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Témoins
de qui?
Jusqu'en 1931, les
adeptes de la théologie russeliste étaient connus
sous le nom de «étudiants de la bible». Cependant à
partir de cette date, au Congrès
de Cedar Point en Ohio, Rutherford
voulant complètement rompre avec certains groupes restés
fidèles à toute la pensée de Russell, opta pour l'appellation
«Témoin de Jéhovah»:
«A
l'origine, les membres de ce groupe étaient connus sous
le nom d'étudiants de la bible, mais en 1931 ils ont
adopté l'appellation biblique de témoins de Jéhovah
(Es. 43:10-12).» Comment raisonner à partir des
Écritures?, 1986, pages 397-398
Examinons donc les deux
éléments qui composent ce nom. D'abord,
le nom de Jéhovah auquel la SDTJ tient beaucoup, est-ce
vraiment le seul nom légitime de Dieu? Et ensuite le mot
«témoin». De qui la Bible
nous demande-t-elle d'être les témoins?
Jéhovah
Les témoins de Jéhovah
attachent beaucoup d'importance au
nom Jéhovah sur lequel ils basent toute leur identité.
Quelle est l'origine de
cette appellation? Est-ce vraiment le seul nom par
lequel Dieu se manifeste, le seul nom légitime?
Explication
Le texte biblique
originel ne le mentionne pas, il contient plutôt
ce qu'on appelle le tétragramme. Le tétragramme est
l'ensemble des quatre lettres
hébraïques (yod, hé, waw, hé), c'est-à-dire:
Y (ou J) H V H, formant dans l'Ancien Testament, et là
exclusivement, le nom le plus répandu de Dieu.
A l'origine, le texte
biblique n'avait aucune consonne. Les Juifs, par crainte
respectueuse de la sainteté divine, n'avaient pas le
droit de prononcer le tétragramme (Yahvé). Lors de la
lecture du texte, ils lui substituaient le nom Adonaï (le
Seigneur). Plus tard, quand les massorètes ajoutèrent
les voyelles au texte, ils mirent sous le tétragramme les
voyelles d'Adonai, à titre de rappel. Selon leur système
de voyelles, un «e» bref fut introduit à la place du «
A». Le terme Jéhovah est donc le résultat de l'amalgame
des consonnes du tétragramme avec les voyelles du
substitut. (J. Dheilly, Dictionnaire biblique, Desclée,
1964, page 572)
Mais le mot «Jéhovah»
n'a jamais été utilisé par les Juifs eux-mêmes. D'après
l'Encyclopedia Judaïca, lorsque les théologiens chrétiens
d'Europe se mirent à étudier l'hébreu, comme ils ne
comprenaient pas le sens du tétragramme et ses voyelles,
ils forgèrent le mot «Jéhovah».Encyclopedia Judaïca,
Jérusalem, vol. 7, page 680
En fait, comme le font
également remarquer les témoins de Jéhovah, c'est un
moine dominicain, qui en 1270, utilisa pour la première
fois le terme «Jéhovah» dans une publication.
«Ce
fut un moine dominicain espagnol, Raymundus Martini, qui
transcrivit le premier le nom divin
sous la forme «Jéhovah», témoin
son livre Pugeo Fedeï qui fut publié en 1270, soit il
y a plus de
700 ans.» La tour de garde, 1 mai 1980, page 11
Le mot «Jéhovah»
n'est donc apparu que très tardivement. Cette translittération
du tétragramme fut ensuite adoptée par de nombreux chrétiens,
comme étant la forme authentique du nom de Dieu, mais
maintenant elle est «reconnue comme une forme hybride
tardive jamais utilisée par les Juifs». (Webster's Third
New International Dictionary)
Tous les commentaires et
encyclopédies reconnaissent aujourd'hui, qu'il s'agit là
d'une forme erronée, d'une construction inexacte du tétragramme.
(Larousse, page 1329;Encyclopedia Britannica;Webster's
Collegiate Dictionary;The Universal Jewish Encyclopedia;
The new schaff-herzog Encyclopedia; New catholic
Encyclopedia;The interpreters dictionary of the bible;Encyclopedia
International;Merits student Encyclopedia;Vocabulaire de
théologie biblique, cerf, 1981, page 1390;Nouveau
dictionnaire biblique, Emmaüs, Vennes;Le proche-Orient
Asiatique, Presses Universitaires de France, 1974, page
319)
Comme l'affirme The
Jewish Encyclopedia: «Cette
prononciation est grammaticalement impossible. La forme
Jéhovah est une impossibilité philologique.»
