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Témoins de qui?

Jusqu'en 1931, les adeptes de la théologie russeliste étaient connus sous le nom de «étudiants de la bible». Cependant à partir de cette date, au Congrès de Cedar Point en Ohio, Rutherford voulant complètement rompre avec certains groupes restés fidèles à toute la pensée de Russell, opta pour l'appellation «Témoin de Jéhovah»:

«A l'origine, les membres de ce groupe étaient connus sous le nom d'étudiants de la bible, mais en 1931 ils ont adopté l'appellation biblique de témoins de Jéhovah (Es. 43:10-12).» Comment raisonner à partir des Écritures?, 1986, pages 397-398

Examinons donc les deux éléments qui composent ce nom. D'abord, le nom de Jéhovah auquel la SDTJ tient beaucoup, est-ce vraiment le seul nom légitime de Dieu? Et ensuite le mot «témoin». De qui la Bible nous demande-t-elle d'être les témoins?

Jéhovah

Les témoins de Jéhovah attachent beaucoup d'importance au nom Jéhovah sur lequel ils basent toute leur identité. Quelle est l'origine de cette appellation? Est-ce vraiment le seul nom par lequel Dieu se manifeste, le seul nom légitime?

Explication

Le texte biblique originel ne le mentionne pas, il contient plutôt ce qu'on appelle le tétragramme. Le tétragramme est l'ensemble des quatre lettres hébraïques (yod, hé, waw, hé), c'est-à-dire: Y (ou J) H V H, formant dans l'Ancien Testament, et là exclusivement, le nom le plus répandu de Dieu.

A l'origine, le texte biblique n'avait aucune consonne. Les Juifs, par crainte respectueuse de la sainteté divine, n'avaient pas le droit de prononcer le tétragramme (Yahvé). Lors de la lecture du texte, ils lui substituaient le nom Adonaï (le Seigneur). Plus tard, quand les massorètes ajoutèrent les voyelles au texte, ils mirent sous le tétragramme les voyelles d'Adonai, à titre de rappel. Selon leur système de voyelles, un «e» bref fut introduit à la place du « A». Le terme Jéhovah est donc le résultat de l'amalgame des consonnes du tétragramme avec les voyelles du substitut. (J. Dheilly, Dictionnaire biblique, Desclée, 1964, page 572)

Mais le mot «Jéhovah» n'a jamais été utilisé par les Juifs eux-mêmes. D'après l'Encyclopedia Judaïca, lorsque les théologiens chrétiens d'Europe se mirent à étudier l'hébreu, comme ils ne comprenaient pas le sens du tétragramme et ses voyelles, ils forgèrent le mot «Jéhovah».Encyclopedia Judaïca, Jérusalem, vol. 7, page 680

En fait, comme le font également remarquer les témoins de Jéhovah, c'est un moine dominicain, qui en 1270, utilisa pour la première fois le terme «Jéhovah» dans une publication.

«Ce fut un moine dominicain espagnol, Raymundus Martini, qui transcrivit le premier le nom divin sous la forme «Jéhovah», témoin son livre Pugeo Fedeï qui fut publié en 1270, soit il y a plus de 700 ans.» La tour de garde, 1 mai 1980, page 11

Le mot «Jéhovah» n'est donc apparu que très tardivement. Cette translittération du tétragramme fut ensuite adoptée par de nombreux chrétiens, comme étant la forme authentique du nom de Dieu, mais maintenant elle est «reconnue comme une forme hybride tardive jamais utilisée par les Juifs». (Webster's Third New International Dictionary)

Tous les commentaires et encyclopédies reconnaissent aujourd'hui, qu'il s'agit là d'une forme erronée, d'une construction inexacte du tétragramme. (Larousse, page 1329;Encyclopedia Britannica;Webster's Collegiate Dictionary;The Universal Jewish Encyclopedia; The new schaff-herzog Encyclopedia; New catholic Encyclopedia;The interpreters dictionary of the bible;Encyclopedia International;Merits student Encyclopedia;Vocabulaire de théologie biblique, cerf, 1981, page 1390;Nouveau dictionnaire biblique, Emmaüs, Vennes;Le proche-Orient Asiatique, Presses Universitaires de France, 1974, page 319)

Comme l'affirme The Jewish Encyclopedia: «Cette prononciation est grammaticalement impossible. La forme Jéhovah est une impossibilité philologique.»

