainsi que sa réponse.
Réponse
: Je lui ai dit que j'avais appris quelque chose de très
grave. Je ne le lui ai pas dit de suite, j'ai laissé
passer une journée jusqu'à ce que je me sente
suffisamment maîtresse de moi et que je puisse
parler. «Rose m'a dit que tu avais été très
familier avec elle, que tu as pris l'habitude de
l'embrasser, de lui donner des baisers et de la faire
asseoir sur tes genoux et de lui faire des caresses.
Tu lui as ordonné de ne rien dire; cependant elle ne
pouvait plus se taire plus longtemps. En voyant mon désespoir
elle est venue tout me dire».
La
Cour : Qu'a-t-il dit?
Réponse
: Il a essayé de prendre cela à la légère. Je lui
ai dit: «Mon ami, tu ne peux pas faire cela, je
connais toute l'histoire, Rose m'a parlé sans détour
et je sais que c'est vrai.» Alors il m'a dit qu'il
regrettait, que c'était vrai mais qu'il ne voulait
pas faire le mal. Je lui ai répondu que je ne voyais
pas comment il aurait pu poser un tel acte sans
vouloir mal agir.
Question
: Quelle année était-ce?
Réponse
: 1894, en automne.
M.
Porter : Avez-vous mentionné à votre mari, lors de
cette rencontre, certains mots doux?
Réponse
: Oui monsieur.
Question
: Quels étaient-ils?
Réponse
: J'ai dit à mon mari que Rose m'a raconté qu'un
soir en revenant à la maison, dès qu'ils furent entrés
dans le living, (il était près de 11 heures du
soir), il la serra dans ses bras et l'embrassa. Cela
s'est passé dans le vestibule avant d'entrer dans le
living. Il l'appela "sa petite femme". Elle
protesta: "je ne suis pas votre femme!"
Question
: Et quels autres mots doux employa-t-il?
Réponse
: Il a dit: "Je suis comme une méduse, je flotte
ici et là, je touche celle-ci et celle-là. Si elle répond,
je la prends, sinon je flotte vers d'autres."
Rose a écrit ces choses afin que je puisse me les
rappeler et il a avoué les avoir dites.