Il est certain que le tétragramme
est le nom de Dieu le plus répandu dans l'A.T. (plus de
6000 fois). Cependant Dieu possède d'autres noms et les témoins
de Jéhovah le reconnaissent:
«Le
Créateur s'est fait connaître à ses créatures sous
différents noms
et chacun d'eux a une signification profonde.»
Joseph F. Rutherford, Qui est Dieu?, 1932, page 4
Ces divers noms sont en
fait: Elohim, Yahvé, Adonaï; El, Eloah, Shaddaï...etc.
De plus, il n'existe
aucune preuve que le tétragramme était utilisé ou
reproduit dans le texte du N.T. Aucune version grecque (y
compris celles de la SDTJ) ne contient le tétragramme.
Dans le Nouveau Testament, Jésus appelle Dieu «Père»
et introduit une nouvelle dimension dans la relation avec
Dieu. Il n'est plus lointain et redoutable, mais proche et
plein d'amour, comme (exprime ce nouveau nom de «Père».
Jésus n'a jamais utilisé le nom Yahvé (ni donc Jéhovah),
même lors de sa mort (Matthieu 27:46). Lorsque Jésus déclare:
«Je leur ai fait connaître ton nom» (Jean 17:26), il ne
peut être question du tétragramme que tout Juif
connaissait, mais bien celui de Père (1 Jean 2:13).
Soulignons que le N.T. contient 260 fois le nom de «Père»
et jamais le terme Jéhovah. Ce qui montre que Dieu veut
être connu sous le nom de Père.
Arguments
de la SDTJ
Comment la SDTJ se
justifie-t-elle donc, quand on voit le peu de crédibilité
accordé à ce nom par les spécialistes? Comment réagit-elle
à ces analyses?
La SDTJ insiste sur le
fait que le seul vrai nom est Jéhovah:
«Par
sa Parole, la bible, Dieu nous a fait connaître son nom
personnel Jéhovah.» La vérité qui conduit à
la vie éternelle, 1968, page 17
«N'en
déplaise aux nations dites chrétiennes ou païennes,
Jéhovah est le nom divin.»
La tour de garde, 1 mai 1972, page 279
«Ce
qui différencie le vrai Dieu des faux dieux, c'est son
nom personnel Jéhovah.»
La tour de garde, 15 novembre 1977, page 702
Cette dernière citation
est assez surprenante. Si le nom Jéhovah différencie le
vrai Dieu des faux alors Christ serait un faux dieu
puisque selon les témoins de Jéhovah, Il n'est pas Jéhovah.
Pourtant, la SDTJ
reconnaît à mots couverts que le nom Jéhovah est assez
récent et contesté, les citations suivantes en donnent
des indices:
«Quoique
personne ne sache avec certitude comment le prononcer
correctement, les anciens documents attestent que ce nom
se lisait Jéhovah dès le 12ème siècle de notre ère
et qu'il a été rendu populaire dans la chrétienté
sous cette forme-là.» Les témoins de Jéhovah
dans les desseins divins, 1971, page 258
«II
se peut que la prononciation Yahweh soit plus correcte
mais la forme latinisée Jéhovah continue d'être
employée, car cette traduction française du tétragramme
...a été consacrée par l'usage.» Toute Écriture
est inspirée de Dieu et utile, 1967, page 319
«Tout
en ayant un penchant pour la prononciation Yah-Weh comme
étant la plus correcte, nous avons retenu la forme Jéhovah
parce qu'elle était plus familière aux gens depuis le
14ème siècle.» Traduction du monde-nouveau,
1950, page 25, anglais
Ensuite, dans de
nombreux articles, les témoins de Jéhovah confondent
volontairement le tétragramme et Jéhovah, les utilisant
l'un pour l'autre et créant ainsi la plus grande des
confusions:
«Les
sophérim qui avaient une crainte superstitieuse de
prononcer le nom Jéhovah se permirent de le remplacer
en 134 endroits par adonaï (le Seigneur) et en 17
autres passages par Elohim (Dieu)?» Équipé
pour toutes bonnes oeuvres, 1951, page 45
«Dans
le texte original hébreu le nom Jéhovah figure plus de
6800 fois.» Équipé pour toutes bonnes oeuvres,
1951, page 45
Impossible puisque ce
terme n'existait pas avant 1270 de notre ère. En lisant
ces citations, tout lecteur non averti croira que les
scribes juifs qui vivaient avant Jésus-Christ
connaissaient et utilisaient le terme Jéhovah. II croira
ainsi que ce mot est employé environ 7000 fois dans les
langues bibliques. Alors qu'il s'agit uniquement du tétragramme
et que celui-ci n'est jamais utilisé dans les manuscrits
du Nouveau Testament, les témoins de Jéhovah le
reconnaissent.