Il est certain que le tétragramme est le nom de Dieu le plus répandu dans l'A.T. (plus de 6000 fois). Cependant Dieu possède d'autres noms et les témoins de Jéhovah le reconnaissent:

«Le Créateur s'est fait connaître à ses créatures sous différents noms et chacun d'eux a une signification profonde.» Joseph F. Rutherford, Qui est Dieu?, 1932, page 4

Ces divers noms sont en fait: Elohim, Yahvé, Adonaï; El, Eloah, Shaddaï...etc.

De plus, il n'existe aucune preuve que le tétragramme était utilisé ou reproduit dans le texte du N.T. Aucune version grecque (y compris celles de la SDTJ) ne contient le tétragramme. Dans le Nouveau Testament, Jésus appelle Dieu «Père» et introduit une nouvelle dimension dans la relation avec Dieu. Il n'est plus lointain et redoutable, mais proche et plein d'amour, comme (exprime ce nouveau nom de «Père». Jésus n'a jamais utilisé le nom Yahvé (ni donc Jéhovah), même lors de sa mort (Matthieu 27:46). Lorsque Jésus déclare: «Je leur ai fait connaître ton nom» (Jean 17:26), il ne peut être question du tétragramme que tout Juif connaissait, mais bien celui de Père (1 Jean 2:13). Soulignons que le N.T. contient 260 fois le nom de «Père» et jamais le terme Jéhovah. Ce qui montre que Dieu veut être connu sous le nom de Père.

Arguments de la SDTJ

Comment la SDTJ se justifie-t-elle donc, quand on voit le peu de crédibilité accordé à ce nom par les spécialistes? Comment réagit-elle à ces analyses?

La SDTJ insiste sur le fait que le seul vrai nom est Jéhovah:

«Par sa Parole, la bible, Dieu nous a fait connaître son nom personnel Jéhovah.» La vérité qui conduit à la vie éternelle, 1968, page 17

«N'en déplaise aux nations dites chrétiennes ou païennes, Jéhovah est le nom divin.» La tour de garde, 1 mai 1972, page 279

«Ce qui différencie le vrai Dieu des faux dieux, c'est son nom personnel Jéhovah.» La tour de garde, 15 novembre 1977, page 702

Cette dernière citation est assez surprenante. Si le nom Jéhovah différencie le vrai Dieu des faux alors Christ serait un faux dieu puisque selon les témoins de Jéhovah, Il n'est pas Jéhovah.

Pourtant, la SDTJ reconnaît à mots couverts que le nom Jéhovah est assez récent et contesté, les citations suivantes en donnent des indices:

«Quoique personne ne sache avec certitude comment le prononcer correctement, les anciens documents attestent que ce nom se lisait Jéhovah dès le 12ème siècle de notre ère et qu'il a été rendu populaire dans la chrétienté sous cette forme-là.» Les témoins de Jéhovah dans les desseins divins, 1971, page 258

«II se peut que la prononciation Yahweh soit plus correcte mais la forme latinisée Jéhovah continue d'être employée, car cette traduction française du tétragramme ...a été consacrée par l'usage.» Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile, 1967, page 319

«Tout en ayant un penchant pour la prononciation Yah-Weh comme étant la plus correcte, nous avons retenu la forme Jéhovah parce qu'elle était plus familière aux gens depuis le 14ème siècle.» Traduction du monde-nouveau, 1950, page 25, anglais

Ensuite, dans de nombreux articles, les témoins de Jéhovah confondent volontairement le tétragramme et Jéhovah, les utilisant l'un pour l'autre et créant ainsi la plus grande des confusions:

«Les sophérim qui avaient une crainte superstitieuse de prononcer le nom Jéhovah se permirent de le remplacer en 134 endroits par adonaï (le Seigneur) et en 17 autres passages par Elohim (Dieu)?» Équipé pour toutes bonnes oeuvres, 1951, page 45

«Dans le texte original hébreu le nom Jéhovah figure plus de 6800 fois.» Équipé pour toutes bonnes oeuvres, 1951, page 45

Impossible puisque ce terme n'existait pas avant 1270 de notre ère. En lisant ces citations, tout lecteur non averti croira que les scribes juifs qui vivaient avant Jésus-Christ connaissaient et utilisaient le terme Jéhovah. II croira ainsi que ce mot est employé environ 7000 fois dans les langues bibliques. Alors qu'il s'agit uniquement du tétragramme et que celui-ci n'est jamais utilisé dans les manuscrits du Nouveau Testament, les témoins de Jéhovah le reconnaissent.

«L'un des faits notoires, non pas seulement des manuscrits existants du texte original grec mais de nombreuses versions anciennes et modernes, est l'absence du nom divin.» Traduction du monde-nouveau, 1950, page 10, anglais

Pour soutenir leur théorie, les témoins de Jéhovah prétendent également que le texte des Écritures grecques chrétiennes (NT) a été modifié avant le 4ème siècle:

«Il existe encore des milliers de manuscrits des Écritures grecques chrétiennes, mais la plupart d'entre eux ne remontent pas plus haut qu'au 4ème siècle. Voilà qui soulève une question importante: Se pourrait-il que le texte des Écritures grecques chrétiennes ait été altéré avant le 4ème siècle, de sorte que le nom de Dieu en aurait disparu? Tout indique que c'est bien là ce qui s'est passé.» Le nom divin qui demeure à jamais, 1985, page 24

Mais dans d'autres textes, les témoins de Jéhovah assurent au contraire que Dieu a minutieusement veillé sur sa Parole:

«Ceux qui, aujourd'hui, vous disent qu'on ne peut être certain que la bible contienne un texte exact, ne connaissent vraisemblablement pas ces faits établis. Il fallait s'attendre à ce que Dieu veille à la préservation de sa Parole, afin que la Vérité, les principes et la connaissance qu'elle renferme soient protégés. La bible elle-même contient la promesse que Dieu préserverait ainsi sa Parole (Daniel 12:4, 1 Pierre 1:24, 25, Révélation 22:18-19)» La bible est-elle vraiment la parole de Dieu?, 1969, page158

«Le Dieu Tout-puissant, qui a inspiré la bible, a veillé à ce que l'intégrité de son texte soit préservée dans ces copies manuscrites» Dieu se soucie-t-il vraiment de nous?, 1992, page 9

Et encore:

«Jéhovah-Dieu, le Créateur Tout-Puissant de l'univers si impressionnant pouvait certainement être aussi l'auteur d'un livre et veiller à préserver l'intégrité de celui-ci au fil des siècles.» La paix et la sécurité véritables:Comment est-ce possible?, 1986, page 30

Les affirmations sont contradictoires. D'un côté, le texte biblique aurait été modifié pour perdre toute trace du nom de Dieu, de l'autre, Dieu aurait miraculeusement préservé l'intégrité du texte.

Finalement, il ne reste plus comme dernier recours aux témoins de Jéhovah que d'utiliser des arguments manifestement fallacieux:

«Le Docteur Reisel écrivit ceci: «Le tétragramme a dû être prononcé par le Grand Prêtre jusqu'à la destruction du second temple en 70 de notre ère.» La tour de garde, 1 août 1978, page 5

«Toutes les traductions grecques de la bible faites par des Juifs avant l'avènement du christianisme, ont dû employer le nom de Dieu sous la forme du tétragramme écrit en caractères hébreux.» La tour de garde, 1 août 1978, page 8

«Comme l'a souligné l'article précédent, il semble que vers le début du 2ème siècle on commença à remplacer le nom divin dans le nouveau testament.» La tour de garde, 1 août 1978, page 12

Ces textes n'ont aucun fondement, car comme nous l'avons vu, pour tous les savants (ainsi que les spécialistes juifs) le mot «Jéhovah» est une grossière erreur et il n'a jamais été utilisé par les Juifs.

Voici donc toute l'évidence offerte par la SDTJ. C'est sur une telle base qu'elle se permet de corriger les textes bibliques de près de 5000 manuscrits. Ces textes auraient été falsifiés et Dieu n'aurait pas pu préserver un seul manuscrit valable renfermant son nom.