«L'un
des faits notoires, non pas seulement des manuscrits
existants du texte original grec mais de nombreuses
versions anciennes et modernes, est l'absence du nom
divin.» Traduction du monde-nouveau, 1950, page
10, anglais
Pour soutenir leur théorie,
les témoins de Jéhovah prétendent également que le
texte des Écritures grecques chrétiennes (NT) a été
modifié avant le 4ème siècle:
«Il
existe encore des milliers de manuscrits des Écritures
grecques chrétiennes, mais la plupart d'entre eux ne
remontent pas plus haut qu'au 4ème siècle. Voilà qui
soulève une question importante: Se pourrait-il que le
texte des Écritures grecques chrétiennes ait été altéré
avant le 4ème siècle, de sorte que le nom de Dieu en
aurait disparu? Tout indique que c'est bien là ce qui
s'est passé.»
Le nom divin qui demeure à
jamais, 1985, page 24
Mais dans d'autres
textes, les témoins de Jéhovah assurent au contraire que
Dieu a minutieusement veillé sur sa Parole:
«Ceux
qui, aujourd'hui, vous disent qu'on ne peut être
certain que la bible contienne un texte exact, ne
connaissent vraisemblablement pas ces faits établis. Il
fallait s'attendre à ce que Dieu veille à la préservation
de sa Parole, afin que la Vérité, les principes et la
connaissance qu'elle renferme soient protégés. La
bible elle-même contient la promesse que Dieu préserverait
ainsi sa Parole (Daniel 12:4, 1 Pierre 1:24, 25, Révélation
22:18-19)»
La bible est-elle vraiment la parole de Dieu?,
1969, page158
«Le
Dieu Tout-puissant, qui a inspiré la bible, a veillé
à ce que l'intégrité de son texte soit préservée
dans ces copies manuscrites» Dieu se soucie-t-il
vraiment de nous?, 1992, page 9
Et encore:
«Jéhovah-Dieu,
le Créateur Tout-Puissant de l'univers si
impressionnant pouvait certainement être aussi l'auteur
d'un livre et veiller
à préserver l'intégrité de celui-ci au fil des siècles.»
La paix et la sécurité véritables:Comment
est-ce possible?, 1986, page 30
Les affirmations sont
contradictoires. D'un côté, le texte biblique aurait été
modifié pour perdre toute trace du nom de Dieu, de
l'autre, Dieu aurait miraculeusement préservé l'intégrité
du texte.
Finalement, il ne reste
plus comme dernier recours aux témoins de Jéhovah que
d'utiliser des arguments manifestement fallacieux:
«Le
Docteur Reisel écrivit ceci: «Le tétragramme a dû être
prononcé par le Grand Prêtre jusqu'à la destruction
du second temple en 70 de notre ère.» La
tour de garde, 1 août 1978, page 5
«Toutes
les traductions grecques de la bible faites par des
Juifs avant l'avènement du christianisme, ont dû
employer le nom de Dieu
sous la forme du tétragramme écrit en caractères hébreux.»
La tour de garde, 1 août
1978, page 8
«Comme
l'a souligné l'article précédent, il semble que vers
le début du 2ème siècle
on commença à remplacer le nom divin dans le
nouveau testament.» La
tour de garde, 1 août 1978, page 12
Ces textes n'ont aucun
fondement, car comme nous l'avons vu, pour tous les
savants (ainsi que les spécialistes juifs) le mot «Jéhovah»
est une grossière erreur et il n'a jamais été utilisé
par les Juifs.
Voici donc toute l'évidence
offerte par la SDTJ. C'est sur une telle base qu'elle se
permet de corriger les textes bibliques de près de 5000
manuscrits. Ces textes auraient été falsifiés et Dieu
n'aurait pas pu préserver un seul manuscrit valable
renfermant son nom.
En fait, les témoins de
Jéhovah utilisent la prononciation Jéhovah tout
simplement parce qu'ils se sont basés sur une tradition.
Malheureusement, ils ne peuvent plus faire marche arrière,
même si les études les contredisent, car ils y
perdraient leur crédibilité. Il serait pourtant préférable
d'abandonner la prononciation Jéhovah pour celle plus
correcte de Yahweh, même si
la tradition a consacré la mauvaise prononciation, par
simple rigueur et respect pour le texte biblique.
Témoins
de qui?
Le texte biblique qui
justifie le nom de «Témoins de Jéhovah» est le
suivant:
«Vous
êtes mes témoins, dit l'Éternel.» Esaïe 43
Le contexte, notamment
tout le chapitre 43, montre que ce verset s'applique aux
Israélites de cette époque. Dans l'ancienne alliance,
Israël était le peuple témoin de Yahweh alors que dans
la nouvelle, les enfants de Dieu sont dénommés chrétiens
ou encore «témoins de Christ» (Actes 11:26).
Lorsque le Seigneur Jésus
déclare:
«
Je leur ai fait connaître ton nom» Jean 17:26
Il ne s'agit pas du tétragramme
que tout Juif connaissait très bien mais du nom de Père
(1 Jean 2:13). Pas une seule fois, Jésus n'a appelé le Père
« Yahweh» ou «Jéhovah». La Parole de Dieu démontre
que nous sommes les témoins de Christ et non des témoins
de Jéhovah.
"Mais
vous recevez une puissance, celle du Saint-Esprit et
vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée,
dans la Samarie et Jusqu'aux extrémités de la
terre." Actes 17:6
"Je
vis cette femme ivre du sang des Saints et du sang des témoins
de Jésus" Apocalypse 17:6
Nous sommes les témoins
de Jésus et toute notre vie est vécue en son nom parce
que c'est en Christ que nous avons tout reçu de Dieu.
- Le salut en Christ
"Ils
répondirent:Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé
toi et ta famille" Actes 16:31
"Pendant
que Jésus était à Jérusalem à la fête de pâque,
plusieurs crurent en son nom, à la vue des miracles
qu'il faisait." Jean 2:23
"...Vous
avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ..."
1 Corinthiens 6:11
- Le pardon par Christ
"Et
maintenant, pourquoi tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé
et lavé de tes péchés, en invoquant son nom" Actes
22:16
"Tous
les prophètes rendent de lui le témoignage que
quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon
des péchés" Actes 10:43
- La vie éternelle par
Christ
"Mais
ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est
le Christ le Fils de Dieu et qu'en croyant, vous ayez
la vie en son nom" Jean 20:31
"Cela,
je vous l'ai écrit afin que vous sachiez que vous
avez la vie éternelle vous qui croyez au nom du Fils
de Dieu." 1 Jean 5:13
- La prière au nom de
Christ
"...à
l'église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont
été sanctifiés en Christ-Jésus, appelés à être
saints et à tous ceux qui, en quelque lieu que ce
soit, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ..."
1 Corinthiens 1:2
"Et
tout ce que vous demanderez en mon nom, je le
ferai..." Jean 14:13
"Rendez
grâces continuellement à Dieu le Père au nom de
notre Seigneur Jésus-Christ." Éphésiens
5:20
- La marche en Christ
"Quoique
vous fassiez en parole ou en acte, faites tout au nom
du Seigneur Jésus..." Colossiens 3:17
"Mais
sanctifiez dans vos coeur Christ le Seigneur."
1 Pierre 3:15
"Car
là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, Je
suis au milieu d'eux." Matthieu 18:20
- La prédication au
nom de Christ
"Je
me suis fais l'honneur d'annoncer l'Évangile là où
Christ n'avait pas été annoncé..."
Romains 15:20
"Et
que la repentance en vue du pardon des péchés serait
prêchée en son nom à toutes les nations..."
Luc 24:47
"Alors,
ils les appelèrent et leur défendirent absolument de
parler et d'enseigner au nom de Jésus."
Actes 4:18
"...Afin
de porter mon nom devant les nations, les
rois..." Actes 9:15
"...qui
leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu
et du nom de Jésus-Christ." Actes 8:12
"Je
vous exhorte, frères, par le nom du Seigneur Jésus-Christ."
1 Corinthiens 1:10
- Les miracles au nom
de Christ
"...au
nom de Jésus-Christ de Nazareth, marches." Actes
3:6
"...Je
t'ordonne au nom de Jésus-Christ de sortir d'elle et
il sortit à l'heure même." Actes 16:18
- La souffrance à
cause de Christ
"Et
quiconque aura quitté à cause de mon nom, frères, pères..."