En fait, les témoins de Jéhovah utilisent la prononciation Jéhovah tout simplement parce qu'ils se sont basés sur une tradition. Malheureusement, ils ne peuvent plus faire marche arrière, même si les études les contredisent, car ils y perdraient leur crédibilité. Il serait pourtant préférable d'abandonner la prononciation Jéhovah pour celle plus correcte de Yahweh, même si la tradition a consacré la mauvaise prononciation, par simple rigueur et respect pour le texte biblique.

Témoins de qui?

Le texte biblique qui justifie le nom de «Témoins de Jéhovah» est le suivant:

«Vous êtes mes témoins, dit l'Éternel.» Esaïe 43

Le contexte, notamment tout le chapitre 43, montre que ce verset s'applique aux Israélites de cette époque. Dans l'ancienne alliance, Israël était le peuple témoin de Yahweh alors que dans la nouvelle, les enfants de Dieu sont dénommés chrétiens ou encore «témoins de Christ» (Actes 11:26).

Lorsque le Seigneur Jésus déclare:

« Je leur ai fait connaître ton nom» Jean 17:26

Il ne s'agit pas du tétragramme que tout Juif connaissait très bien mais du nom de Père (1 Jean 2:13). Pas une seule fois, Jésus n'a appelé le Père « Yahweh» ou «Jéhovah». La Parole de Dieu démontre que nous sommes les témoins de Christ et non des témoins de Jéhovah.

"Mais vous recevez une puissance, celle du Saint-Esprit et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et Jusqu'aux extrémités de la terre." Actes 17:6

"Je vis cette femme ivre du sang des Saints et du sang des témoins de Jésus" Apocalypse 17:6

Nous sommes les témoins de Jésus et toute notre vie est vécue en son nom parce que c'est en Christ que nous avons tout reçu de Dieu.

  1. Le salut en Christ

    "Ils répondirent:Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé toi et ta famille" Actes 16:31

    "Pendant que Jésus était à Jérusalem à la fête de pâque, plusieurs crurent en son nom, à la vue des miracles qu'il faisait." Jean 2:23

    "...Vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ..." 1 Corinthiens 6:11

     

  2. Le pardon par Christ

    "Et maintenant, pourquoi tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé et lavé de tes péchés, en invoquant son nom" Actes 22:16

    "Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés" Actes 10:43

     

  3. La vie éternelle par Christ

    "Mais ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ le Fils de Dieu et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom" Jean 20:31

    "Cela, je vous l'ai écrit afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle vous qui croyez au nom du Fils de Dieu." 1 Jean 5:13

     

  4. La prière au nom de Christ

    "...à l'église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Christ-Jésus, appelés à être saints et à tous ceux qui, en quelque lieu que ce soit, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ..." 1 Corinthiens 1:2

    "Et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai..." Jean 14:13

    "Rendez grâces continuellement à Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ." Éphésiens 5:20

     

  5. La marche en Christ

    "Quoique vous fassiez en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus..." Colossiens 3:17

    "Mais sanctifiez dans vos coeur Christ le Seigneur." 1 Pierre 3:15

    "Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, Je suis au milieu d'eux." Matthieu 18:20

  6. La prédication au nom de Christ

    "Je me suis fais l'honneur d'annoncer l'Évangile là où Christ n'avait pas été annoncé..." Romains 15:20

    "Et que la repentance en vue du pardon des péchés serait prêchée en son nom à toutes les nations..." Luc 24:47

    "Alors, ils les appelèrent et leur défendirent absolument de parler et d'enseigner au nom de Jésus." Actes 4:18

    "...Afin de porter mon nom devant les nations, les rois..." Actes 9:15

    "...qui leur annonçait la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ." Actes 8:12

    "Je vous exhorte, frères, par le nom du Seigneur Jésus-Christ." 1 Corinthiens 1:10

     

  7. Les miracles au nom de Christ

    "...au nom de Jésus-Christ de Nazareth, marches." Actes 3:6

    "...Je t'ordonne au nom de Jésus-Christ de sortir d'elle et il sortit à l'heure même." Actes 16:18

     