Matthieu 19:29
"Ceux
qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ."
Actes 15:26
"Vous
serez haïs à cause de mon nom" Matthieu
10:22
"Mais
tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom."
Jean 15:21
"...Joyeux
d'avoir été jugés digne de subir les outrages pour le
nom de Jésus." Actes 5:41
"Et
je lui montrerai combien il devra souffrir pour mon
nom." Actes 9:16
"...Mais
encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus."
Actes 21:13
Tous ces textes montrent
qui est au centre d'une vie de témoin: Jésus-Christ. Par
lui, nous sommes sauvés et pardonnés; C'est en son nom
que nous prions et que nous prêchons; à cause de lui que
nous supportons tout. Celui qui veut vivre pour Dieu sera
donc, comme les premiers chrétiens, un témoin de Jésus-Christ.
Témoignages d'ex-témoins
de Jéhovah
- K.H.
Geis a servi comme surveillant de
circonscription. Il est resté 43 ans chez
les TJ.
- Raymond
Franz, membre du collège central mondial
- W.J.
Schnell, serviteur de Zone. Il décrit la méthode
de "lavage de cerveau".
- Bill
Cetnar, bureau d'édition au niveau mondial.
"J'étais responsable d'un tiers des
Etats-Unis"
- Joan
Cetnar son épouse: Elle nous parle la vie
de pacha du président des Témoins de Jéhovah
- Carbonnelle,
responsable de congrégation "J'ai perdu
30 années de ma vie..."
- Jacques
Luc était ancien des Témoins de Jéhovah
(pendant 41 ans). "L'organisation récolte
énormément d'argent"
- Michel
Leblanc qui fut membre d'une des plus ancienne
congrégation des témoins de Jéhovah aux Canada. "il
y a de la vie après les sectes"
-
Témoignages
Dans ce monde froid
et hostile, je ne trouvais pas ma place. De nature très
sensible, j'ai vécu douloureusement la mort de ma mère
et il ne semblait pas exister d'amour ou d'amitié
sincères autour de moi. De tradition catholique, je
ne trouvais pas non plus de réponses satisfaisantes
à ma soif spirituelle dans cette religion. Mon mari
partageait cette sensibilité, nous nous posions des
questions sur la vie, et notre recherche de Dieu a
commencé à ce moment-là, au début de notre mariage
en 1981.
Les années ont passé
et, en 1990, quand les témoins de Jéhovah sont venus
frapper à notre porte, nous parlant de la résurrection
des morts et d'un paradis sur terre, le message nous a
touchés. Leur costume-cravate, leur Bible à la main
et leur langage poli nous inspiraient confiance.
Au début nous étions
enchantés, ils nous ont appris à nous familiariser
avec la Bible et apportaient des réponses à nos
questions. Petit à petit, on nous fit comprendre
qu'il fallait toujours progresser, d'une heure par
semaine au début, nous consacrions 12 heures par
semaine trois ans plus tard (5 réunions hebdomadaires
+ la préparation des études). Travaillant à deux,
nous n'avions plus le temps de nous délasser et nous
nous culpabilisions lorsqu'il nous arrivait de préférer
nous reposer.
Cependant quelque
chose nous bloquait car au bout de trois années d'études,
nous ne nous sentions pas encore prêts pour la prédication
de porte en porte. Je sentais que quelque chose
n'allait pas, mais je ne
savais pas encore quoi. Puis des doutes sont venus
s'installer concernant la véracité des choses que
nous apprenions. Beaucoup de paroles étaient dites,
mais peu de choses étaient mises en pratique. Les façons
d'agir me surprenaient. Des contradictions
apparaissaient au grand jour dans les études: ce que
nous avions appris trois ans auparavant n'était plus
valable maintenant, nous ne comprenions plus.
Ayant fait part de
nos doutes aux témoins de Jéhovah, ils nous dirent
que nous ne devions pas nous arrêter à ces détails,
et qu'il fallait toujours progresser, que nous devions
prier. J'ai écouté leur dernier conseil et j'ai prié
de toutes mes forces pour que Dieu me guide vers la Vérité.