  8. La souffrance à cause de Christ

"Et quiconque aura quitté à cause de mon nom, frères, pères..." Matthieu 19:29

"Ceux qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ." Actes 15:26

"Vous serez haïs à cause de mon nom" Matthieu 10:22

"Mais tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom." Jean 15:21

"...Joyeux d'avoir été jugés digne de subir les outrages pour le nom de Jésus." Actes 5:41

"Et je lui montrerai combien il devra souffrir pour mon nom." Actes 9:16

"...Mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus." Actes 21:13

Tous ces textes montrent qui est au centre d'une vie de témoin: Jésus-Christ. Par lui, nous sommes sauvés et pardonnés; C'est en son nom que nous prions et que nous prêchons; à cause de lui que nous supportons tout. Celui qui veut vivre pour Dieu sera donc, comme les premiers chrétiens, un témoin de Jésus-Christ.

Témoignages d'ex-témoins de Jéhovah

  • K.H. Geis a servi comme surveillant de circonscription. Il est resté 43 ans chez les TJ.
  • Raymond Franz, membre du collège central mondial
  • W.J. Schnell, serviteur de Zone. Il décrit la méthode de "lavage de cerveau".
  • Bill Cetnar, bureau d'édition au niveau mondial. "J'étais responsable d'un tiers des Etats-Unis"
  • Joan Cetnar son épouse: Elle nous parle la vie de pacha du président des Témoins de Jéhovah
  • Carbonnelle, responsable de congrégation "J'ai perdu 30 années de ma vie..."
  • Jacques Luc était ancien des Témoins de Jéhovah (pendant 41 ans). "L'organisation récolte énormément d'argent"
  • Michel Leblanc qui fut membre d'une des plus ancienne congrégation des témoins de Jéhovah aux Canada. "il y a de la vie après les sectes"

 

  • Témoignages

    Dans ce monde froid et hostile, je ne trouvais pas ma place. De nature très sensible, j'ai vécu douloureusement la mort de ma mère et il ne semblait pas exister d'amour ou d'amitié sincères autour de moi. De tradition catholique, je ne trouvais pas non plus de réponses satisfaisantes à ma soif spirituelle dans cette religion. Mon mari partageait cette sensibilité, nous nous posions des questions sur la vie, et notre recherche de Dieu a commencé à ce moment-là, au début de notre mariage en 1981.

    Les années ont passé et, en 1990, quand les témoins de Jéhovah sont venus frapper à notre porte, nous parlant de la résurrection des morts et d'un paradis sur terre, le message nous a touchés. Leur costume-cravate, leur Bible à la main et leur langage poli nous inspiraient confiance.

    Au début nous étions enchantés, ils nous ont appris à nous familiariser avec la Bible et apportaient des réponses à nos questions. Petit à petit, on nous fit comprendre qu'il fallait toujours progresser, d'une heure par semaine au début, nous consacrions 12 heures par semaine trois ans plus tard (5 réunions hebdomadaires + la préparation des études). Travaillant à deux, nous n'avions plus le temps de nous délasser et nous nous culpabilisions lorsqu'il nous arrivait de préférer nous reposer.

    Cependant quelque chose nous bloquait car au bout de trois années d'études, nous ne nous sentions pas encore prêts pour la prédication de porte en porte. Je sentais que quelque chose n'allait pas, mais je ne savais pas encore quoi. Puis des doutes sont venus s'installer concernant la véracité des choses que nous apprenions. Beaucoup de paroles étaient dites, mais peu de choses étaient mises en pratique. Les façons d'agir me surprenaient. Des contradictions apparaissaient au grand jour dans les études: ce que nous avions appris trois ans auparavant n'était plus valable maintenant, nous ne comprenions plus.

    Ayant fait part de nos doutes aux témoins de Jéhovah, ils nous dirent que nous ne devions pas nous arrêter à ces détails, et qu'il fallait toujours progresser, que nous devions prier. J'ai écouté leur dernier conseil et j'ai prié de toutes mes forces pour que Dieu me guide vers la Vérité. Nous sentions que les réunions des témoins de Jéhovah étaient plus axées sur la prédication et la vente de leurs livres, que sur l'amour du prochain. Nous avons été mis en contact avec un exégète des Écritures, Christian Wallez, qui nous a démontré, preuves à l'appui, que nous faisions fausse route, que les témoins de Jéhovah étaient une secte puissante qui se dit avoir la «vérité» mais qui utilise «le mensonge» habilement, et tout cela à l'insu des adeptes qui sont sincères et de bonne foi.

    Nous avions des amis témoins de Jéhovah, et dès que nous leur avons fait part de nos recherches, ils n'ont plus voulu nous voir. Nous avons même reçu des menaces de la part de certains témoins qui ont dit que «notre attitude était grave» et que «Dieu nous détruirait quand Harmaguédon viendrait». J'ai traversé une longue période d'angoisse et de peur pendant plusieurs mois: inconsciemment, j'avais été endoctrinée et j'ai mis du temps à redevenir «normale». Je ne comprenais pas que des gens que j'estimais, me rejetaient de cette façon, alors que je n'avais fait que vérifier si j'étais dans la vérité. Je n'avais rien fait de mal. J'étais profondément déçue.

    Après trois années d'études chez les témoins de Jéhovah, nous en concluons que l'homme est vulnérable et qu'il doit rester vigilant. Il faut vérifier tout ce qui est dit, comme Dieu nous le conseille. Le but principal des témoins, c'est d'avoir une connaissance technique de la Bible, associée à la prédication de porte en porte qui est obligatoire. Mais le commandement «Aime ton prochain comme toi-même» est laissé à l'abandon. La Vérité principale du message de la Bible, qui est basée sur l'amour, n'est pas comprise, malgré toutes les connaissances théoriques.

    Mais je ne regrette pas tout, je lis toujours la Bible, la Parole de Dieu. Je continue à Le rechercher et à me laisser guider par Lui. Il ne nous décevra jamais, ne nous mentira jamais. Heureusement, Il continue de faire partie de ma vie, et Il me rend heureuse: j'ai appris à connaître l'immense amour de Dieu et de Jésus, une fois sortie de cette secte.

    Catherine Truant 

    Dépt. du Nord

     

    Je suis né dans une famille vaguement chrétienne. Passés les baptêmes et les communions dans l'église catholique romaine, mes parents et moi n'avons plus jamais remis les pieds dans ces édifices, sauf pour les visiter. Mais, lorsque j'avais environ trois ans, mes parents ont rencontré les témoins de Jéhovah. Ils sont restés attachés à cette secte pendant 7 ou 8 ans. Mon père fumait, mauvaise habitude qui ruine la santé, mais chez les Témoins de Jéhovah, c'est une cause d'excommunication. Dénoncé par un de ses ex-confrères mon père subit cette condamnation sans tarder. Ma mère, elle, continua tant bien que mal dans cette voie et, pour ma part, j'assistais de temps en temps aux réunions pour lui faire plaisir et par soumission. C'était une corvée et, vers l'âge de 10 ans, je fus soulagé lorsque ma mère arrêta de s'y rendre.

    Ce n'est que plus tard, vers l'âge de 18 ans, que je me suis engagé moi-même dans cette organisation religieuse. C'était pour moi un âge critique où je me cherchais et où je recherchais Dieu. Une chose positive est toutefois restée de cette adhésion, la rencontre avec mon épouse.

    Du côté négatif, un aspect m'a particulièrement frappé: le salut par les oeuvres. J'étais certain de ne jamais faire assez pour mériter le salut de Dieu. Wilfried Monod, illustre prédicateur français a dit: «se justifier par les oeuvres ce serait faire comme un aveugle qui prétendrait corriger la cécité d'un de ses yeux à l'aide de son autre oeil, aveugle aussi.» Le sentiment terrible de culpabilité que j'ai ressenti pendant ces années confirme cette affirmation.

    Après avoir refusé d'accomplir mon service militaire, je fus condamné à un an de prison ferme et à deux ans de conditionnelle. En sortant de cette épreuve, j'étais anéantis par une dépression nerveuse terrible. Les «anciens» l'ont expliquée, entre autres, par un manque de foi en Dieu. Ces accusations ne firent qu'empirer ma situation.