Nous sentions que les réunions des témoins de Jéhovah
étaient plus axées sur la prédication et la vente
de leurs livres, que sur l'amour du prochain. Nous
avons été mis en contact avec un exégète des Écritures,
Christian Wallez, qui nous a démontré, preuves à
l'appui, que nous faisions fausse route, que les témoins
de Jéhovah étaient une secte puissante qui se dit
avoir la «vérité» mais qui utilise «le mensonge»
habilement, et tout cela à l'insu des adeptes qui
sont sincères et de bonne foi.
Nous avions des amis
témoins de Jéhovah, et dès que nous leur avons fait
part de nos recherches, ils n'ont plus voulu nous
voir. Nous avons même reçu des menaces de la part de
certains témoins qui ont dit que «notre attitude était
grave» et que «Dieu nous détruirait quand Harmaguédon
viendrait». J'ai traversé une longue période
d'angoisse et de peur pendant plusieurs mois:
inconsciemment, j'avais été endoctrinée et j'ai mis
du temps à redevenir «normale». Je ne comprenais
pas que des gens que j'estimais, me rejetaient de
cette façon, alors que je n'avais fait que vérifier
si j'étais dans la vérité. Je n'avais rien fait de
mal. J'étais profondément déçue.
Après trois années
d'études chez les témoins de Jéhovah, nous en
concluons que l'homme est vulnérable et qu'il doit
rester vigilant. Il faut vérifier tout ce qui est
dit, comme Dieu nous le conseille. Le but principal
des témoins, c'est d'avoir une connaissance technique
de la Bible, associée à la prédication de porte en
porte qui est obligatoire. Mais le commandement «Aime
ton prochain comme toi-même» est laissé à l'abandon.
La Vérité principale du message de la Bible, qui est
basée sur l'amour, n'est pas comprise, malgré toutes
les connaissances théoriques.
Mais je ne regrette
pas tout, je lis toujours la Bible, la Parole de Dieu.
Je continue à Le rechercher et à me laisser guider
par Lui. Il ne nous décevra jamais, ne nous mentira
jamais. Heureusement, Il continue de faire partie de
ma vie, et Il me rend heureuse: j'ai appris à connaître
l'immense amour de Dieu et de Jésus, une fois sortie
de cette secte.
Catherine Truant
Dépt. du Nord
Je suis né dans une
famille vaguement chrétienne. Passés les baptêmes
et les communions dans l'église catholique romaine,
mes parents et moi n'avons plus jamais remis les pieds
dans ces édifices, sauf pour les visiter. Mais,
lorsque j'avais environ trois ans, mes parents ont
rencontré les témoins de Jéhovah. Ils sont restés
attachés à cette secte pendant 7 ou 8 ans. Mon père
fumait, mauvaise habitude qui ruine la santé, mais
chez les Témoins de Jéhovah, c'est une cause
d'excommunication. Dénoncé par un de ses ex-confrères
mon père subit cette condamnation sans tarder. Ma mère,
elle, continua tant bien que mal dans cette voie et,
pour ma part, j'assistais de temps en temps aux réunions
pour lui faire plaisir et par soumission. C'était une
corvée et, vers l'âge de 10 ans, je fus soulagé
lorsque ma mère arrêta de s'y rendre.
Ce n'est que plus
tard, vers l'âge de 18 ans, que je me suis engagé
moi-même dans cette organisation religieuse. C'était
pour moi un âge critique où je me cherchais et où
je recherchais Dieu. Une chose positive est toutefois
restée de cette adhésion, la rencontre avec mon épouse.
Du côté négatif,
un aspect m'a particulièrement frappé: le salut par
les oeuvres. J'étais certain de ne jamais faire assez
pour mériter le salut de Dieu. Wilfried Monod,
illustre prédicateur français a dit: «se justifier
par les oeuvres ce serait faire comme un aveugle qui
prétendrait corriger la cécité d'un de ses yeux à
l'aide de son autre oeil, aveugle aussi.» Le
sentiment terrible de culpabilité que j'ai ressenti
pendant ces années confirme cette affirmation.
Après avoir refusé
d'accomplir mon service militaire, je fus condamné à
un an de prison ferme et à deux ans de
conditionnelle. En sortant de cette épreuve, j'étais
anéantis par une dépression nerveuse terrible. Les
«anciens» l'ont expliquée, entre autres, par un
manque de foi en Dieu. Ces accusations ne firent
qu'empirer ma situation.
Après six ans de
cauchemar, j'ai décidé une fois pour toutes de
briser tous les contacts que j'avais avec cette secte.
Mais, spirituellement, je roulais sur la réserve et
la panne n'était pas loin. Concrètement, je ne
priais plus, je ne lisais plus la Bible, j'avais de
nouveau des idées noires au point de souhaiter
parfois la mort. La religion m'avait déçu et
pourtant la vie sans Dieu ne valait pas la peine d'être
vécue.
Quelques temps plus
tard, je réfléchissais sans le vouloir à l'état
dans lequel je me trouvais. Le résultat était décevant.
J'étais perdu, je n'avais goût à rien, les disputes
entre ma femme et moi étaient fréquentes, je me détestais.
Mes péchés m'écrasaient sous une montagne de
culpabilité, mais une parcelle de courage qui, je le
vois maintenant, me venait de Dieu me força à
chercher. Et c'est devenu une obsession, chercher
Dieu.
J'ai parlé, un soir
d'avril, avec un ancien camarade d'enfance qui, par
ses paroles sincères, m'encouragea à assister à un
culte évangélique. Je fus favorablement impressionné
par les chants, les prières ferventes et la prédication
du pasteur. Le mardi suivant, à l'étude biblique,
j'ai emprunté le livre de Christian Piette concernant
les témoins de Jéhovah. Les explications et les
versets de la Bible utilisés m'ouvrirent les yeux et
le cœur. J'étais ébahi par ce que je lisais,
surtout en découvrant que pendant six ans j'avais
entendu des mensonges, notamment sur la pleine divinité
de Jésus-Christ, cette découverte me sidéra.
Au sujet du salut
par les oeuvres, qui me préoccupait principalement,
les versets d'Éphésiens 2:8-10 me firent réfléchir:
«Car c'est par grâce que vous êtes sauvés, par le
moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est
le don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres afin
que personne ne se glorifie. Car nous sommes son
ouvrage ayant été créés en Jésus-Christ pour de
bonnes oeuvres que Dieu a préparées d'avances afin
que nous les pratiquions.» Actes 10:43 me frappa également:
«Tous les prophètes rendent témoignage à Jésus,
que par son sang quiconque croit en lui reçoit
le pardon de ses péchés.»
La lecture de la
bible et de ces livres m'encouragea à continuer mes
recherches. Je sentais au fond de moi l'espoir qui
renaissait. L'assistance au cultes me permit aussi de
découvrir la communion entre frères et avec Dieu,
dont je n'avais jamais ressenti la présence lors des
réunions chez les témoins de Jéhovah.
Le 3 mai 1993, il était
23h00 environ, ma femme et notre fille étaient couchées,
je me suis installé à la table de la cuisine et j'ai
prié comme jamais auparavant. J'ai remis entre les
mains du Seigneur mes péchés les plus secrets et les
angoisses qui me tenaillaient depuis si
longtemps. Je lui ai voué ma vie. J'ai répondu à
son appel plein d'amour. La vie et la lumière sont
entrées dans ma vie lorsque j'ai ouvert la porte de
mon cœur. Je ressentais la présence du Seigneur
autour de moi et en moi. J'avais la pleine certitude
du pardon de mes péchés et toute culpabilité m'a
quitté dès cet instant. Cette nuit-là, j'ai pleuré
de joie.
Au fil des semaines,
le fanatisme aveugle que j'avais développé chez les
témoins de Jéhovah s'atténua. Mon amour pour Dieu
et pour la vie augmenta. L'entente conjugale ne fut
pas parfaite, mais s'améliora sensiblement. Depuis
huit ou neuf mois, je n'avais plus eu aucun contact
avec mes parents. Comme ils étaient exclus des témoins
de Jéhovah, je pensais faire la volonté de Dieu en
refusant de les côtoyer. Je leur ai demandé pardon
et nous nous sommes réconciliés à notre plus grande
joie à tous.
Pour moi, c'était
une nouvelle vie qui m'était offerte. J'étais un peu
comme cet oisillon qui s'élance dans les airs et qui
découvre qu'il peut voler. Une véritable sensation
de liberté et de joie montait en moi, comme une bouffée
de chaleur. J'ai le même sentiment lorsque je serre
ma fille ou ma femme contre mon cœur. Je ressens une
tendresse profonde, la manifestation d'un amour partagé.
Dieu était près de moi et, dans ma détresse, il m'a
secouru. Il m'a adopté en tant que fils. C'est la
plus belle expérience qu'un être humain puisse faire
dans sa courte vie.
Fabien Georges
Charleroi
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