    Après six ans de cauchemar, j'ai décidé une fois pour toutes de briser tous les contacts que j'avais avec cette secte. Mais, spirituellement, je roulais sur la réserve et la panne n'était pas loin. Concrètement, je ne priais plus, je ne lisais plus la Bible, j'avais de nouveau des idées noires au point de souhaiter parfois la mort. La religion m'avait déçu et pourtant la vie sans Dieu ne valait pas la peine d'être vécue.

    Quelques temps plus tard, je réfléchissais sans le vouloir à l'état dans lequel je me trouvais. Le résultat était décevant. J'étais perdu, je n'avais goût à rien, les disputes entre ma femme et moi étaient fréquentes, je me détestais. Mes péchés m'écrasaient sous une montagne de culpabilité, mais une parcelle de courage qui, je le vois maintenant, me venait de Dieu me força à chercher. Et c'est devenu une obsession, chercher Dieu.

    J'ai parlé, un soir d'avril, avec un ancien camarade d'enfance qui, par ses paroles sincères, m'encouragea à assister à un culte évangélique. Je fus favorablement impressionné par les chants, les prières ferventes et la prédication du pasteur. Le mardi suivant, à l'étude biblique, j'ai emprunté le livre de Christian Piette concernant les témoins de Jéhovah. Les explications et les versets de la Bible utilisés m'ouvrirent les yeux et le cœur. J'étais ébahi par ce que je lisais, surtout en découvrant que pendant six ans j'avais entendu des mensonges, notamment sur la pleine divinité de Jésus-Christ, cette découverte me sidéra.

    Au sujet du salut par les oeuvres, qui me préoccupait principalement, les versets d'Éphésiens 2:8-10 me firent réfléchir: «Car c'est par grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres que Dieu a préparées d'avances afin que nous les pratiquions.» Actes 10:43 me frappa également: «Tous les prophètes rendent témoignage à Jésus, que par son sang quiconque croit en lui reçoit le pardon de ses péchés

    La lecture de la bible et de ces livres m'encouragea à continuer mes recherches. Je sentais au fond de moi l'espoir qui renaissait. L'assistance au cultes me permit aussi de découvrir la communion entre frères et avec Dieu, dont je n'avais jamais ressenti la présence lors des réunions chez les témoins de Jéhovah.

    Le 3 mai 1993, il était 23h00 environ, ma femme et notre fille étaient couchées, je me suis installé à la table de la cuisine et j'ai prié comme jamais auparavant. J'ai remis entre les mains du Seigneur mes péchés les plus secrets et les angoisses qui me tenaillaient  depuis si longtemps. Je lui ai voué ma vie. J'ai répondu à son appel plein d'amour. La vie et la lumière sont entrées dans ma vie lorsque j'ai ouvert la porte de mon cœur. Je ressentais la présence du Seigneur autour de moi et en moi. J'avais la pleine certitude du pardon de mes péchés et toute culpabilité m'a quitté dès cet instant. Cette nuit-là, j'ai pleuré de joie.

    Au fil des semaines, le fanatisme aveugle que j'avais développé chez les témoins de Jéhovah s'atténua. Mon amour pour Dieu et pour la vie augmenta. L'entente conjugale ne fut pas parfaite, mais s'améliora sensiblement. Depuis huit ou neuf mois, je n'avais plus eu aucun contact avec mes parents. Comme ils étaient exclus des témoins de Jéhovah, je pensais faire la volonté de Dieu en refusant de les côtoyer. Je leur ai demandé pardon et nous nous sommes réconciliés à notre plus grande joie à tous.

    Pour moi, c'était une nouvelle vie qui m'était offerte. J'étais un peu comme cet oisillon qui s'élance dans les airs et qui découvre qu'il peut voler. Une véritable sensation de liberté et de joie montait en moi, comme une bouffée de chaleur. J'ai le même sentiment lorsque je serre ma fille ou ma femme contre mon cœur. Je ressens une tendresse profonde, la manifestation d'un amour partagé. Dieu était près de moi et, dans ma détresse, il m'a secouru. Il m'a adopté en tant que fils. C'est la plus belle expérience qu'un être humain puisse faire dans sa courte vie.

    Fabien Georges

    Charleroi